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Sommaire
Récit
Au bout d’un chemin de terre, près de Lydia, en Louisiane, s’étendaient soixante-sept acres de marais que les arbres à suif avaient étouffés. Matt Conn, conservationniste spécialiste des milieux humides, les a achetés en janvier 2010. Il a passé la décennie suivante à arracher les envahisseurs pour rendre au terrain sa végétation d’origine.
Le résultat tient en une poignée de relevés. Plus de 18 000 arbres natifs replantés, 200 espèces de plantes et 195 espèces d’oiseaux recensées sur la parcelle, et une certification « gold-level Louisiana Certified Habitat » décernée en 2021 par l’Acadiana Native Plant Society, selon le reportage d’Ashley Hinson publié le 22 novembre 2021 par Country Roads Magazine.
En bref
- Achat en janvier 2010 de 67 acres (27 hectares) de marais près de Lydia, paroisse d’Iberia.
- Gyrobroyeur, machette et épandage aérien : 95 % des arbres à suif éliminés.
- Trois habitats reconstitués, du marais d’eau douce soumis à la marée à la prairie côtière.
- Côté français, l’obligation réelle environnementale attache la protection au terrain, pas au propriétaire.
Dix ans de machette et d’hélicoptère
Le chantier démarre en 2011, au retour d’un déploiement militaire à Bagdad. L’adversaire a un nom : l’arbre à suif de Chine, espèce envahissante qui s’installe en peuplements serrés et ne laisse rien pousser sous elle. Conn l’attaque au gyrobroyeur et à la machette, puis fait traiter la parcelle par épandage en hélicoptère, qui élimine 95 % des sujets. Viennent ensuite le creusement d’étangs et l’ouverture de sentiers.
Le propriétaire n’est pas un amateur qui découvre sa terre : diplômé en ressources renouvelables et durabilité environnementale de l’université de Louisiane à Lafayette, il dirige les opérations d’un cabinet spécialisé dans l’identification des zones humides. Ce qu’il applique chez lui, il le facture ailleurs.
Ce que vingt-sept hectares peuvent porter
La parcelle abrite aujourd’hui trois milieux distincts : un marais d’eau douce soumis à la marée, une forêt inondable à cuvettes et une prairie côtière. Avec, dedans, dix espèces de grenouilles, neuf de serpents et trois de tortues, en plus des 195 oiseaux répertoriés.
Ramenés à la surface, ces 18 000 arbres font 664 plants par hectare, soit un arbre tous les quinze mètres carrés environ. C’est la densité d’une reprise forestière, pas celle d’un reboisement d’agrément. Et cela demande du temps, comme les objets remontés des sources chaudes de Yellowstone le rappellent à leur manière.
Le marais d’à côté a perdu la partie il y a longtemps
L’Office français de la biodiversité recensait 2,2 millions d’hectares de zones humides inventoriés en France fin décembre 2024, soit 5,7 % du territoire, après la disparition de 87 % de ces milieux entre le 18e et le 20e siècle. Selon l’établissement public, la moitié des zones humides a disparu entre les années 1960 et 1990. Seuls 6 % des habitats humides sont en bon état de conservation.
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Le marais poitevin, la Camargue ou la moindre prairie tourbeuse de fond de vallée relèvent de ce même inventaire : l’OFB estime que 29,5 % du territoire hexagonal reste propice aux zones humides, quand les zones inventoriées en couvrent 5,7 %. Environ 3,2 millions d’hectares ont fait l’objet d’un drainage agricole, précise l’OFB.
Ce qu’un propriétaire français peut signer
Racheter une parcelle ne la protège pas après soi. Le droit français y répond depuis la loi biodiversité de 2016. L’article L132-3 du code de l’environnement permet au propriétaire d’un bien immobilier de conclure un contrat avec une collectivité publique, un établissement public ou une personne morale de droit privé agissant pour la protection de l’environnement. Un Conservatoire d’espaces naturels, typiquement.
L’objet du contrat est encadré : maintien, conservation, gestion ou restauration d’éléments de biodiversité ou de fonctions écologiques. Il est établi en la forme authentique et publié au service de la publicité foncière. Les obligations restent ainsi attachées au bien et suivent les propriétaires successifs, rappelle la fiche du ministère. L’OFB relève par ailleurs que seuls 14 % des sites humides emblématiques français échappent à la prolifération d’espèces exotiques envahissantes : l’arbre à suif de Lydia a des cousins de ce côté-ci de l’Atlantique.
Questions courantes
Combien de temps une obligation réelle environnementale peut-elle durer ?
Quatre-vingt-dix-neuf ans au maximum, selon le ministère de la Transition écologique.
Une obligation réelle environnementale coûte-t-elle des droits d’enregistrement ?
Non. Le contrat établi en la forme authentique n’est passible ni de droits d’enregistrement ni de taxe de publicité foncière.
Peut-on en signer une sur un terrain loué à un agriculteur ?
Oui, mais seulement avec l’accord du preneur du bail rural. L’absence de réponse dans un délai de deux mois vaut acceptation, et tout refus doit être motivé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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