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24 millions de litres d’eau retenus par des castors sauvages : voilà le pare-feu que Christian Dunn, professeur de sciences naturelles à Bangor University, en défend un autre depuis le 7 septembre dans une tribune : la zone humide qu’un castor fabrique tout seul, et qu’il voudrait voir entrer dans les plans britanniques de préparation à la sécheresse.
Le cas qu’il met en avant tient sur quelques hectares du domaine de Holnicote, dans le Somerset, au sud-ouest de l’Angleterre. Des castors y ont été réintroduits il y a six ans. Ils ont transformé un petit cours d’eau en prairie humide, « une véritable oasis au milieu d’un paysage desséché », écrit-il dans le texte repris par Tolerance.ca. L’espèce avait disparu de Grande-Bretagne au XVIe siècle, essentiellement à cause de la chasse.
Comment un barrage devient un coupe-feu
Dunn décrit des « ingénieurs d’écosystèmes » : les castors abattent de petits arbres, montent des barrages, creusent des chenaux. L’eau s’accumule derrière l’ouvrage, déborde au fond de la vallée et s’infiltre dans les sols alentour. Il en sort une mosaïque de mares, de chenaux, de marais et de boisement humide. Une végétation qui reste verte et gorgée d’eau brûle mal : ces zones peuvent servir de refuge à la faune et casser la progression d’un feu.

Là où l’animal s’installe, il ne pose pas un ouvrage isolé mais un chapelet : AAP comptait 19 barrages de castor par kilomètre de chenal dans les marais à marée du Pacifique le 16 juillet 2026, dans une enquête sur deux types de barrages.
Neuf fois plus d’eau libre l’année la plus sèche
Quatre travaux cités dans la tribune, reprise par Phys.org, donnent la mesure. Au parc national d’Elk Island, en Alberta, une étude de 2008 a trouvé neuf fois plus d’eau libre dans les zones humides occupées par des castors que dans les autres, en 2002, l’année la plus sèche de la série. Dans le Devon, en 2011, treize barrages posés sur une prairie exploitée intensivement retenaient environ un million de litres d’eau supplémentaires. Des travaux plus récents, toujours dans le Devon, créditent quatre territoires de castors sauvages de plus de 24 millions de litres. Et une analyse de cinq incendies de l’ouest des États-Unis, publiée en 2020, a mesuré une végétation de berge trois fois moins touchée aux abords des barrages qu’ailleurs.
Une seule de ces quatre mesures porte directement sur le feu ; les trois autres portent sur l’eau qui, en amont, décide de l’état de la végétation.
| Ce qui est mesuré | Où et quand | Résultat |
|---|---|---|
| Eau libre en année sèche | Elk Island (Alberta), étude 2008, année 2002 | 9 fois plus avec castors |
| Eau stockée par 13 barrages | Devon, 2011, prairie intensive | environ 1 million de litres en plus |
| Eau retenue par 4 territoires sauvages | Devon, travaux récents | plus de 24 millions de litres |
| Végétation de berge après incendie | 5 incendies, ouest des États-Unis, 2020 | 3 fois moins touchée près des barrages |
Ces litres ne disent rien tant qu’on ne les convertit pas dans une unité familière. Un Canadair CL-415 de la Sécurité civile emporte 6 137 litres à chaque écopage, selon la fiche technique de l’appareil. Quatre territoires de castors sauvages du Devon retiennent plus de 24 millions de litres d’eau, soit l’équivalent d’environ 3 900 largages de Canadair CL-415, alors que le castor occupe déjà plus de 18 000 km de cours d’eau en France (OFB, avril 2025).
En France, l’animal est déjà là, et déjà en litige
Le rongeur n’a pas besoin d’être réintroduit ici. Protégé localement dès 1909, puis sur l’ensemble du territoire national depuis 1968, il compte au moins 20 000 individus dans l’Hexagone, du bassin de la Loire à celui du Rhin, selon l’Office français de la biodiversité. Sa présence se paie en frictions concrètes : coupe et écorçage d’arbres, inondation de parcelles cultivées, d’espaces ornementaux et d’infrastructures de transport. Une enquête de 2021 attribue 70 % de ces conflits à une inondation directe, et 40 % des terrains touchés sont agricoles. C’est exactement la ligne de partage que dessinait le cas de la station de métro londonienne gardée au sec par huit castors, quand le même barrage finit au tribunal de ce côté-ci de la Manche.
Dunn pose lui-même les bornes. Les castors ne conviennent pas partout : leurs ouvrages inondent des terres agricoles, bouchent des buses, abîment des arbres. En Angleterre, toute remise en liberté exige désormais une licence et un plan de gestion, et l’auteur ne promet ni la fin des sécheresses ni la fin des incendies. Le calendrier, lui, avance sans autorisation : deux castors sauvages du Norfolk viennent de donner au comté ses premiers jeunes depuis plus de cinq cents ans, probablement issus d’un lâcher illégal.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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