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Publié le 27 juin 2026 · Mis à jour le 28 juillet 2026 à 15h31
Avant cette étude, la Bolivie ne comptait que six localités où le renard à petites oreilles avait été formellement repéré : quatre spécimens de musée et deux observations de naturalistes chevronnés. Autant dire un fantôme. Puis des chercheurs ont aligné les chiffres de vingt-trois ans de pièges photographiques, et le total a fait sursauter la communauté : 594 passages indépendants de l’animal, tirés de 4 635 clichés. Le canidé le plus méconnu d’Amazonie venait de sortir de l’ombre, sans qu’aucun humain n’ait eu à le croiser.
En bref
- L’espèce était connue par seulement six localités en Bolivie ; l’étude en a tiré 594 passages filmés (source : Neotropical Biology and Conservation).
- Densité estimée à 15 individus pour 100 km2, soit bien plus que ce que l’on craignait.
- Animal diurne, actif surtout entre 6 h et midi, fidèle aux forêts intactes loin des rivières.
- Sa survie tient à la forêt de terre ferme protégée, notamment dans les territoires autochtones.
Qu’est-ce que le chien des buissons ?
Réponse directe : le chien des buissons, ou renard à petites oreilles (Atelocynus microtis), est le seul canidé endémique de l’Amazonie, c’est-à-dire qu’on ne le trouve nulle part ailleurs sur Terre. De la taille d’un petit chien, il hante les forêts de terre ferme du bassin amazonien, en Bolivie, au Pérou, au Brésil et dans les pays voisins, où il chasse en solitaire au petit matin.
La Liste rouge de l’UICN le classe « quasi menacé ». Sa population, estimée à quelques milliers d’individus seulement, décline surtout à cause de la déforestation et des maladies transmises par les chiens domestiques, comme le documente une étude de l’université d’Oxford. C’est ce contexte de rareté qui rend la moisson d’images suivante si précieuse.
Son nom savant, Atelocynus microtis, dit d’ailleurs tout de sa discrétion : microtis signifie « à petites oreilles ». Surnommé « chien fantôme » par les biologistes, ce carnivore était considéré comme l’un des mammifères les plus insaisissables du continent. L’étude parue le 27 mars 2026 dans la revue scientifique Neotropical Biology and Conservation, menée par l’équipe de Robert Wallace pour la Wildlife Conservation Society, change la donne. Non pas grâce à une rencontre miraculeuse, mais par accumulation patiente.
Mise à jour du 28 juillet 2026. Le « chien fantôme » d’Amazonie est le renard à petites oreilles (Atelocynus microtis), aussi appelé chien des buissons : un canidé discret des forêts de terre ferme de Bolivie, du Pérou et du Brésil, classé quasi menacé par l’UICN. En 23 ans (2001-2024), les pièges photographiques n’ont enregistré que 594 passages indépendants, pour 4 635 clichés.
« Chien fantome » ou « chien fantôme » : de quel animal parle-t-on ?
Sous les deux graphies, c’est le même animal : actif le jour, surtout entre 6 h et midi, et plus abondant dans les aires protégées et les territoires autochtones. Les mêmes forêts réservent d’autres surprises : une nouvelle espèce de singe décrite au cœur de l’Amazonie et le singe que la science ignorait.
Vingt-trois ans à guetter une ombre
Entre 2001 et 2024, les scientifiques ont déployé 34 campagnes de piégeage photographique dans deux grands paysages forestiers : le complexe Madidi-Tambopata, à cheval sur le nord-ouest de la Bolivie et le sud-est du Pérou, et les Llanos de Moxos, au nord de la Bolivie. Ces dispositifs n’étaient pas posés pour lui : la plupart visaient le jaguar ou des inventaires de biodiversité. Le « chien fantôme » s’est invité dans le cadre, encore et encore.

Sur les 34 campagnes, 21 l’ont capté, soit près des deux tiers. Une présence bien plus régulière que prévu, qui a poussé les auteurs à parler d’une « bête presque mythique » finalement « bien plus abondante » qu’on ne l’imaginait. C’est là tout l’intérêt du piège photo : pas besoin de voir l’animal pour le compter, il suffit de l’attendre.
Le portrait d’un solitaire des sous-bois
Les images ont aussi dessiné un portrait précis. Pelage sombre, du gris noirâtre au brun roux, grosse tête, oreilles rondes et minuscules, pattes courtes et longue queue touffue. Détail rare chez les canidés amazoniens : ses pattes sont partiellement palmées, une signature unique relevée par le média scientifique Sci.News. L’animal se montre surtout en pleine journée, avec un pic d’activité entre 6 h et midi, là où la plupart des prédateurs de la forêt préfèrent la nuit.
En croisant ses propres relevés avec les données sur l’ocelot, l’équipe a pu estimer sa densité à environ 15 individus pour 100 km2. Ni rare ni commun : moins dense que les carnivores moyens, mais plus présent que les grands prédateurs comme le jaguar. Une espèce discrète, donc, mais pas au bord du gouffre.

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Le contraste entre ce que l’on savait et ce que les caméras ont révélé saute aux yeux, et il dit beaucoup de notre angle mort sur la faune amazonienne.
Un fantôme qui mesure la santé de la forêt
Si le « chien fantôme » reste invisible, c’est aussi parce qu’il fuit nos traces. Les analyses montrent une préférence marquée pour la forêt de terre ferme, ces hauteurs boisées éloignées des cours d’eau et des activités humaines. Là où la canopée reste continue et dense, il prospère. Là où elle se troue, il s’efface. Sa présence devient ainsi un indicateur vivant : un « chien fantôme » qui passe devant la caméra, c’est une forêt encore entière.

Les auteurs notent un point décisif pour qui s’intéresse à la conservation. L’abondance relative de l’espèce grimpe nettement dans les aires protégées et les territoires autochtones qui chevauchent ces zones, par rapport aux espaces sans statut. La protection de la canopée et la gestion durable de ces territoires apparaissent comme le levier le plus efficace. Le sort de ce canidé tient donc moins à sa rareté qu’à notre capacité à garder la forêt debout, un peu comme un autre survivant discret dont on redécouvre l’existence par surprise.
Reste cette image douce et tenace : pendant que nous nous demandions si l’espèce existait encore, des centaines de « chiens fantômes » trottaient déjà dans les sous-bois, au petit matin, ignorant superbement nos doutes.
Questions courantes
Qu’est-ce que le chien des buissons ?
C’est le renard à petites oreilles (Atelocynus microtis), le seul canidé endémique de l’Amazonie. De la taille d’un petit chien, diurne et solitaire, il vit dans les forêts de terre ferme du bassin amazonien.
Pourquoi appelle-t-on cet animal le « chien fantôme » ?
Parce qu’il est l’un des canidés les plus discrets au monde. Avant cette étude, il n’avait été observé qu’à de très rares reprises dans la nature, d’où ce surnom donné par les biologistes.
L’espèce est-elle menacée ?
La Liste rouge de l’UICN la classe « quasi menacée » : sa densité (environ 15 individus pour 100 km2) est plus élevée qu’on ne le craignait, mais sa population décline sous l’effet de la déforestation et des maladies des chiens domestiques. Sa survie dépend des forêts intactes.
Où vit le renard à petites oreilles ?
Dans les forêts de terre ferme d’Amazonie, en hauteur et loin des rivières. L’étude l’a documenté en Bolivie et au Pérou, avec une présence renforcée dans les aires protégées.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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