Les mains d’une femme enceinte posées sur son ventre tiennent un verre d’eau et une plaquette de comprimés blancs.

Paracétamol pendant la grossesse et autisme : plus les études sont solides, plus le lien s’efface

Une équipe espagnole a repesé toutes les synthèses publiées. Ce qu’il en reste pour une famille, et que prendre quand la fièvre monte.

Sommaire
  1. Que disent vraiment les sept méta-analyses ?
  2. Pourquoi le lien s’efface-t-il quand les études sont meilleures ?
  3. Le Doliprane est-il dangereux pendant la grossesse ?
  4. Combien de paracétamol par jour quand on est enceinte ?
  5. D’où venait l’alerte de septembre 2025 ?
  6. Questions courantes

Vérif

Rien ne prouve que le paracétamol pris pendant la grossesse rende l’enfant autiste : plus les études sont solides, plus le lien s’efface. C’est la conclusion d’une revue parapluie de l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne), publiée en ligne le 23 septembre 2026 dans Developmental Medicine & Child Neurology. Elle réexamine sept méta-analyses portant sur plus de 3 millions de participants.

L’affirmation« Prendre du paracétamol pendant la grossesse provoque l’autisme chez l’enfant. »
Notre verdictNon démontré

Que disent vraiment les sept méta-analyses ?

Prises toutes ensemble, elles associent le paracétamol prénatal à un risque relatif de 1,17 pour l’autisme. Pour le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), il atteint 1,29. Sauf que la plupart sont jugées de faible qualité : doses rarement rapportées, mêmes études primaires comptées plusieurs fois sans le signaler.

Une seule méta-analyse, publiée en 2025, obtient la note de confiance élevée. Avec elle, l’autisme tombe à 1,10, un écart que le hasard suffit à expliquer. En ne gardant que les deux études primaires à faible risque de biais, menées en Suède et au Japon, il descend à 1,05 (détails publiés par PsyPost).

Que pèse 1,05 pour une famille ? Dans une vaste cohorte suédoise, 1,33 % des enfants non exposés avaient reçu un diagnostic d’autisme à 10 ans. Pour 1 000 enfants exposés au paracétamol avant la naissance, le risque relatif de 1,05 mesuré par la revue de septembre 2026 correspond à 14 diagnostics d’autisme à 10 ans au lieu de 13,3. « Même en prenant les chiffres au pied de la lettre, l’impact serait très faible », résume Hoda Tayebi-Hillali, qui a dirigé l’étude.

Chaque filtre de qualité rapproche la barre de 1, la valeur sans effet.

Du chiffre brut aux comparaisons entre frères et sœurs, le risque relatif d’autisme passe de 1,17 à 0,98 : le lien disparaît quand les biais sont contrôlés.
Du chiffre brut aux comparaisons entre frères et sœurs, le risque relatif d’autisme passe de 1,17 à 0,98 : le lien disparaît quand les biais sont contrôlés.
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Pourquoi le lien s’efface-t-il quand les études sont meilleures ?

D’abord parce que la fièvre, les infections et la douleur qui font prendre du paracétamol peuvent elles-mêmes peser sur le fœtus. Les épidémiologistes parlent de confusion par indication : le médicament voyage avec la maladie qu’il soigne.

La cohorte suédoise publiée dans le JAMA en 2024 (2 480 797 enfants nés entre 1995 et 2019) montre aussi le poids du profil des mères. Les mères exposées fumaient plus souvent pendant la grossesse (11,4 % contre 8,2 %) et avaient plus souvent un antécédent psychiatrique (14,3 % contre 9,4 %). Entre frères et sœurs nés de la même mère, l’un exposé et l’autre non, l’association avec l’autisme disparaît.

Le TDAH résiste un peu mieux aux filtres : 1,17 dans les trois études à faible biais, très dispersées entre elles. Il retombe à 0,98 entre frères et sœurs.

Plus l’étude est solide, plus le risque se rapproche de 1 (DMCN 2026, JAMA 2024 ; dernière colonne calculée sur une base de 13,3 pour 1 000 non exposés)
Niveau de preuveAutisme (risque relatif)TDAH (risque relatif)Autisme à 10 ans pour 1 000 exposés
Référence : enfants non exposés1113,3
Sept méta-analyses, sans filtre1,171,2915,6
Seule méta-analyse de haute qualité (2025)1,101,1614,6
Études primaires à faible risque de biais1,051,1714,0
Frères et sœurs comparés (Suède, 2024)0,980,9813,0

Les auteurs reconnaissent que leurs estimations les plus solides reposent sur une seule méta-analyse de haute qualité et deux ou trois études primaires. Ni la dose ni la durée de prise n’ont pu être évaluées.

Le Doliprane est-il dangereux pendant la grossesse ?

Non, aux doses recommandées : le Doliprane, comme le Dafalgan, c’est du paracétamol. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) le tient pour « le médicament le plus sûr » pendant la grossesse. Il sert à « soulager les douleurs d’intensité légère à modérée et faire chuter la fièvre ».

Les alternatives sont plus risquées : l’ibuprofène et les autres anti-inflammatoires, comme l’aspirine au-delà de 100 mg par jour, sont contre-indiqués dès le sixième mois. Ils peuvent provoquer jusqu’à la mort du fœtus. Renoncer à tout traitement a aussi un prix : fièvre et douleur peuvent signaler une maladie à soigner, rappelle l’agence, qui déconseille l’automédication.

Combien de paracétamol par jour quand on est enceinte ?

Au plus 1 gramme de paracétamol par prise et 3 grammes par jour sans avis médical, avec 4 heures entre deux prises (règles de l’ANSM). Pendant la grossesse, l’agence demande en plus la dose efficace la plus faible, sur la durée la plus courte. Sans consultation, le traitement s’arrête après 3 jours de fièvre ou 5 jours de douleur.

D’où venait l’alerte de septembre 2025 ?

Le 22 septembre 2025, le président américain Donald Trump visait le Tylenol, une marque de paracétamol : « Ne prenez pas de Tylenol. Ne le prenez pas » (propos rapportés par le site Vidal). Le même jour, la Food and Drug Administration (FDA) lançait la modification de l’étiquetage, tout en écrivant qu’une relation causale « n’a pas été établie ».

Le 23 septembre, l’Agence européenne des médicaments (EMA) maintenait ses recommandations, faute de preuve d’un lien avec l’autisme. L’ANSM a suivi le 25 septembre : « À ce jour, les données disponibles ne montrent pas de lien entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et l’autisme » (communiqué de l’ANSM).

Arrêtée aux publications de novembre 2025, la revue espagnole n’a pas pu intégrer une méta-analyse du Lancet Obstetrics, Gynaecology & Women’s Health mise en ligne le 16 janvier 2026. L’EMA l’a examinée et a maintenu sa position le 20 janvier 2026 : aux doses recommandées, aucune preuve d’un risque accru.

Questions courantes

Le paracétamol pendant la grossesse provoque-t-il des malformations ?
Non. Selon l’Agence européenne des médicaments, une grande quantité de données issues de femmes enceintes n’indique aucun risque de malformation chez le fœtus ou le nouveau-né.

Que dit la FDA sur la fièvre pendant la grossesse ?
Que le paracétamol est le seul médicament sans ordonnance autorisé pour la traiter aux États-Unis.

Les enfants exposés sont-ils plus souvent diagnostiqués autistes ?
Un peu, avant toute correction : dans la cohorte suédoise, 1,53 % d’entre eux avaient un diagnostic d’autisme à 10 ans.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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