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Publié le 13 septembre 2026 · Mis à jour le 14 septembre 2026 à 12h31
Une bague de métal fixée à l’avant-bras d’un murin de Brandt a traversé cinquante ans avant d’être relue en Europe. C’est ce record de longévité qui ouvre l’étude parue le 26 août 2026 dans Nature : une équipe internationale menée par Juan Manuel Vazquez, alors à l’université de Californie à Berkeley, y publie les assemblages génomiques quasi complets de huit espèces du genre Myotis (les murins) et les confronte à des cultures cellulaires issues de 259 individus appartenant à 32 espèces.
Ce que ces génomes racontent prend l’intuition à revers. Les espèces qui vivent le plus longtemps ne réparent pas mieux leur ADN abîmé : elles condamnent plus vite les cellules qui l’ont encaissé.
Chez les mammifères, la longévité suit en gros la masse corporelle. Les chauves-souris font exception, au point que le communiqué de l’université de Berkeley les présente comme les mammifères qui vivent le plus longtemps rapporté à leur taille : un murin de Daubenton mesure de 43 à 55 millimètres et pèse de 6 à 12 grammes.
Tuer la cellule plutôt que la réparer
Le protocole tient en peu de gestes : exposer des cellules de chauve-souris en culture à un produit toxique, puis lire quels gènes s’allument. Chez la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus), l’espèce la plus longévive de l’échantillon, la réponse attendue n’est pas venue. Au lieu d’activer les gènes des protéines de réparation de l’ADN, la cellule a monté en régime ceux qui commandent sa propre mort.
« La chauve-souris la plus longévive d’Amérique du Nord décide qu’elle ne peut pas sauver ce navire et change immédiatement de braquet pour éliminer en priorité les cellules endommagées », explique Juan Manuel Vazquez dans le communiqué de Berkeley. Un autre mammifère applique la même règle : « L’éléphant, autre espèce longévive et résistante au cancer, a exactement la même stratégie : si vous ne pouvez pas sauver la cellule, tuez la cellule. »

Le vieillissement et l’immunité tirent sur la même corde
L’autre enseignement porte sur les gènes eux-mêmes. Les espèces de murins les plus longévives présentent des niveaux plus élevés de gènes associés à la lutte contre le cancer, et le recouvrement entre les gènes de la longévité et ceux qui interagissent avec les virus dépasse largement ce que le hasard produirait. Le genre porte en outre une signature absente du reste des mammifères : une sélection positive concentrée sur les protéines qui dialoguent avec les virus à ADN, de la famille des herpèsvirus, là où l’humain montre surtout des adaptations aux virus à ARN. L’étude décrit aussi des duplications propres aux murins du facteur immunitaire EIF2AK2.
« Les chauves-souris ont évolué pour vivre longtemps sans tomber malades, ce qui suggère qu’il n’est pas nécessaire de traiter les maladies du vieillissement et les maladies infectieuses comme des champs complètement séparés », avance Juan Manuel Vazquez. Le travail porte sur des génomes et sur des cellules en culture, pas sur un candidat thérapeutique.
Douze murins vivent en France
Le genre Myotis réunit 139 des 1 511 espèces de chauves-souris décrites, et l’écart d’espérance de vie y est spectaculaire : environ 7 ans pour le murin noir (Myotis nigricans), une cinquantaine d’années pour le murin de Brandt. Sur les 139 espèces de murins que compte le genre Myotis dans le monde, douze vivent en France, dont ce murin de Brandt recapturé cinquante ans après son baguage (Nature, 26 août 2026 ; LPO). Près d’une espèce de murin sur douze possède donc une population française.
Ces douze espèces vont du murin de Daubenton au grand murin, en passant par le murin de Bechstein et le murin à oreilles échancrées, et toutes sont protégées depuis 2007. Le murin de Brandt, celui qui détient le record des cinq décennies, figure dans la liste.
Les mesures de l’étude tiennent en quelques lignes.
| Donnée | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Génomes de murins assemblés | 8 espèces | Nature, 26 août 2026 |
| Cultures cellulaires analysées | 259 individus, 32 espèces | Nature, 26 août 2026 |
| Longévité maximale relevée (murin de Brandt) | 50 ans | UC Berkeley |
| Longévité du murin noir | environ 7 ans | Nature, 26 août 2026 |
| Espèces du genre Myotis | 139 sur 1 511 chauves-souris | Nature, 26 août 2026 |
| Espèces de murins en France | 12 | LPO |
Ces murins se comptent aussi chez nous, micro par micro. AAP mesurait le 12 août 2026 un recul de 52,5 % de la noctule commune en France entre 2006 et 2023, à partir des relevés du programme Vigie-Chiro du Muséum national d’Histoire naturelle : ce qu’entend un détecteur.
Juan Manuel Vazquez, aujourd’hui à l’université d’État de Pennsylvanie, regarde déjà vers la suite : « Peut-être peut-on améliorer notre système immunitaire pour qu’il ne décline pas avec l’âge. Ou peut-être les chauves-souris nous aideront-elles à trouver des moyens de combattre les tumeurs sans que notre système immunitaire se fatigue. » Les travaux ont été financés par les National Institutes of Health et la National Science Foundation.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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