Un anesthésiste en tenue de bloc relit une fiche de préparation dans le couloir d’un service de chirurgie.

Arrêt d’Ozempic avant chirurgie, ce que disent les anesthésistes

Les anesthésistes ne demandent plus, en règle générale, d’arrêter Ozempic avant une chirurgie programmée : la SFAR et le consensus britannique de 2025 disent de le poursuivre. Le geste utile est de le déclarer à la consultation d’anesthésie.

Sommaire
  1. Ozempic et anesthésie générale, quel est le risque ?
  2. L’accident survient surtout au réveil
  3. Déclarer le traitement, ne pas l’arrêter seul
  4. En France, un remboursement encadré depuis juin

Publié le 24 septembre 2026 · Mis à jour le 4 octobre 2026 à 13h25

Au 4 octobre 2026, les sociétés d’anesthésie ne demandent plus, en règle générale, d’arrêter Ozempic ou un autre agoniste du GLP-1 avant une chirurgie programmée : la fiche 2025 de la SFAR et de la SFD sur le patient diabétique indique « pas d’arrêt », avec une échographie gastrique, voire une induction adaptée (fiches SFAR-SFD 2025). Le consensus britannique publié en janvier 2025 demande lui aussi de poursuivre le traitement (Anaesthesia), et la conduite à tenir se décide avec l’anesthésiste, à qui il faut déclarer le médicament dès la consultation, sans l’interrompre de sa propre initiative.

Liverpool a accueilli à la mi-septembre le congrès annuel des anesthésistes britanniques. Sous analogue du GLP-1, la régurgitation sous anesthésie touche 1 opéré sur 71 contre 1 sur 802 sans ce traitement, selon une cohorte britannique publiée le 16 septembre 2026. C’est onze fois plus. L’étude a suivi 47 039 adultes opérés dans 119 hôpitaux du Royaume-Uni, dont 1 348 sous analogue du GLP-1, soit 2,9 % des patients.

Le travail est signé Kariem El-Boghdadly (Guy’s and St Thomas’ NHS Foundation Trust et King’s College London) avec le réseau de recherche GLIMPSE. Il paraît dans la revue Anaesthesia et a été présenté au congrès de l’Association of Anaesthetists. Les auteurs relèvent que la prise en charge péri-opératoire de ces patients « est variable ».

Ozempic et anesthésie générale, quel est le risque ?

Un risque de régurgitation plus élevé mais rare : 1,41 % des opérés sous agoniste du GLP-1 contre 0,12 % des autres, dans la cohorte britannique publiée en septembre 2026 dans Anaesthesia. Ces médicaments ralentissent la vidange de l’estomac, ce qui peut laisser du contenu gastrique malgré le jeûne habituel. Aux États-Unis, la recommandation de cinq sociétés savantes d’octobre 2024 maintient le traitement chez la plupart des patients, propose aux plus exposés un régime liquide pendant les 24 heures qui précèdent, et conseille de reporter une intervention programmée pendant la phase d’augmentation des doses ou en cas de nausées, de vomissements ou de douleurs abdominales. Ces choix se font au cas par cas, avec l’équipe d’anesthésie.

L’accident survient surtout au réveil

53 % des événements sont survenus pendant le réveil, contre 13 % à l’endormissement et 13 % en cours d’intervention. La vigilance court donc jusqu’à la levée de l’anesthésie, et pas seulement à l’induction.

19 événements de régurgitation ou d’inhalation ont été comptés chez les 1 348 patients traités, contre 57 chez les 45 691 autres. Ces médicaments ralentissent la vidange de l’estomac. C’est l’effet recherché contre la faim, et c’est aussi ce qui peut laisser du contenu gastrique après les heures de jeûne habituelles.

Faut-il alors jeûner plus longtemps ? Les recommandations britanniques de 2025, signées par huit sociétés savantes dont le Royal College of Anaesthetists, ne le demandent pas. Elles s’en tiennent aux règles de jeûne habituelles et misent sur l’évaluation du contenu gastrique avant l’endormissement.

Déclarer le traitement, ne pas l’arrêter seul

« Il est important que les patients signalent qu’ils utilisent des analogues du GLP-1 avant toute intervention nécessitant une anesthésie, quelle que soit la provenance du médicament », écrivent les auteurs dans le communiqué de l’étude. La précision compte. Plus de 40 % des patients concernés s’étaient procuré leur traitement hors prescription d’un généraliste ou d’un spécialiste, principalement pour perdre du poids.

Près d’un tiers des patients avaient reçu la consigne d’interrompre leur traitement avant l’opération, en général pendant 8 à 14 jours. Le consensus de 2025 dit l’inverse : « Les patients doivent continuer à prendre les analogues du GLP-1 pendant toute la période péri-opératoire. »

L’information déclenche des gestes précis au bloc : échographie gastrique avant l’endormissement, position relevée à l’induction, intubation en séquence rapide modifiée, sonde gastrique si besoin. Aucun de ces gestes ne se déclenche si le médicament n’est pas déclaré.

Un stylo injecteur posé sur un bureau de consultation, à côté d’un questionnaire médical vierge et d’un stylo.
Les recommandations britanniques de 2025 demandent de poursuivre le traitement pendant toute la période péri-opératoire.

Et chez nous ?

En France, un remboursement encadré depuis juin

Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro sont remboursés en France sous conditions strictes. Il faut un IMC supérieur ou égal à 40 après échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite. Le seuil descend à 35 en présence d’au moins une comorbidité liée au poids. La première prescription remboursée reste réservée à certains spécialistes de l’obésité. Le renouvellement revient au médecin traitant, avec une fiche d’accompagnement à remettre au pharmacien, précise l’Assurance maladie.

Le droit de prescrire est plus large que le remboursement. Depuis le 23 juin 2025, l’ANSM autorise tout médecin à initier Wegovy, Mounjaro ou Saxenda dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché. L’agence rappelle qu’il s’agit de traitements de deuxième intention, à associer à un régime hypocalorique et à une activité physique accrue.

Les auteurs posent eux-mêmes la limite : « la causalité ne peut pas être déterminée, et cette association peut relever de facteurs de confusion non mesurés ». L’obésité et le diabète, très présents dans le groupe traité, sont des facteurs de risque à part entière. Ils ajoutent que ces données « ne sont pas généralisables ». Le risque absolu reste faible : en passant de 0,12 % à 1,41 %, l’écart représente un événement supplémentaire pour 78 patients opérés sous analogue du GLP-1.

Au bloc, personne ne devine ce qui reste dans un estomac. Un nom de médicament, donné en consultation d’anesthésie, suffit à changer la préparation.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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