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À Harcombe, dans le Devon, une quarantaine d’ânes passent l’été en pantalon. Pas un déguisement : des vêtements usagés, enfilés sur leurs pattes par les soignants du refuge The Donkey Sanctuary, qui a lancé le 17 juillet un appel aux dons. Les animaux en usent plusieurs paires par semaine.
À retenir
- Le refuge de Sidmouth cherche des pantalons, leggings et bas de pyjama amples dont personne ne veut plus : taille 16 et plus côté femme, L et plus côté homme.
- Le motif est vétérinaire : protéger les pattes des mouches piqueuses, contre lesquelles sprays et crèmes ne tiennent pas la journée.
- Environ 40 ânes sont équipés, les plus âgés en priorité. L’appel reste ouvert.
Des pantalons amples, taille 16 au minimum
La demande est précise, ce qui la rend crédible. Le refuge détaille ce qu’il accepte : pantalons, leggings, pyjamas et pantalons de grossesse, à condition qu’ils soient amples et assez grands pour tout le troupeau. Les dons se déposent à la boutique du site de Sidmouth ou s’envoient à Slade House Farm. Le premier lot venait d’Écosse : l’université de St Andrews a envoyé les vêtements laissés par ses étudiants, trop délavés pour être reportés et voués sinon à l’incinération.
Ce que les mouches font aux pattes
Le refuge affronte chaque été les mouches piqueuses, comme tout propriétaire d’équidés. Les sprays et les crèmes, rapporte la BBC, ne couvrent pas la journée entière. Les chaussettes, essayées avant, tombaient ; un pantalon monte plus haut et reste en place. Les pensionnaires les plus âgés en profitent le plus : moins actifs, ils chassent moins bien les insectes. L’un d’eux, Shaun, a 32 ans.
En France, ce que devient un vêtement trop usé
La question se pose aussi chez nous. Refashion, l’éco-organisme agréé par l’État, a comptabilisé 289 393 tonnes de textiles et chaussures usagés collectés en France en 2024, soit 4,27 kg par habitant. Le réemploi en seconde main absorbe 57 % des articles collectés, 34 % partent au recyclage, 9 % en valorisation énergétique. Nous avons rapporté cette part au tonnage collecté : l’ordre de grandeur approche 98 000 tonnes par an de textiles qui ne repartent pas sur un dos, mais en isolants du bâtiment, en rembourrage ou en chiffons industriels.
Nous avons raconté un geste voisin : des chaussettes de club réutilisées pour des chevaux et des ânes chez Redwings, autre refuge britannique. L’initiative venait alors d’un donateur extérieur ; ici elle vient du refuge et porte sur des vêtements du quotidien. Le principe est celui des ateliers qui transforment les rebuts du textile en objets utiles.
Pourquoi ça compte
Un âne en legging fait sourire. L’appel dit pourtant quelque chose de plus utile : le refuge ne réclame pas des dons en bon état, il réclame ceux dont la friperie ne veut pas. En France, où un tiers des textiles collectés ne trouve plus de porteur, la question n’est pas seulement de mieux trier, mais de savoir à quoi sert un tissu quand sa première vie est finie.
Les mouches partiront à l’automne, les pantalons retourneront lavés dans les réserves. Chaque paire n’y tient que quelques jours : peu pour un vêtement, beaucoup pour un tissu qui avait cessé de servir.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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