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Récit
16 kilomètres séparent les chiens de la centrale de Tchernobyl de ceux de la ville voisine, et leur ADN diffère nettement. Une étude publiée le 27 septembre 2026 dans la revue Genes l’explique par une sélection naturelle, pas par des mutations dues aux radiations.
Les chiens de la centrale de Tchernobyl sont au moins aussi éloignés génétiquement de ceux de la ville voisine que ces derniers le sont de chiens d’une île des Galápagos, selon l’étude publiée le 27 septembre 2026. Les chiens de la ville sont même plus proches de chiens de Pologne et de Russie, à des centaines de kilomètres, que de ceux de la centrale. L’étude est signée par Megan Dillon et Matthew Breen, généticiens à l’université d’État de Caroline du Nord.
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Les chiens de Tchernobyl sont-ils des mutants ?
Non. L’équipe a cherché les mutations et ne les a pas trouvées. Dans la revue PLOS One, en décembre 2024, elle ne relève chez les chiens de la centrale ni anomalie visible des chromosomes, ni taux de mutation accru. Les différences existent pourtant : la même équipe avait repéré en 2023 391 marqueurs du génome qui séparent les deux populations.
« Quand on pense à l’environnement toxique autour de Tchornobyl, je comprends que la plupart des gens se disent qu’il y a forcément eu une conséquence à vivre dans cet environnement », reconnaît Matthew Breen, cité par ScienceAlert.
Pourquoi les chiens de la centrale sont-ils si différents ?
Parce que l’accident aurait trié les survivants, selon l’étude de 2026. Elle reprend 106 chiens prélevés en 2018 et 2019, 58 à la centrale et 48 en ville. Leur génome est passé au crible sur 4,8 millions de points. Le nombre d’animaux qui se reproduisent ne diffère pas nettement entre les deux groupes. La dérive génétique, ce hasard des naissances, ne suffit donc pas à expliquer l’écart.
Chez les chiens de la centrale, 1 138 marqueurs sortent du lot. Dans leur voisinage se trouvent 247 gènes. Ils sont liés à la copie et à la réparation de l’ADN, à la survie des cellules, à l’immunité et aux cancers.
« Il est possible que les chiens qui ont survécu assez longtemps pour se reproduire aient déjà porté des traits génétiques qui augmentaient leur capacité à survivre. »
Megan Dillon, université d’État de Caroline du Nord
Ces variantes utiles seraient devenues plus fréquentes au fil des générations, une hypothèse que l’équipe avançait dès janvier 2025. Quel poison a fait le tri ? La zone de Tchernobyl cumule métaux lourds, composés organiques et radiations, dont celles des poussières de combustible de 1986. L’étude n’isole pas la radiation parmi ces polluants.
D’où viennent les chiens de Tchernobyl ?
Ils descendent, au moins en partie, des animaux de compagnie abandonnés en 1986. Les habitants évacués ont dû les laisser sur place. Des liquidateurs ont ensuite été envoyés abattre les bêtes restantes. Plusieurs centaines de chiens vivent aujourd’hui dans la zone d’exclusion, sans doute depuis plus de 30 générations.
Leur sang a été prélevé de 2017 à 2019, lors de campagnes de stérilisation et de vaccination organisées par l’association Clean Futures Fund. En mars 2023, une première analyse de 302 chiens, parue dans Science Advances, a mis au jour 15 familles. La plus grande s’étend sur tous les sites prélevés. Des chiens passent donc de la centrale à la ville, trop peu pour mélanger les deux groupes.
Que montrent les autres animaux de Tchernobyl ?
Les rainettes de la zone portent elles aussi la trace d’un tri par l’accident. En 2022, les biologistes espagnols Pablo Burraco et Germán Orizaola ont mesuré la couleur de 189 mâles dans 12 localités. Les grenouilles sont plus sombres près des secteurs les plus irradiés en 1986, sans lien avec les doses actuelles. Or la mélanine protège des rayonnements : l’accident aurait favorisé les individus foncés.
En 2024, Burraco et Orizaola ont daté par leurs os 197 rainettes. Elles vivent sous des débits de dose ambiants de 0,01 à 32,4 microsieverts par heure. Ni leur âge, ni la longueur des extrémités de leurs chromosomes, ni leur hormone de stress ne varient vraiment avec la radiation. L’étude est cosignée par Jean-Marc Bonzom, chercheur de l’IRSN à Cadarache.
Chez les chiens comme chez les rainettes, la trace de 1986 évoque un tri des survivants.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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