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Devinez avant de lire
Combien de temps LZ devrait-il tourner pour que les bruits de fond connus produisent, en moyenne, un seul événement comme celui du 16 juin 2023 ?
La réponse :
Le chiffre
2,6 sigma. La collaboration LUX-ZEPLIN a annoncé le 1er septembre 2026 un événement unique de 248 keV relevé en 220 jours actifs d’écoute dans dix tonnes de xénon liquide, crédité de 2,6 sigma de signification globale quand une découverte en physique des particules en exige 5. L’expérience est enfouie à près d’un mile sous le Dakota du Sud, et LZ ne revendique rien de tel.
2,6sigma : la signification globale du seul événement de LZ, quand une découverte en exige 5
Le porte-parole le dit avant tout le monde. « Nous ne prétendons pas avoir vu de la matière noire », déclare Rick Gaitskell, professeur à l’université Brown, dans l’annonce de son université : « Avec un seul événement, nous ne voulons pas aller trop vite. » Le texte est soumis à Physical Review Letters.
Ce que dit un sigma, et ce que 3,4 cachait
Un sigma mesure l’écart entre ce qu’on observe et ce que les bruits de fond connus produiraient par hasard. Dans le texte de la collaboration, cet écart culmine à 3,4 sigma : c’est la signification locale, celle qu’on lit à l’endroit précis où l’événement est tombé. Sauf que LZ a confronté ses données à 616 modèles d’interaction, dont 293 statistiquement distinguables. Plus on regarde d’endroits, plus on a de chances d’en trouver un qui sorte du lot. Corrigée de ce biais, que les physiciens appellent le « look-elsewhere », la signification globale perd huit dixièmes de sigma.
Les deux valeurs se lisent sur la même échelle.

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L’écart entre les deux lectures est le prix d’avoir cherché partout à la fois.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Période analysée | 220 jours actifs, du 27 mars 2023 au 1er avril 2024 |
| Masse fiducielle | 4,71 tonnes de xénon liquide (10 tonnes dans la cuve) |
| Fenêtre d’énergie explorée | 5,4 à 270 keV de recul nucléaire |
| Événements retenus | 1, le 16 juin 2023 |
| Énergie du recul | 248 ± 23 (stat) ± 23 (sys) keV |
| Bruit de fond attendu dans sa tranche | 0,0106 ± 0,0008 (sys) événement |
| Signification locale / globale | 3,4 sigma / 2,6 sigma |
| Masse du WIMP, si c’en était un | au moins 200 GeV/c² |
Un chiffre du tableau mérite qu’on s’y arrête : 0,0106 événement de bruit de fond attendu, sur 220 jours, dans la tranche où celui-ci est apparu. Selon nos calculs, il faudrait laisser tourner le détecteur près de 57 ans à conditions identiques pour que les processus connus en fabriquent un par hasard (220 jours divisés par ce taux, soit 20 755 jours). Le hasard reste possible, et c’est ce que la signification globale mesure encore.
Événements retenus en 220 jours 1
Bruit de fond attendu dans la même tranche 0,0106
Unité : événements de recul nucléaire. Périmètre : tranche 500 < S1c < 600 phd du plan d’analyse, celle de l’événement du 16 juin 2023 (LZ Collaboration, preprint du 1er septembre 2026). Limite : seuls les bruits de fond modélisés sont comptés.
Un mile de roche, et rien d’autre
Le détecteur est enfoui à près d’un mile sous terre, au Sanford Underground Research Facility, dans le Dakota du Sud. La roche y arrête le rayonnement cosmique qui, en surface, noierait un signal attendu à quelques événements par an. Le laboratoire a filmé la descente de la cuve interne.
Ce que le preprint exclut est aussi net que ce qu’il n’affirme pas. Aucun des processus rares ni des effets de détecteur passés en revue ne fournit d’explication plausible à l’événement, écrivent les auteurs, qui posent au passage des limites sur quinze opérateurs de théorie effective, entre 10 et 4 000 GeV/c². Le modèle d’interaction le plus simple ne colle pas : il aurait dû produire d’abord une pluie de reculs de plus basse énergie, rappelle l’Imperial College London, partenaire de la collaboration avec le STFC britannique, la fondation portugaise pour la science et le fonds national suisse. Aucune institution française n’y est citée.

« C’est le premier cas, dans toutes les expériences auxquelles j’ai participé, d’une valeur aberrante qui résiste à toutes les vérifications », dit Aaron Manalaysay, physicien au Berkeley Lab. Dans Nature, le physicien Samuel Eriksen, membre de la collaboration, pose la même borne : « Ce que nous observons, c’est un seul événement de haute énergie. Nous ne prétendons pas du tout que ce soit de la matière noire. »
Compter des événements rarissimes se pratique aussi en France, dans un autre registre.
Série AAP : le 17 août 2026, nous détaillions la mesure de Chooz, où un détecteur enterré à 400 mètres des deux cœurs a compté 106 événements d’antineutrinos contre 88 attendus, réacteurs éteints, soit un excès à 5,9 sigma. Même unité de lecture, verdict inverse : la mesure ardennaise passe le seuil de découverte, l’événement du Dakota du Sud s’arrête à 2,6.
LZ enregistre à champ électrique identique depuis le 1er avril 2024. C’est cette exposition supplémentaire, et elle seule, qui fera monter les 2,6 sigma vers 5 ou les dissoudra.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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