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Panorama
50 000 cas par an, entend-on souvent au sujet de la maladie de Lyme. Le chiffre le plus récent de Santé publique France, lui, parle de 35 147 cas estimés en 2024. Entre les deux, aucune contradiction, mais une vérité utile avant de partir marcher, jardiner ou promener le chien cet été : le risque existe bel et bien, et il n’est pas le même partout.
En bref
- Le fameux chiffre de 50 000 nouveaux cas par an est un ordre de grandeur : la dernière estimation de Santé publique France retient 35 147 cas en 2024, dans une fourchette qui a oscillé entre 26 146 et 68 530 selon les années.
- Le risque est très inégal : l’incidence dépasse 100 cas pour 100 000 habitants dans l’est et le centre (Alsace, Lorraine, Limousin), et reste sous 50 à l’ouest et sur le pourtour méditerranéen.
- Sur 2 009 tiques analysées par le programme CiTIQUE, 15,4 % des Ixodes ricinus, l’espèce la plus piqueuse, portaient la bactérie de Lyme.
- La saison à risque court d’avril à octobre ; près de 28 % des Français disent avoir déjà été piqués au cours de leur vie.
Plutôt que de répéter les conseils génériques de prévention, regardons les données d’autorité : combien de cas, où, et ce que transportent réellement les tiques. C’est ce qui permet de situer votre propre exposition, sans dramatiser ni minimiser.
Combien de cas, vraiment ?
Le chiffre de 50 000 cas annuels circule partout, et il n’est pas faux : il donne l’ordre de grandeur retenu de longue date par Santé publique France pour la borréliose de Lyme. Mais l’incidence bouge d’une année sur l’autre. Entre 2009 et 2021, le nombre estimé de cas a varié entre 26 146 et 68 530, avec une tendance à la hausse.
La photographie la plus récente affine ce repère. Pour 2024, le réseau Sentinelles et Santé publique France estiment 35 147 cas, soit une incidence de 53 pour 100 000 habitants, et 633 hospitalisations liées à la maladie. Retenir 50 000 comme ordre de grandeur reste donc raisonnable, à condition de savoir que le compteur d’une année donnée peut se situer nettement en dessous.

La maladie de Lyme est transmise par la piqûre d’une tique infectée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Toutes les tiques ne la portent pas, et toutes les piqûres ne rendent pas malade : c’est justement ce que mesurent les programmes de surveillance.
Où le risque est le plus fort
La moyenne nationale masque une carte très contrastée. Le risque grimpe au-dessus de 100 cas pour 100 000 habitants dans l’est et le centre du pays, en Alsace, en Lorraine ou dans le Limousin, alors qu’il reste sous 50 à l’ouest, sur la façade atlantique, et sur le pourtour méditerranéen.
Le calendrier compte autant que la géographie. Les tiques sont actives d’avril à octobre, avec un pic de printemps et de début d’été, quand la végétation est haute et les sorties nombreuses. C’est la période où il faut inspecter son corps au retour de balade.
Le risque de Lyme, très inégal selon les régions
| Zone | Niveau de risque | Incidence indicative |
|---|---|---|
| Est et Grand Est (Alsace, Lorraine) | Élevé | Plus de 100 / 100 000 |
| Centre (Limousin, Auvergne) | Élevé | Plus de 100 / 100 000 |
| Ouest et façade atlantique (Bretagne) | Faible | Moins de 50 / 100 000 |
| Pourtour méditerranéen | Faible | Moins de 50 / 100 000 |
| France entière (2024) | Intermédiaire | 53 / 100 000 |
Tableau Actu Alt Plus, d’après Santé publique France. L’incidence de la maladie de Lyme suit une carte est-ouest très marquée.
Cette carte n’est pas une frontière : on peut se faire piquer partout, y compris dans un jardin de banlieue. Elle dit seulement où la vigilance doit être la plus haute, et où la piqûre a le plus de chances d’être infectante.
