Smartphone tenu en main affichant une grille abstraite d'icônes administratives qui se rassemblent, fond neutre

45 millions d’usagers, une seule appli : l’État prépare sa super-app des démarches

Impôts, carte grise, procuration, déménagement : l'État développe AMI, une application unique pour toutes vos démarches, branchée sur FranceConnect. Version alpha depuis janvier, généralisation visée à l'automne.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une seule appli, branchée sur FranceConnect
  3. Ce qu'elle regroupe, et ce qu'elle ne réinvente pas
  4. La France rattrape une vingtaine de pays européens
  5. Les vraies limites : sécurité et fracture numérique
  6. Questions courantes

Décryptage

45 millions de personnes utilisent déjà FranceConnect pour s’identifier auprès de l’administration. C’est sur cette base que l’État prépare une seule application pour toutes vos démarches, baptisée AMI, dont une version alpha est testée depuis janvier 2026. En rapprochant ce projet du socle FranceConnect, nous avons mesuré ce que l’appli promet vraiment : non pas un nouveau service, mais un guichet unique posé sur les 45 millions d’usagers déjà identifiés et les quelque 1 500 démarches existantes.

En bref

  • En croisant le projet AMI et le socle sur lequel il repose, nous avons chiffré la promesse : une appli branchée sur les 45 millions d’usagers de FranceConnect et sur environ 1 500 services publics déjà en ligne, selon la direction du numérique de l’État.
  • AMI, l’Application mobile interministérielle, est portée par la Dinum et la Dila ; sa généralisation est visée pour l’automne 2026, selon Acteurs publics.
  • Périmètre annoncé : déclaration d’impôts, changement d’adresse, déclaration de perte de véhicule, carte grise, procuration.
  • Le concept n’est pas neuf : une vingtaine de pays européens (Estonie, Pays-Bas, Ukraine) ont déjà leur super-app du service public.

Une seule appli pour ne plus jongler entre dix sites de l’administration : la promesse est concrète et attendue. Reste à comprendre ce que fait vraiment cette super-app, ce qu’elle ne fait pas, et pourquoi la France n’est ni pionnière ni en avance sur ce terrain.

Une seule appli, branchée sur FranceConnect

Le principe est simple : vous vous connectez une fois avec le bouton FranceConnect, et vous accédez ensuite à l’ensemble de vos démarches en ligne. Remplir sa feuille d’impôts, signaler un mariage ou un déménagement, déclarer une voiture perdue, changer de carte grise, faire une procuration : le tout au même endroit.

Derrière l’appli, deux administrations : la direction interministérielle du numérique (Dinum) et la direction de l’information légale et administrative (Dila). Elle porte un nom de travail, AMI, pour Application mobile interministérielle. Selon Acteurs publics, elle est testée auprès de quelques administrations depuis janvier 2026 et pourrait s’ouvrir au grand public à l’automne.

L’idée est aussi de rendre l’usager moins passif. L’appli garde en mémoire les informations déjà communiquées, sur le principe du « Dites-le-nous une fois », préremplit certains formulaires et peut proposer des démarches selon votre situation. En cas de déménagement, par exemple, elle oriente vers la mairie ou l’école de la nouvelle commune.

Visualisation de plusieurs fenêtres de service séparées qui fusionnent en un seul panneau central
AMI ne crée pas de services : elle rassemble en une seule fenêtre des démarches déjà accessibles, séparément, sur le site Service public.

Ce qu’elle regroupe, et ce qu’elle ne réinvente pas

Attention au malentendu : AMI ne crée pas de nouveaux services. La Dinum assure vouloir « ne pas réinventer la roue » et s’appuyer uniquement sur l’existant. La plupart des démarches concernées sont déjà accessibles depuis le site Service public : l’appli se contente de les brancher sur un socle commun.

Ce qu’elle apporte, c’est une vue d’ensemble. Là où il fallait jongler entre plusieurs sites, l’appli offre une page unique qui centralise vos démarches en cours, avec des notifications en temps réel quand un dossier avance. Un système d’alertes est d’ailleurs déjà en test pour prévenir dès qu’une démarche est acceptée.

Côté données, l’approche annoncée se veut prudente : un maximum d’informations sensibles serait stocké localement, sur le téléphone, plutôt que de transiter par des serveurs. À plus long terme, à l’horizon 2027, l’appli pourrait s’ouvrir à ProConnect, l’équivalent professionnel de FranceConnect, pour gérer par exemple une association.

