Piles de mangas en librairie devant des romans flous

Livres en France : BD et manga passent devant le roman, le bilan 2025 bouscule les rayons

Publié le 22 mai 2026, le bilan SNE-GfK 2025 place BD et manga devant le roman en France. Les 12-25 ans changent les piles, les vitrines et les usages des librairies.

Sommaire
  1. Une pile qui change de centre
  2. Les jeunes ne lisent pas moins, ils lisent autrement
  3. Le roman garde sa place, mais plus son monopole
  4. Questions courantes

À Lille, le 22 mai 2026, les clients d’une librairie croisent une pile de mangas là où l’on réservait volontiers les romans de saison. Le bilan SNE-GfK 2025 fait le même déplacement en chiffres : dans les données transmises, BD et manga pèseraient 28 % des ventes, contre 22 % pour le roman.

L’information n’est pas un simple duel de rayons. Elle raconte une bascule de gestes : on achète un tome, puis le suivant, puis une série entière, souvent à un âge où le livre papier semblait devoir reculer. Les chiffres publics déjà disponibles montrent que le manga a encore vendu 36 millions d’exemplaires en 2024, pour 309 millions d’euros, selon l’étude de l’Arcom.

Le Syndicat national de l’édition, présidé par Vincent Montagne, publie traditionnellement ses chiffres clés pour suivre l’économie du livre. Sa page de référence rappelle que le marché s’analyse à la fois en chiffre d’affaires et en exemplaires vendus, deux thermomètres qui ne disent pas toujours la même chose sur la lecture en France, comme le montre le suivi des chiffres clés de l’édition.

Une pile qui change de centre

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement que la BD et le manga progressent dans les vitrines. C’est que leur poids s’installe dans les habitudes. En 2024, la conférence GfK-NielsenIQ d’Angoulême notait déjà que la bande dessinée devait beaucoup au manga son dynamisme des dernières années, tout en signalant un tassement des volumes après le pic post-Covid.

Le document présenté au Festival d’Angoulême décrivait un marché à la recherche d’un nouvel équilibre : 36 millions d’exemplaires de mangas, 68 millions d’exemplaires de BD et mangas vendus en 2024, et une dépendance forte aux séries locomotives. C’est le point sensible : quand un grand tome manque, toute la courbe le sent, comme le montre le bilan GfK-NielsenIQ présenté à Angoulême.

Dans le bilan 2025 cité, les noms qui portent la conversation sont très parlants : Spy x Family et Frieren. Ils disent une lecture qui ne s’oppose plus forcément à l’écran. Elle circule avec lui. On découvre parfois un univers par l’animé, puis on le rattrape en papier, tome par tome, sans avoir l’impression de revenir à un vieux support.

Les jeunes ne lisent pas moins, ils lisent autrement

La donnée la plus utile du sujet tient aux 12-25 ans : ils représenteraient 60 % des achats BD/manga dans le bilan 2025 cité. Cette proportion demande confirmation publique, mais elle colle à un mouvement plus ancien. Dès son enquête sur les acheteurs-lecteurs, le SNE observait que la moitié des BD achetées étaient lues par des jeunes de 10 à 30 ans et que 64 % des achats leur étaient destinés, selon l’étude SNE sur la bande dessinée.

La nuance compte. Les adultes achètent encore beaucoup, parfois pour offrir. Mais l’usage culturel, lui, se fabrique dans les chambres, les sacs de cours, les trajets, les discussions de groupe et les plateformes. L’Arcom relève que 42 % des Français consomment du manga ou de l’anime, et que 20 % consomment les deux. Le papier n’a donc pas disparu derrière l’écran. Il s’est branché dessus.

Pauline Combredet-Blassel, directrice générale adjointe de l’Arcom, donne aussi l’autre face du succès : « Les sites pirates sont tellement professionnalisés que l’utilisateur ne fait plus forcément la différence », explique-t-elle dans Le Monde. Autrement dit, l’appétit existe ; reste à le ramener vers les librairies, les éditeurs et les auteurs.

Le roman garde sa place, mais plus son monopole

Dire que le roman perd la bataille serait trop simple. Il reste une colonne du marché, de la rentrée littéraire aux formats de poche. Mais l’ancien réflexe, qui faisait du roman le centre naturel de la lecture, devient moins vrai pour une partie du public. En librairie, le récit peut être dessiné, sériel, hybride, japonais, franco-belge, jeunesse ou adulte. — à lire aussi : Matisse au Grand Palais : le vrai choc n’est pas la nostalgie, mais la liberté qu….

Les données de NielsenIQ sur 2023 montraient déjà 75 millions de BD et mangas vendus cette année-là, avec 1,4 million d’exemplaires achetés en moyenne chaque semaine. Ce volume explique pourquoi le rayon ne se contente plus d’accompagner le reste : il attire, fidélise et relance des visites, comme le détaille NielsenIQ sur le marché BD-manga.

Le réflexe utile, pour les parents comme pour les libraires, est donc moins de demander si un manga vaut un roman que de regarder ce qu’il déclenche. Un adolescent qui revient pour le tome suivant a renoué avec une régularité de lecture. C’est moins spectaculaire qu’un prix littéraire. Mais sur une année, cela remplit beaucoup de sacs.

Questions courantes

La BD et le manga dépassent-ils vraiment le roman ? Le bilan 2025 cité place l’ensemble BD et manga devant le roman en parts de ventes. Les sources publiques disponibles confirment surtout le poids très élevé de la BD et du manga, mais les pourcentages 2025 doivent être revérifiés dès publication complète.

Pourquoi les 12-25 ans comptent-ils autant ? Parce que le manga fonctionne par séries longues, sorties rapprochées et rendez-vous réguliers. Le lecteur revient souvent en librairie, parfois pour un tome précis, parfois pour compléter une pile commencée sur écran.

Le roman est-il en crise pour autant ? Non. Le roman reste central dans l’édition française, mais il ne monopolise plus l’image de la lecture. L’intérêt du bilan est de montrer une hiérarchie plus diverse, où l’album, la série et le récit graphique pèsent très lourd.

La suite se jouera sur une question très concrète : les séries qui dominent aujourd’hui sauront-elles emmener ces lecteurs vers d’autres livres, ou resteront-elles des îlots séparés ? Dans les librairies, la réponse commence souvent par un geste simple : déplacer une pile de quelques mètres.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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