![]()
On ouvre le robinet et l’eau coule, à Sainte-Marie-aux-Mines aussi. Sauf qu’une partie de cette eau est arrivée le matin même par la route, dans une citerne de 30 m³ remontée depuis la commune voisine de Lièpvre. Depuis le début du mois d’août 2026, ce bourg du Haut-Rhin de quelque 5 000 habitants ne produit plus assez d’eau pour couvrir sa propre consommation.
Le cas n’a rien d’isolé. Lors de la réunion de crise du 12 août 2026, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a déclaré que « pour plus de 40 000 personnes, la sécheresse se traduit déjà par des coupures d’eau au robinet », dans 50 départements. Deux semaines plus tôt, le 27 juillet, le gouvernement en dénombrait 30 000, dans 80 communes. Plus de 550 000 habitants ont un approvisionnement sous tension, près de 3 millions sont en vigilance. La courbe départementale, nous la suivons ailleurs. Ici, on regarde ce que devient une journée ordinaire quand le réseau ne suffit plus.
Huit rotations par semaine pour tenir le réseau
À Sainte-Marie-aux-Mines, le manque se lit en mètres cubes. Les sources locales « produisent une moyenne de 800-850 m3 par jour, alors que notre consommation, elle, se situe entre 900 et 950 m3 », détaille Xavier Barbin, directeur adjoint du syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA), dans une dépêche AFP. Un déficit d’environ 10 %, comblé par la route : quatre rotations de camion-citerne le mardi 11 août, quatre autres programmées le vendredi, selon le détail des livraisons. « Aujourd’hui, on est dans une situation vraiment exceptionnelle », résume Gaëlle Skocibusic, première adjointe à la maire.
Ramené à la journée, cet appoint pèse moins lourd que le mot « citerne » ne le laisse imaginer.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
La barre des camions ne rattrape pas l’écart entre ce que la commune produit et ce qu’elle consomme : elle en couvre à peine le tiers. Le reste sort des restrictions arrêtées par le préfet du Haut-Rhin, qui interdisent le remplissage des piscines, l’arrosage des pelouses et le lavage des véhicules.
| Poste | Volume quotidien | Source |
|---|---|---|
| Consommation du réseau | 900 à 950 m³ | SDEA Centre-Alsace |
| Production des sources locales | 800 à 850 m³ | SDEA Centre-Alsace |
| Apport moyen des camions-citernes | 34 m³ | Calcul Actu Alt Plus |
| Déficit non couvert par les citernes | 66 m³ | Calcul Actu Alt Plus |
Le tableau dit la mécanique, pas encore ce que le camion représente pour un foyer. Pour cela, il faut ramener les mètres cubes au nombre de personnes.
6,9 litres par habitant et par jour
Huit rotations de 30 m³ font 240 m³ par semaine, soit environ 34 m³ par jour. Selon nos calculs, cela représente 6,9 litres par habitant et par jour dans une commune de 5 000 habitants. Nous avons rapporté ce volume aux 900 à 950 m³ que le réseau distribue chaque jour : les camions en fournissent 3,7 %. Sur le seul déficit, autour de 100 m³ quotidiens, ils en comblent un peu plus du tiers.
La méthode a ses bornes et autant les dire : la consommation du réseau agrège les usages domestiques, les usages professionnels et les pertes en ligne, la population est un ordre de grandeur, et le rythme de huit rotations est celui de la semaine du 11 août, pas une moyenne de l’été. La leçon tient quand même. Un camion ne remplace pas une source, il achète du temps.
Qui décide, qui livre, qui paie
Quand le réseau flanche, la chaîne des responsabilités est courte. La distribution d’eau potable est une compétence communale : selon la fiche officielle de la direction générale des collectivités locales, « les communes ont une compétence en matière de distribution d’eau potable » (article L. 2224-7-1 du code général des collectivités territoriales), et les autorités compétentes doivent « prendre les mesures nécessaires pour améliorer ou préserver l’accès de toute personne à l’eau » (article L. 1321-1 B du code de la santé publique). Le syndicat ou la régie affrète les camions, le préfet arrête les restrictions.
La facture ne passe pas par l’impôt local. Les services d’eau sont des « services publics industriels et commerciaux (SPIC) dont le financement est assuré par les redevances perçues auprès des usagers », et « aucune subvention du budget général de la commune ne doit venir abonder le service », sauf dérogation prévue pour les petites communes. Le coût des rotations retombe donc sur le prix du mètre cube, payé par les abonnés de ce même réseau.

Combien de temps cela va-t-il durer ? Personne ne s’avance. La commune évoque la nécessité de trouver des solutions plus durables, avec une interconnexion à un autre réseau à l’étude, pendant que le même été a déjà mis des canaux à l’arrêt. En attendant, le geste utile tient en une adresse : VigiEau, le service de l’État qui permet de « rester informés sur la situation locale de la sécheresse » commune par commune. Pour 40 000 personnes, l’été 2026 ne se raconte pas en pourcentages de nappe. Il se raconte en horaires de camion.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
8 337 spectateurs par match : la Ligue 2 rouvre les stades treize jours avant la Ligue 1 - 2
Trois confédérations pèsent 136 voix à la FIFA, les statuts en réclament 159 - 3
3 ans de classement protégé : ce que le retour de Svitolina doit au règlement WTA - 4
RAM : +15 à 20 % sur votre prochain PC, et pas de détente avant 2028 - 5
Observer le Soleil sans danger, et ce que valent vos lunettes
Nos dossiers
- France500
- Science223
- Santé213
- Prévention210
- IA210
- Culture191
- Consommation186
- Biodiversité179
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

