Petit chien brun derrière des barreaux métalliques rouillés dans un local rural, peu avant son sauvetage

À Yulin, un abattoir à chiens ferme pour de bon, et trois des chiens portaient encore leur collier

Près de Yulin, en Chine, un abattoir à chiens a fermé sous accord juridiquement contraignant. Neuf chiens sauvés, dont trois animaux de compagnie volés, et une méthode qui change tout.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une fermeture par accord, pas par effraction
  3. Pourquoi ces colliers nous parlent jusqu'en France
  4. Questions courantes

Le 7 juin 2026, à une trentaine de kilomètres au sud de Yulin, dans la province chinoise du Guangxi, des protecteurs d’animaux ont fait fermer pour de bon un abattoir à chiens, à quelques jours du tristement célèbre festival de viande de chien de la ville. Neuf chiens y ont été sortis vivants. Trois portaient encore leur collier : un labrador, un beagle et un caniche, des animaux de compagnie de toute évidence volés à leur famille. Ce qui rend cette fermeture rare, ce n’est pas l’image, c’est le mode d’emploi : un accord juridiquement contraignant avec l’exploitant, et une porte de sortie économique pour lui.

En bref

  • Fermeture définitive d’un abattoir qui avait tué plus de 15 000 chiens depuis 2007, selon Humane World for Animals.
  • Neuf chiens sauvés, dont trois avec leur collier, signe d’animaux de compagnie volés.
  • Première reconversion de ce type à Yulin : un accord légal, pas un coup de force.
  • En France, le vol d’animaux reste marginal dans les statistiques, mais bien réel : 135 chiens et chats volés déclarés sur le seul été 2024.

L’établissement n’avait rien d’anecdotique. D’après le communiqué de Humane World for Animals (l’organisation anciennement connue sous le nom Humane Society International), il fonctionnait depuis 2007, abattait environ quinze chiens par semaine et fournissait restaurants et marchés du festival. À lui seul, le mois de juin représentait 70 % de son chiffre d’affaires annuel, tant la demande grimpe autour du solstice d’été. En presque vingt ans, il a tué plus de 15 000 chiens.

Collier de chien usé posé sur une table en bois dans une pièce de refuge
Trois des chiens sauvés portaient encore leur collier, signe d’animaux volés.

Une fermeture par accord, pas par effraction

L’angle qui change tout tient dans un mot un peu technique : la reconversion de subsistance, ou « livelihood conversion ». Au lieu d’opposer militants et exploitant, l’association chinoise Vshine Animal Protection Association, financée et accompagnée par Humane World for Animals, a signé avec le propriétaire un accord qui ferme le site définitivement, en échange d’un appui pour démarrer une autre activité. L’homme, qui tuait des chiens depuis presque vingt ans, envisage désormais d’ouvrir un service de petit-déjeuner : bouillie de riz, beignets, brioches vapeur. « Je me réjouis d’une vie plus paisible », a-t-il déclaré, dans une traduction fournie par l’organisation. C’est la première fois qu’une telle reconversion se concrétise à Yulin, longtemps considérée comme le point chaud du commerce de viande de chien en Chine.

La méthode n’est pas neuve : elle est au coeur du programme « Models for Change », qui depuis plus de dix ans aide des éleveurs et exploitants à changer de métier. En Corée du Sud, des éleveurs sont passés à la culture du piment ou du champignon, et le pays a voté l’interdiction totale de l’élevage pour la viande de chien, qui entrera pleinement en vigueur en 2027. Le même programme a depuis été lancé au Vietnam, en Inde et en Indonésie. Ce que Yulin vient d’expérimenter, d’autres villes d’Asie l’ont donc déjà vu fonctionner.

Si l’accord a pu se faire, c’est aussi parce que le terrain a changé. L’exploitant lui-même le reconnaît : il est de plus en plus dur de vivre de ce commerce, « car de moins en moins de gens mangent de la viande de chien ». L’organisation le confirme à plus grande échelle. La plupart des habitants de Chine ne consomment pas de chien ni de chat, le commerce est déjà interdit dans les grandes villes de Shenzhen et de Zhuhai, et il est souvent illégal au regard de la loi chinoise sur la sécurité alimentaire, en plus de favoriser la propagation de la rage. Une activité brutale, donc, mais aussi minoritaire et fragile, ce qui rend la sortie volontaire plus crédible qu’un simple coup d’éclat médiatique.

