
Sommaire
Récit
Sur un replat de pierres, à 2 372 mètres, une voie ferrée s’arrête net. Devant elle, le glacier de Bionnassay, les séracs, le vide. C’est ici, au Nid d’Aigle, qu’un rêve lancé en 1909 a buté sur la montagne, puis attendu plus d’un siècle son point final.
En bref
- La gare terminus culmine à 2 372 m, la plus haute de France, mais elle reste loin du sommet ferroviaire de l’Europe, le Jungfraujoch suisse à 3 454 m, d’après Wikipedia.
- Conçu pour rejoindre le sommet du mont Blanc, le chantier s’était arrêté en 1914 au Nid d’Aigle; un prolongement de 280 mètres inauguré le 27 juin 2026 clôt enfin sa construction.
- La ligne relie Le Fayet (580 m) au Nid d’Aigle sur un peu plus de 12 kilomètres, avec des pentes atteignant 24 %.
- Le tramway enregistre près de 200 000 passages par an; les derniers travaux ont coûté 7,4 millions d’euros, financés par le Département de la Haute-Savoie.
Un rêve de 1909, arrêté par la guerre
Au tout début du siècle dernier, l’idée paraissait folle et magnifique: faire grimper un train jusqu’au sommet du mont Blanc par une voie à crémaillère. Plusieurs projets s’affrontent, celui de l’ingénieur Duportal l’emporte, et la Compagnie du tramway du Mont-Blanc se lance. Le premier tronçon, du Fayet au col de Voza, est inauguré le 25 juillet 1909.
La voie monte ensuite, saison après saison, vers le mont Lachat puis vers un replat baptisé le Nid d’Aigle, atteint en 1913. On y installe une buvette provisoire, on pique le tracé plus haut, vers l’aiguille du Goûter. Et puis, le 2 août 1914, la mobilisation générale tombe. Les ouvriers partent au front, et le chantier ne repartira jamais vraiment vers le haut.

Pendant plus d’un siècle, ce terminus provisoire est resté le point le plus élevé de la ligne. Un inachevé majestueux, suspendu face aux glaciers, que des générations de promeneurs ont pris pour une fin de voie ordinaire.
Pourquoi la voie n’ira jamais au sommet
Au-delà du Nid d’Aigle, la montagne dit non. Les terrains deviennent instables, les pentes se cabrent, et il aurait fallu percer tunnel après tunnel dans la glace vive pour viser l’aiguille du Goûter, puis le dôme et l’arête des Bosses. Les coûts explosaient, la traction à vapeur devenait impossible dans les galeries: dès 1912, la compagnie frôlait déjà la faillite. Le sommet du mont Blanc, lui, n’a jamais été qu’une ligne sur un plan.
Ce que l’on a inauguré le 27 juin 2026 n’est donc pas une conquête d’altitude, mais un point final. Un prolongement de 280 mètres et une galerie pare-blocs, décrits par Enviscope, mettent le terminus à l’abri des chutes de pierres et le rapprochent du refuge. Coût de l’opération: 7,4 millions d’euros, entièrement portés par le Département de la Haute-Savoie, qui a repris l’exploitation en régie publique au printemps. Officiellement, le chantier commencé en 1909 est enfin terminé.
La plus haute de France, loin du sommet ferroviaire de l’Europe
À 2 372 mètres, la gare du Nid d’Aigle décroche un titre national: aucune autre gare française ne monte aussi haut. Mais à l’échelle du continent, le mont Blanc reste modeste. De l’autre côté de la frontière, en Suisse, le Jungfraujoch accueille les trains à 3 454 mètres, soit près de 1 100 mètres plus haut.

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D’un coup d’oeil, l’écart saute aux yeux: la France tient bien son record intérieur, mais la marche suisse reste hors d’atteinte, à plus d’un kilomètre de dénivelé au-dessus.
Le tramway du Mont-Blanc n’a pas besoin de ce comparatif pour séduire. Un peu plus de 12 kilomètres de voie, des pentes à 24 %, près de 200 000 passages chaque année entre la mi-juin et l’automne: c’est déjà l’un des plus beaux voyages ferroviaires de France, dans la lignée des grands récits d’altitude qui font rêver.

Comme le train de nuit qui renaît ailleurs en Europe, il rappelle une évidence tenace: parfois, le trajet vaut la destination. Surtout quand la destination, elle, est restée un rêve.
Questions courantes
Où s’arrête aujourd’hui le tramway du Mont-Blanc ?
À la gare du Nid d’Aigle, à 2 372 mètres d’altitude, au-dessus de Saint-Gervais-les-Bains. C’est la gare la plus haute de France, désormais protégée par une galerie pare-blocs.
Le train est-il monté un jour au sommet du mont Blanc ?
Non. La ligne avait été conçue pour cela en 1909, mais les travaux se sont arrêtés au Nid d’Aigle en 1914, et le projet d’atteindre le sommet a été abandonné pour des raisons de coût, de pente et de glaciers.
Qu’a-t-on inauguré le 27 juin 2026 ?
Un prolongement de 280 mètres et une galerie de protection contre les chutes de pierres, qui déplacent le terminus dans un site sécurisé près du refuge et marquent la fin officielle de la construction.
Comment monter au Nid d’Aigle cet été ?
Le tramway circule environ 210 jours par an, surtout de la mi-juin à fin septembre, au départ du Fayet, à côté de la gare SNCF de Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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