Un grand crocodile à demi immergé au bord d'une rivière africaine au lever du jour, seuls les yeux et le museau dépassent

Le crocodile qui guettait Lucy : un prédateur de 4,6 m identifié là où vivait notre plus célèbre ancêtre

À Hadar, là où Lucy a marché il y a plus de 3 millions d'années, vivait un crocodile géant. Une nouvelle espèce vient d'être nommée à partir de 121 fossiles, et elle dit beaucoup du danger qui rôdait au bord de l'eau.

Sommaire
  1. En bref
  2. Un prédateur au bord du point d'eau
  3. Aussi long qu'un crocodile du Nil, ou presque
  4. Comment 121 fossiles racontent une vie
  5. Une bosse sur le museau, et un lien avec la France
  6. Questions courantes

On imagine souvent Lucy comme une silhouette fragile traversant une savane paisible. La réalité du paysage où elle vivait était plus brutale. Selon une étude parue dans le Journal of Systematic Palaeontology, une équipe menée par l’université de l’Iowa a identifié, à partir de 121 fossiles, un crocodile inconnu jusqu’ici, long de 3,7 à 4,6 mètres, qui partageait exactement son territoire. Les chercheurs l’ont baptisé Crocodylus lucivenator, le chasseur de Lucy. Ce nom n’a rien d’une coquetterie : à Hadar, en Éthiopie, ce reptile était l’animal le plus dangereux du décor, et nos lointains parents faisaient partie de son menu possible.

En bref

  • Le chasseur de Lucy mesurait 3,7 à 4,6 mètres pour 270 à 590 kg, dans la fourchette d’un gros crocodile du Nil actuel mais sur un corps un peu plus court.
  • L’espèce a vécu entre 3,4 et 3 millions d’années, au même endroit et au même moment que Australopithecus afarensis, l’espèce de Lucy.
  • Il était le seul crocodile du paysage de Hadar, et le plus grand prédateur du coin, devant les lions et les hyènes.
  • Un détail le distingue : une bosse au milieu du museau, absente chez les crocodiles africains d’aujourd’hui.

Un prédateur au bord du point d’eau

Le danger ne venait pas de la plaine, il venait de l’eau. Le chasseur de Lucy était un prédateur d’embuscade, tapi dans les rivières et les marais, qui attendait que ses proies viennent boire. Or à Hadar, tout le monde devait boire, y compris les australopithèques. Le chercheur Christopher Brochu, qui signe l’étude, parle d’une quasi-certitude : ce crocodile chassait l’espèce de Lucy. Personne ne saura jamais si un individu a tenté d’attraper Lucy elle-même, mais le voisinage était bien réel.

Un cours d'eau bordé d'arbres et de zones humides dans un paysage africain ancien, sans présence humaine
Hadar, mosaïque de rivières, de marais et de bois où le chasseur de Lucy tendait ses embuscades.

Cette menace permanente n’est pas un détail anecdotique. Pour des hominines qui passaient du temps debout, près des berges, la vigilance autour des points d’eau a pu peser dans leur manière de se déplacer et de surveiller leur environnement. La peur du bord de l’eau, il y a trois millions d’années, faisait partie du quotidien.

Aussi long qu’un crocodile du Nil, ou presque

Pour saisir l’animal, le plus simple est de le comparer à celui que nous connaissons. Le chasseur de Lucy mesurait 3,7 à 4,6 mètres et pesait de 270 à 590 kg. Le crocodile du Nil d’aujourd’hui se situe dans le même registre : un mâle adulte tourne autour de 4 mètres, et les plus gros spécimens enregistrés, comme le célèbre Gustave au Burundi, ont dépassé 6 mètres pour plus d’une tonne, rappelle la fiche de référence du crocodile du Nil. Le fossile n’était donc pas un monstre hors norme, mais un très gros crocodile, largement de taille à représenter une menace mortelle.

Comparaison de taille : le crocodile fossile de Lucy mesurait jusqu'à 4,6 mètres, le crocodile du Nil actuel jusqu'à plus de 6 mètres
Graphique Actu Alt Plus. Sources : Journal of Systematic Palaeontology (espèce fossile) et fiche du crocodile du Nil.
Reprendre ce graphique

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Ce que montre cette comparaison, c’est que le décor de Lucy n’était pas si exotique. Les berges qu’elle longeait abritaient un prédateur dont l’équivalent rôde encore aujourd’hui dans les fleuves africains. Le danger a changé de nom, pas de nature.

Comment 121 fossiles racontent une vie

L’identification ne repose pas sur un squelette unique mais sur 121 restes catalogués, surtout des crânes, des dents et des fragments de mâchoires appartenant à des dizaines d’individus. La plupart étaient incomplets, ce qui a obligé les paléontologues à reconstituer l’anatomie pièce par pièce. C’est un travail patient, à mille lieues de l’image du fossile spectaculaire sorti intact du sol.

Un spécimen en particulier garde la trace d’une bagarre. Sa mâchoire porte plusieurs blessures partiellement cicatrisées, signe d’un affrontement avec un autre crocodile, probablement un combat de morsures faciales que l’on retrouve dans toute la famille. Comme le note la description publiée par Sci.News, la cicatrisation prouve une chose : vainqueur ou vaincu, l’animal a survécu à la rencontre.

Une bosse sur le museau, et un lien avec la France

Le détail qui intrigue le plus les chercheurs est une bosse bien marquée au milieu du museau. On la retrouve chez certains crocodiles américains actuels, mais pas chez les crocodiles du Nil. L’hypothèse avancée est celle d’un rôle dans la parade nuptiale, le mâle abaissant la tête pour l’exhiber. Une caractéristique qui faisait de ce crocodile un cas un peu étrange dès sa découverte dans un musée d’Addis-Abeba.

Fragments de crâne et dents de crocodile fossile disposés pour étude sur une surface neutre
121 restes fossiles, surtout des crânes et des dents, ont permis de décrire l’espèce.

Et la France, dans tout cela ? Lucy reste l’une des fossiles les plus célèbres au monde, en partie grâce au paléontologue français Yves Coppens, codirecteur de l’expédition de 1974. Un moulage de son squelette est conservé au Musée de l’Homme à Paris. La prochaine fois que vous croiserez sa silhouette dans une vitrine, vous saurez qu’à côté d’elle manque un personnage : le grand reptile qui partageait ses berges.

Questions courantes

Quelle est la taille du crocodile qui chassait Lucy ?
Le Crocodylus lucivenator mesurait de 3,7 à 4,6 mètres et pesait de 270 à 590 kg, soit la fourchette d’un gros crocodile du Nil actuel, sur un corps un peu plus court.

A-t-il vraiment chassé l’espèce de Lucy ?
Selon les chercheurs, c’est une quasi-certitude pour l’espèce. Il vivait au même endroit et à la même époque que les australopithèques et chassait à l’affût près des points d’eau. Rien ne prouve en revanche qu’un crocodile ait attaqué Lucy elle-même.

Sur quoi repose l’identification de cette nouvelle espèce ?
Sur 121 fossiles catalogués, surtout des crânes, dents et mâchoires, recueillis dans la formation de Hadar, en Éthiopie. Un spécimen porte des blessures cicatrisées, trace d’un combat entre crocodiles.

Qu’est-ce qui rend ce crocodile particulier ?
Une bosse au milieu du museau, absente chez les crocodiles africains actuels mais présente chez certaines espèces américaines, peut-être utilisée lors des parades nuptiales.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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