La super-app de l’État, en chiffres

RepèreValeurSource
Usagers de FranceConnect, socle de l’appli45 millionsdirection du numérique de l’État
Services publics accessibles via FranceConnectenviron 1 500direction du numérique de l’État
Connexions FranceConnect en 2025500 millionsdirection du numérique de l’État
Année de lancement de FranceConnect2016direction du numérique de l’État
Version alpha d’AMI testée depuisjanvier 2026Acteurs publics
Généralisation grand public viséeautomne 2026Acteurs publics
Ouverture envisagée à ProConnecthorizon 2027Acteurs publics
Pays européens déjà équipés d’une telle appliune vingtaineActeurs publics

Tableau Actu Alt Plus. Sources : direction du numérique de l’État et Acteurs publics. L’appli ne part pas de rien : elle se greffe sur les 45 millions d’usagers et les 1 500 services de FranceConnect.

La France rattrape une vingtaine de pays européens

Contrairement à l’image d’un exploit national, la France arrive plutôt en rattrapage. Le concept de super-app administrative existe déjà chez une vingtaine de voisins européens, rappelle Acteurs publics : l’Estonie, souvent citée en modèle, mais aussi les Pays-Bas ou l’Ukraine.

La France, elle, a déjà posé plusieurs briques d’identité numérique. On pense à France Identité, qui numérise la carte d’identité et le permis, ou au renforcement de FranceConnect+ pour sécuriser les démarches sensibles. AMI n’est donc pas un point de départ, mais l’étage qui rassemble ces briques dans une seule fenêtre.

Cette place de suiveur a un avantage : la France peut s’inspirer des réussites et des ratés des autres. Elle a aussi une contrainte : le succès ne se mesurera pas à l’annonce, mais à l’adoption réelle, dans un pays où les usages numériques restent très inégaux.

Mains d'une personne âgée sur une table, à côté d'un smartphone et d'un formulaire papier, vues de dessus
Une super-app réussie sera celle qui n’oublie personne : la fracture numérique reste la vraie limite du projet.

Les vraies limites : sécurité et fracture numérique

Deux questions décideront de tout. La première, c’est la sécurité : concentrer autant de démarches et de données dans une seule appli en fait une cible de choix. Le choix affiché de stocker localement les informations sensibles vise justement à limiter ce risque, mais il devra être vérifié dans les faits.

La seconde, c’est la fracture numérique. Une appli mobile, aussi bien conçue soit-elle, laisse de côté ceux qui n’ont pas de smartphone récent, une connexion fiable ou l’aisance pour l’utiliser. Or ce sont souvent les personnes les plus dépendantes du service public. Les partenaires déjà associés, comme France services, montrent que la question de l’accompagnement humain n’est pas oubliée, mais elle reste entière.

Une super-app réussie, ce ne sera donc pas celle qui regroupe le plus de démarches, mais celle qui n’oublie personne en route. C’est là, plus que dans la date de lancement, que se jouera la promesse. Rendez-vous à l’automne pour voir si l’appli tient ses deux paris à la fois.

Questions courantes

Qu’est-ce que l’appli AMI ?
AMI, pour Application mobile interministérielle, est une application unique en préparation qui doit regrouper vos démarches en ligne (impôts, carte grise, procuration, déménagement) après connexion via FranceConnect. Elle est développée par la Dinum et la Dila.

Quand sera-t-elle disponible ?
Une version alpha est testée depuis janvier 2026 auprès de quelques administrations. Sa généralisation au grand public est visée pour l’automne 2026, si le calendrier est tenu.

Quelles démarches pourra-t-on y faire ?
Le périmètre annoncé inclut la déclaration d’impôts, le changement d’adresse, la déclaration de perte d’un véhicule, la carte grise et les procurations, entre autres exemples.

Faut-il un compte particulier ?
L’identification passe par FranceConnect, déjà utilisé par 45 millions de personnes. L’appli garde ensuite en mémoire certaines informations pour préremplir les formulaires, sur le principe du « Dites-le-nous une fois ».

Mes données seront-elles centralisées ?
Selon le projet, un maximum de données sensibles serait stocké localement sur le téléphone plutôt que de transiter par des serveurs. Ce point de sécurité devra être confirmé dans la version finale.

La France est-elle en avance ?
Non. Une vingtaine de pays européens, dont l’Estonie, les Pays-Bas et l’Ukraine, ont déjà mis en place une telle super-app. La France arrive plutôt en rattrapage.

Que se passe-t-il pour les personnes peu connectées ?
C’est l’une des limites du projet. Une appli mobile peut laisser de côté ceux qui n’ont pas de smartphone récent ou d’aisance numérique. L’accompagnement humain, via des dispositifs comme France services, reste essentiel.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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