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Vingt-quatre kilos de labrador noir sanglés sur un brancard, sous la pluie, à une heure de marche du sommet. Tokyo, cinq ans, ne tenait plus sur ses pattes arrière et perdait connaissance par intermittence. En bas, chez le vétérinaire de Fort William, le diagnostic est tombé : elle avait avalé du cannabis. L’histoire fait sourire une seconde, puis plus du tout. Et elle n’a rien d’une bizarrerie écossaise : en France, le principal centre antipoison vétérinaire est passé de 6 923 appels en 2005 à près de 38 000 en 2024, soit cinq fois et demie plus en dix-neuf ans.
Ce qui s’est passé sur le Ben Nevis
La scène se déroule sur le point culminant du Royaume-Uni, que plus de 130 000 personnes gravissent chaque année. Christina Bluhme y randonnait en famille quand elle a vu sa chienne faiblir de l’arrière-train.
Elle a d’abord pensé à un problème de dos, une vertèbre déplacée par la montée. Puis Tokyo a commencé à s’absenter, par vagues. « J’étais debout sur cette montagne en me disant que c’était fini, que j’allais la perdre », a raconté sa propriétaire à CNN.

La pluie battante a eu raison des tentatives de la porter. L’équipe de secours en montagne du Lochaber, dont des bénévoles se trouvaient déjà dans le secteur pour une autre urgence, est montée chercher la chienne et l’a redescendue sur un brancard.
À la clinique, le tableau s’est éclairci d’une manière peu académique : une prise de température, un peu de gaz, et une odeur qui ne laissait aucun doute. La prise de sang a confirmé. Les vétérinaires penchent pour un gâteau au cannabis abandonné sur le sentier.
Pourquoi le cannabis frappe si fort un chien
Un chien n’est pas un petit humain. Les intoxications viennent surtout de l’ingestion : mégots, résine, et surtout ces gâteaux sucrés que le centre antipoison animal de l’Ouest décrit comme « très appétissants pour le chien ». La fumée, elle, est rarement en cause.
Le corps encaisse mal. Au-delà de trois grammes par kilo, le coma puis la mort deviennent possibles chez le chien. Il n’existe aucun antidote, mais un vétérinaire peut mettre en place un traitement de soutien qui permet en général un rétablissement sans séquelles.
Les signes qui doivent vous alerter
Le tableau est reconnaissable. Vomissements, salivation, pupilles dilatées, et surtout cette alternance déroutante entre abattement et excitation.
Pendant les phases d’abattement, l’animal est prostré, sa température monte ou chute. Pendant les phases d’excitation, il titube, peut aboyer sans raison, et un chien habituellement doux peut devenir agressif. Les signes démarrent dans les trois heures suivant l’ingestion et persistent entre douze et soixante-douze heures en moyenne.
Ce qu’il faut faire, et qui appeler en France
Le pays compte deux centres antipoison vétérinaires, et c’est une chance que peu de maîtres connaissent. Le Centre national d’informations toxicologiques vétérinaires, à Lyon, au 04 78 87 10 40. Le Centre antipoison animal et environnemental de l’Ouest, à Nantes, au 02 40 68 77 40. Tous les jours de l’année, de 8 h 30 à minuit.
Ces centres tiennent aussi les statistiques du poison domestique, et elles racontent une prise de conscience. Depuis vingt ans, ils ont reçu plus de 444 600 appels pour les seuls chiens et chats. La part des propriétaires qui appellent eux-mêmes est passée de 25 % en 2006 à 42 % en 2024, et 59 % des appels arrivent avant le moindre symptôme.

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La courbe du centre lyonnais dit la même chose autrement : 6 923 appels en 2005, près de 38 000 en 2024. Un chiffre qui grimpe n’est pas forcément un pays qui s’empoisonne davantage. C’est aussi un pays qui décroche son téléphone.
Le trio de tête des toxiques, lui, n’a pas bougé depuis vingt ans : le chocolat, les raticides anticoagulants, le paracétamol. Le cannabis est plus discret dans les statistiques, mais le principe reste le même. Ce que votre chien ramasse au sol ne passe par aucun filtre, et c’est souvent là que nos certitudes de maîtres se fissurent, comme sur la vitre entrouverte en voiture.

Le bon réflexe tient en trois gestes. Ne faites pas vomir sans avis, appelez un des deux centres ou votre vétérinaire, et dites la vérité sur ce qui a pu être avalé. La gêne coûte du temps, et le temps est exactement ce qui manque.
Tokyo est rentrée le lendemain, la queue frétillante. Elle a eu de la chance : une équipe de secours passait par là. Sur un sentier de Chartreuse ou du Mercantour, la chance s’appelle un numéro dans votre téléphone.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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