
On croit la nuit d’août silencieuse au-dessus des villes, sauf que 31 espèces de chauves-souris circulent dans la seule aire parisienne. Les 29 et 30 août 2026, la 30e Nuit internationale de la chauve-souris vous invite à les écouter pour de bon : des sorties au crépuscule, un détecteur d’ultrasons dans les mains, et le ciel qui devient audible pendant une heure.
La manifestation est coordonnée par la Société française pour l’étude et la protection des mammifères, qui fixe cette année la période du 21 juin au 23 septembre, avec le week-end des 29 et 30 août comme temps fort. Les animations vont de la conférence à l’atelier de fabrication de gîtes, mais l’écoute nocturne reste le rendez-vous central : l’agenda national du Plan d’actions Chiroptères annonce des sorties équipées de détecteurs partout en France et en Outre-mer, gratuites et ouvertes à tous.
Ce qu’un détecteur donne à entendre
Une chauve-souris en chasse ne vole pas au hasard : elle émet des cris très brefs et lit l’écho qui lui revient pour situer un insecte dans le noir. Ces cris sont trop aigus pour notre oreille. Le détecteur ne fait rien d’autre que les transposer plus bas, dans notre bande audible : on entend alors une suite de claquements secs, qui se resserrent à mesure que l’animal se rapproche de sa proie.
Cette vidéo de vulgarisation montre le mécanisme au ralenti, avant d’aller le vérifier soi-même au bord d’un plan d’eau.
La suite est affaire de reconnaissance : chaque espèce a sa signature acoustique, et c’est elle qui permet de nommer ce qui vient de passer sans jamais l’attraper.
Une soirée d’écoute, vingt ans de mesures
Le même geste, répété des milliers de fois, fabrique de la donnée. Le programme Vigie-Chiro, lancé en 2006 par le Muséum national d’Histoire naturelle, fait tourner des enregistreurs toute la nuit et cumule désormais, selon le bilan du Muséum, 961 participants, 26 000 sites et 115 375 nuits enregistrées pour le seul protocole en point fixe depuis 2014.
Nous croisons ces tendances nationales avec notre recensement parisien issu du même programme : 31 espèces détectées dans l’aire parisienne sur les 36 espèces protégées en France, dont une pipistrelle de Nathusius entendue pour la première fois intra-muros, alors que cette même espèce perd 29,9 % de ses effectifs à l’échelle du pays entre 2006 et 2023. Autrement dit : ce que le détecteur capte un soir de fin d’août appartient à une série qui, elle, se lit sur deux décennies.
| Espèce | Variation mesurée | Période | Sens |
|---|---|---|---|
| Noctule commune | -52,5 % | 2006-2023 | Recul |
| Minioptère | -32,9 % | 2006-2023 | Recul |
| Pipistrelle de Nathusius | -29,9 % | 2006-2023 | Recul |
| Murin de Daubenton | -29,2 % | 2006-2023 | Recul |
| Pipistrelle commune | -23,6 % | 2006-2023 | Recul |
| Murin à oreilles échancrées | +29 % | 2006-2023 | Hausse |
| Barbastelle | +41 % | 2006-2023 | Hausse |
| Murin de Natterer | +79,9 % | 2006-2023 | Hausse |
| Oreillard gris | +86,8 % | 2006-2023 | Hausse |
| Molosse de Cestoni | +160 % | 2006-2023 | Hausse |
| Noctule de Leisler | +76,3 % | 2014-2023 | Hausse récente |
| Sérotine commune | +39,1 % | 2014-2023 | Hausse récente |
La lecture n’est pas à sens unique. Cinq espèces communes reculent nettement, la noctule commune perdant plus de la moitié de ses effectifs, quand l’oreillard gris ou la barbastelle progressent. Les détecteurs ne mesurent pas des individus mais des passages : une hausse peut aussi signaler un report d’activité vers les zones où l’on écoute.
Ce qui décide de ce que vous entendrez
Les causes avancées par le Muséum tiennent en quelques lignes : collisions avec les éoliennes pour les espèces migratrices, raréfaction des insectes liée aux pesticides et à la lumière artificielle, collisions routières, perte de gîtes et changement climatique, selon l’analyse publiée par Vigie-Nature. L’éclairage nocturne agit deux fois : il vide le garde-manger et il découpe les corridors sombres que ces animaux suivent pour se déplacer, un effet que nous avons déjà documenté sur d’autres espèces nocturnes.

Reste la limite à garder en tête en sortant du parc : une soirée d’écoute ne vaut pas un inventaire. Elle dit qui chassait là, ce soir-là, par cette météo. C’est la répétition du protocole, saison après saison, qui transforme des claquements en courbe. Les animations des 29 et 30 août sont gratuites : la liste par département se consulte sur le site de la SFEPM, et il suffit d’arriver avant la tombée du jour, avec une lampe qu’on éteindra.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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