L'entree d'une grotte calcaire dans une foret humide de Nouvelle-Zelande, fougeres et mousse sous une lumiere brumeuse

Sous une grotte de Nouvelle-Zélande, un ancêtre du kākāpō dormait dans un « sandwich » de cendre vieux d’un million d’années

Piégés entre deux couches de cendre volcanique, des fossiles racontent un monde disparu bien avant l'humain. Et un perroquet mystère qui volait peut-être encore.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une capsule temporelle scellée par les volcans
  3. Le trou noir de 15 millions d'années
  4. Des extinctions bien avant nous
  5. Questions courantes

Brief

Publié le 2 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h01

On croit souvent que la faune unique de Nouvelle-Zélande a basculé le jour où l’humain a posé le pied sur ces îles, il y a environ 750 ans. Une grotte près de Waitomo, sur l’Île du Nord, vient corriger l’histoire. Entre 33 et 50 % des espèces animales du pays avaient déjà disparu avant cette arrivée, selon l’étude relayée par l’université Flinders. Des super-volcans et des bascules de climat sculptaient la vie locale depuis plus d’un million d’années. Et au milieu de ces fossiles, un perroquet inattendu, ancêtre du célèbre kākāpō, qui volait peut-être encore.

En bref

  • Entre 33 et 50 % des espèces néo-zélandaises ont disparu avant l’arrivée humaine, sur le million d’années qui l’a précédée.
  • La grotte a livré des fossiles de 12 espèces d’oiseaux et 4 de grenouilles, figés il y a environ un million d’années.
  • Une nouvelle espèce, Strigops insulaborealis, ancêtre du kākāpō, avait des pattes plus faibles et aurait peut-être gardé la capacité de voler.
  • Les fossiles sont datés par un « sandwich » de cendre, entre une éruption d’il y a 1,55 million d’années et une autre d’il y a 1 million d’années.

Le kākāpō, vous le connaissez peut-être : ce gros perroquet vert, nocturne, incapable de voler, star mondiale des programmes de conservation. Sauf que son lointain parent, lui, n’était sans doute pas cloué au sol. C’est tout le sel de cette découverte, publiée dans la revue Alcheringa.

Une capsule temporelle scellée par les volcans

La solidité de la trouvaille tient d’abord à sa datation. Les ossements reposaient coincés entre deux couches de cendre volcanique, comme la garniture d’un sandwich. La couche inférieure vient d’une éruption survenue il y a environ 1,55 million d’années, la couche supérieure d’une éruption massive d’il y a environ un million d’années.

Ce cadre géologique donne des bornes d’âge nettes, un luxe rare en paléontologie. Les fossiles ont forcément été déposés entre ces deux repères. La couche la plus jeune a d’ailleurs recouvert une grande partie de l’Île du Nord sous des mètres de cendre, avant que la pluie et l’érosion n’en effacent l’essentiel. Ce qui a survécu dormait dans la roche.

Une paroi rocheuse montrant deux couches claires de cendre volcanique prises dans la roche stratifiee
Deux couches de cendre, deux éruptions : les bornes qui datent les fossiles.

Cette même couche ancienne apprend autre chose : le site serait la plus vieille grotte connue de l’Île du Nord. Une porte d’entrée vers un chapitre longtemps resté vide.

Le trou noir de 15 millions d’années

Car ce qui rend ces fossiles précieux, c’est ce qu’ils comblent. Jusqu’ici, la Nouvelle-Zélande disposait d’un instantané de sa faune entre 20 et 16 millions d’années, grâce aux fouilles de St Bathans, dans l’Otago. Puis un long silence.

Entre ce moment et il y a un million d’années, soit une fenêtre de quinze millions d’années, le registre fossile terrestre était quasi muet. Le co-auteur Paul Scofield, du Canterbury Museum, résume la trouvaille avec justesse dans le communiqué de Flinders : ce n’était pas un chapitre manquant de l’histoire naturelle du pays, mais un volume entier.

Comparaison des echelles de temps : plus d'un million d'annees de bouleversements naturels avant l'humain, contre environ 750 ans de presence humaine
Graphique Actu Alt Plus. Source : université Flinders et Canterbury Museum, étude parue dans Alcheringa (2026).
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Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Et ce volume raconte un renouvellement complet. La communauté d’oiseaux d’alors ne ressemblait pas à celle que les premiers humains ont rencontrée un million d’années plus tard. Une faune aviaire entière a été remplacée par une autre, dans l’intervalle.

Des extinctions bien avant nous

Voilà le fait qui bouscule. On a longtemps lu l’effondrement de la faune néo-zélandaise à travers un seul prisme : l’humain, ses rats, ses feux, sa chasse. C’est vrai, mais partiel. Ici, un tiers à la moitié des espèces s’étaient déjà éteintes avant que quiconque n’accoste.

Les coupables, cette fois, sont la Terre elle-même. Des changements de climat rapides et des éruptions cataclysmiques ont sans cesse redistribué les habitats, forêts et zones arbustives se déplaçant au fil des crises. À chaque secousse, les populations d’oiseaux se réinitialisaient. Ce chaos a aussi eu un revers fécond : il a ouvert des niches, poussé de nouvelles espèces à évoluer. La destruction sculptait autant qu’elle effaçait.

Un perroquet vert nocturne de type kakapo pose sur un tapis de mousse dans une foret au crepuscule
Le kākāpō d’aujourd’hui, ancré au sol. Son ancêtre, lui, volait peut-être encore.

Reste le perroquet mystère. L’analyse des os de Strigops insulaborealis pointe des pattes plus faibles que celles du kākāpō moderne. Or l’oiseau actuel s’appuie énormément sur ses pattes puissantes pour grimper. Son ancêtre grimpait donc probablement moins, et aurait pu, avancent prudemment les chercheurs, conserver l’usage du vol. Le mot compte : il faudra d’autres travaux pour trancher. L’hypothèse est belle, pas encore une certitude. Ce qui est sûr, c’est que sous nos pieds, des mondes entiers attendent qu’une couche de cendre veuille bien les rendre.

Questions courantes

Où et quand cette découverte a-t-elle été faite ?
Dans une grotte près de Waitomo, sur l’Île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Les fossiles datent d’environ un million d’années et ont été décrits par des chercheurs de l’université Flinders et du Canterbury Museum.

L’ancêtre du kākāpō savait-il vraiment voler ?
C’est une hypothèse, pas une certitude. Ses pattes plus faibles suggèrent qu’il grimpait moins et aurait pu garder la capacité de voler, mais les chercheurs indiquent que d’autres travaux sont nécessaires pour le confirmer.

Pourquoi cette datation est-elle si fiable ?
Les fossiles étaient pris entre deux couches de cendre volcanique, l’une d’une éruption d’il y a 1,55 million d’années, l’autre d’il y a environ 1 million d’années. Ce « sandwich » donne des bornes d’âge précises.

Ces extinctions sont-elles dues à l’humain ?
Pas celles-ci. Entre 33 et 50 % des espèces avaient disparu avant l’arrivée humaine, il y a environ 750 ans. Les chercheurs les attribuent surtout aux volcans et aux changements de climat.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Elise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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