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Sommaire
Récit
27 ans : c’est le temps qu’il a fallu pour effacer la rhytine de Steller, une « vache de mer » de 10 mètres découverte en novembre 1741 entre le Kamtchatka et l’Alaska. Les chasseurs de fourrures qui ont suivi l’ont tuée pour sa viande jusqu’à la dernière, en 1768. Un seul scientifique l’avait décrite vivante : Georg Wilhelm Steller, naturaliste allemand naufragé de l’expédition Bering.
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Pourquoi la rhytine a-t-elle disparu en 27 ans ?
Elle était lente, côtière et déjà rare. Quand Steller la découvre, il resterait environ 2 000 rhytines, peut-être moins de 1 500 selon une estimation publiée en 1887. Elles broutaient le varech dans les eaux peu profondes des îles du Commandeur, à portée de harpon. Une seule bête pouvait nourrir 33 hommes pendant un mois entier, rapporte le Natural History Museum de Londres.
Les chasseurs russes de fourrures traquaient la loutre de mer dans les mêmes eaux, pour une Europe qui réclamait des peaux. « C’était comme la ruée vers l’or », résume Richard Sabin, conservateur principal des mammifères du musée londonien. Au bout d’une longue traversée dans le froid, de la viande fraîche à portée de main ne se refusait pas, explique-t-il.
En 1768, il n’en restait plus aucune. Richard Sabin rappelle qu’on la cite en exemple du « premier mammifère marin des temps modernes éteint par l’ignorance et l’avidité humaines ».
À quoi ressemblait la rhytine de Steller ?
À un cousin géant du dugong. La rhytine (Hydrodamalis gigas) n’avait pas de vraies dents : elle mâchait le varech entre deux plaques de corne, derrière une lèvre hérissée de soies blanches entrecroisées. Sa peau rugueuse lui a valu le surnom d’« animal-écorce ».
Le musée londonien lui prête jusqu’à 10 mètres et 11 tonnes, sous une graisse épaisse de 10 centimètres par endroits. Des estimations plus prudentes retiennent 8 à 9 mètres pour 8 à 10 tonnes.
Comment Steller l’a-t-il découverte ?
Novembre 1741, sur une île encore sans nom. Le Saint-Pierre, navire du capitaine Vitus Bering, s’y échoue au retour de l’Alaska. Près de la moitié de l’équipage est mort du scorbut, et 12 hommes seulement peuvent encore bouger.
Steller avait proposé de soigner les malades avec des feuilles et des baies ; les officiers l’ont éconduit, mais lui reste en bonne santé. Sur l’île, qui prendra le nom de Bering, il observe les troupeaux qui broutent près du rivage. Il devient « le premier et le seul scientifique connu à avoir vu ces animaux vivants », note le musée londonien.
Quand les marins harponnent une femelle, raconte-t-il, un mâle nage derrière la chaloupe et tente de l’éperonner. Il suit le bateau jusqu’au rivage, même après la mort de la femelle.
En 1742, les survivants rebâtissent un bateau avec l’épave et regagnent le Kamtchatka. Georg Wilhelm Steller meurt en Sibérie en 1746, à 37 ans. Son traité De bestiis marinis paraît en 1751.
Ses cousins, dugongs et lamantins, sont-ils menacés ?
Le dugong, plus proche cousin vivant de la rhytine, est le dernier survivant de leur famille. Et il nage aussi en France.
Le lagon de Mayotte en abrite six, contre plus d’une centaine avant les années 1970, selon David Lorieux, coordinateur scientifique de l’association Ceta’Maore, interrogé par la RTBF le 31 mai 2026. Leur nombre reste sous dix depuis les années 2000. Une femelle ne se reproduit pas avant 10 ans, puis une fois tous les 4 à 7 ans : l’alerte est venue trop tard pour que la population remonte, estime-t-il.
La rhytine est passée d’environ 2 000 bêtes à aucune entre 1741 et 1768 ; le dugong de Mayotte, de plus d’une centaine à six en un demi-siècle.
Vrai ou faux ?
La rhytine de Steller broyait le varech avec de grosses molaires.
Faux. Elle n’avait pas de vraies dents : deux plaques de corne lui servaient à mâcher.
Un seul scientifique connu a vu la rhytine vivante.
Vrai. Georg Wilhelm Steller, naufragé sur l’île de Bering en 1741, est le seul scientifique connu à l’avoir observée vivante, selon le Natural History Museum.
Le dugong, son plus proche cousin, a disparu des eaux françaises.
Faux. Six dugongs vivent encore dans le lagon de Mayotte, contre plus d’une centaine avant les années 1970.
De la géante du Commandeur, il ne reste que des os : en 2006, les musées du monde conservaient 27 squelettes presque complets et 62 crânes.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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