RepèreChiffreSource
Chiens tués par cet abattoir depuis 2007plus de 15 000Humane World for Animals
Pays engagés dans « Models for Change »4 (Corée du Sud, Vietnam, Inde, Indonésie)Humane World for Animals
Chiens et chats abattus chaque année en Chine (estimation)environ 10 millions de chiens, 4 millions de chatsHumane World for Animals
Chiens et chats volés déclarés en France, été 2024135I-CAD
Sources : Humane World for Animals, fichier national I-CAD.

Pourquoi ces colliers nous parlent jusqu’en France

Le détail des colliers n’est pas un effet de récit. L’organisation rappelle que la plupart des chiens et des chats destinés à ce commerce sont des animaux de compagnie volés, des chiens de garde ou des bêtes errantes capturées dans la rue, parfois à l’aide d’appâts empoisonnés. Le labrador a été baptisé An An, le beagle Moli, le caniche Lian. Les neuf rescapés reçoivent des soins vétérinaires avant d’être placés à l’adoption en Chine, comme les pensionnaires de nos propres refuges. Nous avions raconté comment, à la SPA du Gers, les box débordent dès le début de l’été sous la pression des abandons.

Le vol d’animaux, lui, reste rare dans les chiffres officiels français, mais il existe. Selon le fichier national I-CAD, 135 chiens et chats ont été déclarés volés sur le seul été 2024, soit un cinquième du total annuel, le chien représentant 60 à 70 % de ces vols. Le chiffre est sans commune mesure avec l’échelle chinoise, et il sous-estime probablement la réalité, puisque beaucoup de propriétaires ne déclarent pas. Mais il rappelle une chose simple : un collier, une puce, des coordonnées à jour, c’est souvent ce qui sépare un animal perdu d’un animal retrouvé.

Étal de petit-déjeuner chinois avec bouillie de riz fumante, beignets et paniers vapeur en bambou
L’ancien exploitant envisage de se lancer dans la restauration du matin.

Reste la question de la durée. Une fermeture, même définitive, ne vide pas Yulin de ses autres abattoirs, et le festival, né en 2010 d’une initiative de commerçants pour doper les ventes, n’a pas disparu. L’association Vshine a d’ailleurs déposé cette année une proposition de loi devant l’Assemblée nationale populaire pour mieux protéger les animaux de compagnie, jusqu’à interdire le commerce de viande de chien et de chat à l’échelle du pays. La vraie victoire ne sera pas une porte close de plus, mais le jour où l’on n’aura plus besoin d’en fermer. En attendant, trois familles, quelque part, ont perdu un chien qui portait encore son collier, et ne sauront sans doute jamais qu’il a fini par s’en sortir.

Questions courantes

Qu’est-ce qu’une reconversion de subsistance ?
C’est un accord par lequel un exploitant ferme son activité de viande de chien en échange d’un soutien pour démarrer un autre métier. À Yulin, le propriétaire envisage un service de petit-déjeuner.

Combien de chiens cet abattoir avait-il tués ?
Plus de 15 000 depuis 2007, à raison d’environ quinze par semaine, selon Humane World for Animals. Le mois de juin concentrait 70 % de son activité, à cause du festival.

Pourquoi parle-t-on d’animaux volés ?
Trois des neuf chiens sauvés portaient encore leur collier. La plupart des bêtes du commerce de viande de chien sont des animaux de compagnie volés, des chiens de garde ou des errants capturés.

Le festival de Yulin est-il une tradition ?
Non. Il a été lancé en 2010 par des commerçants pour encourager la consommation et augmenter les ventes. Avant cette date, Yulin n’avait pas d’histoire commerciale de viande de chien.

Et en France, les vols d’animaux sont-ils fréquents ?
Ils restent marginaux dans les statistiques : 135 chiens et chats déclarés volés sur l’été 2024 selon I-CAD, surtout des chiens. Le chiffre est probablement sous-estimé, car les déclarations sont rares.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

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