Ce que portent les tiques qui nous piquent
C’est ici que la science participative apporte une donnée rare. Le programme CiTIQUE, coordonné par INRAE avec l’université de Lorraine et l’Anses, a analysé 2 009 tiques ayant réellement piqué des humains, envoyées par des citoyens entre 2017 et 2019, avec une répartition sur toute la France.
Résultat : 94 % de ces tiques sont des Ixodes ricinus, la tique des bois, principal vecteur de Lyme. Parmi elles, 15,4 % portaient Borrelia burgdorferi, 7,1 % la bactérie de l’anaplasmose et une minorité d’autres agents. Au total, 27 % des tiques analysées portaient au moins un agent pathogène pour l’humain, et 4,5 % au moins deux.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Ces pourcentages ne sont pas des probabilités de tomber malade : être piqué par une tique porteuse ne signifie pas être infecté, cela dépend de la souche, du temps d’accrochage et de votre organisme. Mais ils montrent qu’une tique sur sept environ transporte, chez nous, la bactérie de Lyme.
Le bon réflexe : signaler et se protéger
La force de CiTIQUE, lancé en 2017, tient à ce que chacun peut y contribuer. En signalant une piqûre, sur soi ou sur un animal, via l’application Signalement TIQUE, et en envoyant la tique au laboratoire, vous nourrissez une cartographie qui profite ensuite à la santé publique et aux médecins.
Côté protection, les gestes tiennent en peu de mots : vêtements couvrants, inspection systématique au retour, retrait rapide avec un tire-tique. Certains aménagements collectifs aident aussi, comme une bordure de copeaux le long des sentiers, qui fait chuter la densité de tiques en lisière de chemin.

L’exposition, elle, est massive : près de 28 % des Français déclarent avoir déjà été piqués au cours de leur vie, et environ 5 % sur la seule dernière année. Autant de raisons de faire de l’inspection au retour de balade un automatisme d’été, au même titre que la crème solaire.
Méthode et limites
Les données d’incidence, la répartition régionale et les hospitalisations proviennent de Santé publique France et du réseau Sentinelles, qui reposent sur les remontées des médecins généralistes et comportent une part d’estimation. C’est pourquoi le chiffre annuel varie et pourquoi l’ordre de grandeur de 50 000 cas, souvent cité, doit se lire à côté de l’estimation 2024 de 35 147 cas.
La part de tiques infectées vient du programme CiTIQUE et porte sur 2 009 tiques piqueuses analysées entre 2017 et 2019 : c’est un échantillon précieux car issu de vraies piqûres, mais il ne mesure pas directement le nombre de malades. La carte du risque, enfin, agrège plusieurs sources, dont l’outil citoyen CarteTiques, et donne une tendance régionale, non une valeur commune par commune.
Questions courantes
Y a-t-il vraiment 50 000 cas de Lyme par an en France ?
C’est un ordre de grandeur. Santé publique France a longtemps retenu ce repère, mais l’estimation la plus récente est de 35 147 cas pour 2024, avec une incidence de 53 pour 100 000 habitants. Le nombre annuel varie selon les années.
Quelles régions sont les plus exposées ?
L’est et le centre du pays, en particulier l’Alsace, la Lorraine et le Limousin, où l’incidence dépasse 100 cas pour 100 000 habitants. L’ouest et le pourtour méditerranéen restent sous 50.
Quelle part des tiques transmet la maladie de Lyme ?
Selon le programme CiTIQUE, sur 2 009 tiques ayant piqué des humains, 15,4 % des Ixodes ricinus portaient la bactérie de Lyme, et 27 % des tiques analysées portaient au moins un agent pathogène.
Quand faut-il être le plus vigilant ?
D’avril à octobre, avec un pic au printemps et en début d’été. C’est la période d’activité maximale des tiques et celle des sorties les plus fréquentes.
Que faire en cas de piqûre ?
Retirer la tique rapidement avec un tire-tique, désinfecter, surveiller la zone plusieurs semaines et consulter en cas de plaque rouge qui s’étend. Signaler la piqûre via l’application Signalement TIQUE aide aussi la recherche.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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