
Flash
Zéro. Pendant près d’un demi-siècle, c’est le nombre de fourmiliers géants qui parcouraient les marais de l’Iberá, dans le nord de l’Argentine : la chasse et l’avancée des cultures avaient effacé l’espèce de la province de Corrientes au milieu du XXe siècle. Dix-neuf ans après un premier lâcher en 2007, ils sont désormais plus de deux cents à vivre en liberté dans la même zone humide.
À retenir
- La Fundación Rewilding Argentina a relâché un premier couple en 2007 à Rincón del Socorro ; la population dépasse aujourd’hui deux cents individus, répartis sur plusieurs noyaux.
- Plus de cent fourmiliers, en majorité des orphelins récupérés dans le nord du pays, ont été réhabilités puis relâchés ; les premières familles se reproduisent seules.
- Le Myrmecophaga tridactyla, en danger en Argentine, est redevenu le symbole du retour de la faune dans l’Iberá.
De zéro à une population autonome
Le couple pionnier, lâché en 2007, a donné naissance dès 2009 à un petit né dans la nature. Depuis, l’effectif s’est réparti sur plusieurs foyers de l’Iberá, et les deux premières populations n’ont plus besoin d’intervention humaine. La fondation, qui poursuit le suivi, y voit le premier maillon d’un retour bien plus large, des jaguars aux loutres géantes.
Vingt ans, la vraie échelle d’une réintroduction
Un lâcher ne se décrète pas. Les lignes directrices de l’UICN imposent d’évaluer l’habitat, les corridors et l’acceptation locale avant d’autoriser une translocation, puis de suivre la population sur le long terme. C’est cette patience qui sépare les trajectoires : nous avons raconté l’aigle impérial en Serbie, remonté en protégeant une population résiduelle, et des escargots des Desertas relâchés d’un élevage conservatoire. Le fourmilier, lui, repart littéralement de zéro et se compte deux décennies plus tard.
La France connaît la même horloge lente. Depuis les années 1980, plus de 420 gypaètes barbus ont été réintroduits en Europe ; sur le territoire français, l’espèce compte aujourd’hui moins d’une centaine de couples reproducteurs. La preuve qu’une courbe qui remonte se mesure en décennies, pas en saisons.
Le programme argentin a été filmé sur place.
On y suit les équipes qui pistent chaque animal relâché, collier émetteur au cou, pour vérifier qu’il tient dans son nouveau marais.
Pourquoi ça compte
Nous parlons sans cesse de ce qui s’efface. L’Iberá raconte l’inverse : une espèce ramenée de rien, non pas exhibée dans un enclos, mais rendue à un marais où elle se débrouille seule. C’est lent, coûteux, incertain, et pourtant cela tient. La question n’est plus seulement d’empêcher la disparition, mais de savoir combien de territoires acceptent d’attendre vingt ans.
Les fourmiliers de l’Iberá ne savent rien de tout cela. Ils fouillent la terre pour des fourmis, mettent bas dans les hautes herbes et comblent, génération après génération, une case restée vide un demi-siècle.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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