Une cuillère doseuse de poudre blanche de créatine posée sur une paillasse de laboratoire, à côté d’un bécher

La créatine a protégé le cerveau de rats atteints de colite, à l’équivalent humain de 11 g par jour

Chez des rats malades de l’intestin, le supplément des sportifs a tenu l’inflammation loin de l’hippocampe. Chez l’humain, la dose et les preuves racontent autre chose.

À l’université de Séville, la créatine a tenu l’inflammation à l’écart du cerveau de rats atteints d’une colite chronique. Leur hippocampe a échappé à l’inflammation qui frappait celui des rats malades privés du supplément, selon une étude de Brain, Behavior, and Immunity relayée le 13 octobre 2026.

Pour un adulte de 70 kilos, la dose donnée aux rats de Séville correspond à environ 11,3 grammes de créatine par jour, près de quatre fois les 3 grammes quotidiens retenus par le règlement européen du 7 avril 2017. Le calcul suit un guide de conversion publié en 2016, qui divise la dose du rat par 6,2 pour tenir compte de la surface corporelle.

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Faut-il en conclure que le supplément des salles de sport protège le cerveau des malades de l’intestin ? Pas encore. « Il est important de ne pas interpréter nos résultats comme montrant que la créatine est un traitement des maladies inflammatoires de l’intestin », prévient María D. Vázquez-Carretero, coautrice de l’étude, citée par le site PsyPost. Ni, ajoute-t-elle, « que les personnes atteintes de colite devraient prendre de la créatine pour protéger leur cerveau ».

Qu’ont vu les chercheurs dans l’hippocampe des rats ?

Une inflammation évitée, chez les mâles comme chez les femelles. L’équipe andalouse a provoqué la maladie chez de jeunes rats avec du DSS versé dans l’eau de boisson. Trois cycles d’une semaine, séparés par des semaines d’eau pure, imitent les poussées et les rémissions de la rectocolite hémorragique. La créatine, à 1 gramme par kilo et par jour, a commencé dix jours avant la première poussée.

Chez les malades supplémentés, l’hippocampe contenait 20 à 30 % de créatine de plus que chez les malades sans supplément, soit le niveau des animaux sains. Leurs microglies ne se sont pas activées et les molécules de l’inflammation n’ont pas grimpé.

Chez les mâles, les plus touchés, la colite sans créatine abîmait la zone CA1 de l’hippocampe : moins de neurones, et des neurones privés de protéines de structure. Le courant minimal pour leur faire émettre un signal grimpait d’environ 60 %. Avec la créatine, ces dégâts ne sont pas apparus.

Les femelles ont conservé la structure de leurs neurones malgré l’inflammation. Chez elles, la créatine a eu un effet particulièrement fort sur le TNF (facteur de nécrose tumorale), une molécule clé de l’inflammation. « Les différences entre les sexes étaient particulièrement frappantes », souligne María D. Vázquez-Carretero.

Pourquoi une colite peut-elle atteindre le cerveau ?

Le chemin exact reste inconnu, mais chez ces rats l’inflammation de l’intestin se retrouve dans le cerveau. En 2024, dans The FASEB Journal, la même équipe mesurait chez eux des molécules de l’inflammation en hausse dans l’hippocampe et le cortex. Elle décrivait aussi des troubles moteurs, des trous de mémoire et des comportements d’allure anxieuse et dépressive, jusque dans les rémissions. L’hippocampe est « important non seulement pour la mémoire, mais aussi pour les processus émotionnels », rappelle la chercheuse.

Et la dépression ? En 2025, dans la revue Food & Function, les chercheurs montraient que la créatine évitait ces comportements chez les rats colitiques des deux sexes. Elle atténuait aussi la colite elle-même et l’inflammation des cortex préfrontal et moteur. L’effet était en général plus net chez les femelles.

L’étude de 2026 ne dit pas par où passe la créatine : en calmant d’abord la colite, ou directement dans les cellules du cerveau.

Les limites sont nettes : les mesures électriques et moléculaires portent sur 5 à 7 animaux par groupe, et aucun test de mémoire ni de comportement n’a été fait. Surtout, la créatine a commencé avant la maladie : l’étude teste la prévention, pas le traitement de dégâts déjà installés.

Faut-il prendre de la créatine pour son cerveau ?

Chez l’humain en bonne santé, la piste reste mince. Une méta-analyse parue dans Nutrition Reviews en 2022 a réuni huit essais : la créatine n’améliorait nettement la mémoire que chez les 66-76 ans, pas chez les 11-31 ans. Une lettre à la revue a ensuite reproché à l’analyse d’avoir compté des participants deux fois.

En France comme dans toute l’Union européenne, les fabricants n’ont pas le droit de vanter la créatine pour la mémoire, l’attention ou la vivacité d’esprit, rappelle la fiche du Vidal. Le règlement de 2017 autorise une allégation sur la force musculaire pour les plus de 55 ans qui font de la musculation ; une autre, sur la performance lors d’efforts brefs et intenses, vaut pour tous les adultes, à la même dose de 3 grammes. Un essai chez des 45-65 ans sans sport en donnait 10 grammes par jour, plus de trois fois les 3 grammes du règlement.

Convertie pour un adulte, la dose protectrice chez le rat dépasse l’usage courant mais reste sous la phase de charge des sportifs
RepèreCréatine par jour (g)Multiple des 3 g européens
Entretien après la phase de charge (Vidal)20,7
Essais sur la mémoire, dose la plus basse (Nutrition Reviews)2,20,7
Allégation force musculaire, règlement européen de 201731
Rats de Séville, équivalent pour un adulte de 70 kg11,33,8
Phase de charge de cinq jours (Vidal)206,7
Essais sur la mémoire, dose la plus haute (Nutrition Reviews)206,7

Le Vidal écarte la créatine pour les femmes enceintes ou qui allaitent, les enfants, les adolescents et les personnes qui ont des problèmes rénaux. Parmi les effets indésirables de la créatine, le Vidal cite les diarrhées et les maux de ventre, deux symptômes que connaissent déjà les malades de colite.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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