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Panorama
83 départements sur 96 : au 1er janvier 2026, le moustique tigre était implanté dans 83 des 96 départements métropolitains, selon Santé publique France. En reconstituant sa trajectoire depuis sa première détection en 2004, un constat s’impose : l’espèce a gagné douze départements en trois ans, et couvre aujourd’hui 86 % du territoire métropolitain. Elle n’y est plus une curiosité du Sud, mais un voisin quasi national.
En bref
- En compilant les cartes officielles depuis 2004, un chiffre clé : le moustique tigre a colonisé douze départements de plus en trois ans (71 début 2023, 83 au 1er janvier 2026), soit 86 % de la métropole.
- Il ne reste plus qu’une quinzaine de départements indemnes, concentrés dans le quart nord-ouest et une partie des Hauts-de-France.
- En 2025, la France hexagonale a recensé 809 cas autochtones de chikungunya, le niveau le plus élevé depuis 2006, et 30 cas autochtones de dengue.
- La surveillance renforcée 2026 court du 1er mai au 30 novembre ; les gestes anti-prolifération autour du domicile restent la première ligne de défense.
Vous avez peut-être vu ce petit moustique rayé de noir et de blanc tourner autour de vos chevilles en fin de journée. Ce n’est plus un accident géographique. Nous avons rassemblé les cartes d’implantation successives et le dernier bilan sanitaire pour répondre à trois questions simples : où l’espèce est installée, à quelle vitesse elle a avancé, et ce que cela change concrètement pour vous cet été.
Vingt ans pour passer d’un département à 83
Tout est parti d’un seul département. Détecté pour la première fois en France métropolitaine en 2004, dans les Alpes-Maritimes, Aedes albopictus a d’abord colonisé la façade méditerranéenne, puis la vallée du Rhône, avant de remonter vers le nord et l’ouest le long des grands axes routiers.
La progression s’est ensuite emballée. Début 2023, 71 départements étaient colonisés ; en avril 2024, le ministère de la Santé en comptait 78 en métropole ; au 1er janvier 2026, Santé publique France en dénombre 83. Selon nos calculs, cela représente douze départements gagnés en trois ans, un rythme d’environ quatre nouveaux départements par an.

Le moustique se déplace peu par lui-même, quelques centaines de mètres dans sa vie. Ce sont nos voitures, nos trains et le transport de marchandises qui le charrient d’une aire d’autoroute à l’autre, où ses oeufs, résistants à la dessiccation, patientent dans le moindre fond d’eau avant d’éclore.

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Il ne reste désormais qu’une quinzaine de départements indemnes, pour l’essentiel dans le quart nord-ouest, en Bretagne occidentale et dans le nord des Hauts-de-France. Et rien ne dit qu’ils le resteront : les étés plus chauds repoussent chaque année un peu plus la limite nord de survie de l’espèce.
2025, l’année où le chikungunya s’est transmis sur place
L’implantation du vecteur a une conséquence directe : la maladie n’a plus besoin de venir de l’étranger. En 2025, la France hexagonale a identifié 809 cas autochtones de chikungunya, c’est-à-dire contractés sans voyage, répartis dans 79 épisodes de transmission. Santé publique France estime qu’il s’agit du niveau le plus élevé de cas et d’épisodes autochtones depuis 2006.
Le contraste avec le passé récent est saisissant. Entre 2010 et 2024, le maximum annuel de cas autochtones d’arbovirose plafonnait à 84, atteint en 2024. Une seule saison a donc fait basculer l’échelle. La dengue, elle, est restée plus discrète avec 30 cas autochtones, mais elle circule bel et bien.
Les foyers n’ont pas seulement été plus nombreux, ils ont aussi été plus étendus géographiquement. Huit régions ont connu des épisodes autochtones en 2025, dont trois pour la première fois : la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté. Certains épisodes ont dépassé 80 cas, à Fréjus, Antibes et Bergerac.
Chikungunya, dengue et Zika en France hexagonale : le bilan 2025
| Indicateur 2025 | Chikungunya | Dengue | Zika |
|---|---|---|---|
| Cas autochtones (sans voyage) | 809 | 30 | 0 |
| Épisodes de transmission | 79 | 11 | – |
| Cas importés (retour de voyage) | 2 398 | 2 389 | 18 |
Tableau Actu Alt Plus, d’après le bilan 2025 de Santé publique France (6 mai 2026). Le chikungunya, longtemps maladie du voyageur, se transmet désormais massivement sur le sol métropolitain.
Santé publique France relie cette flambée à l’épidémie qui a frappé l’océan Indien, en particulier La Réunion, et à une souche virale bien adaptée au moustique tigre. Le vecteur était prêt ; il ne manquait que l’étincelle de cas importés en nombre.
Ce que 809 cas veulent dire, et ne veulent pas dire
Ramené à la population, le chiffre demande à être lu avec soin. Rapportés aux 66,8 millions d’habitants de la France métropolitaine au 1er janvier 2026 (Insee), les 809 cas autochtones de chikungunya représentent environ 1,2 cas pour 100 000 habitants. À l’échelle du pays, le risque individuel reste donc faible.
Mais cette moyenne nationale masque des réalités très locales. La taille médiane d’un épisode de chikungunya était de 3 cas, mais le plus gros a atteint 144 cas, avec une durée médiane d’un mois. Autrement dit, le danger ne se joue pas à l’échelle de la France, mais de votre quartier, quand un cas passe inaperçu et que les moustiques prennent le relais.

La maladie mérite qu’on la prenne au sérieux. Le chikungunya provoque une fièvre brutale et des douleurs articulaires parfois invalidantes ; selon le Centre européen de prévention des maladies (ECDC), 30 à 40 % des personnes infectées gardent des douleurs récurrentes en phase chronique, qui peuvent durer des mois.
Ce que ça change pour vous, cet été
Concrètement, vous vivez probablement dans un département colonisé. La bonne nouvelle, c’est que la première ligne de défense ne coûte rien et se joue chez vous. Le moustique tigre pond dans de minuscules réserves d’eau stagnante, et se reproduit dans un rayon très court autour de son gîte.
Le geste utile tient en un mot : vider. Soucoupes sous les pots de fleurs, seaux, arrosoirs, bâches, gouttières encombrées, jouets d’enfants oubliés dans le jardin : tout récipient qui retient l’eau une semaine devient une pouponnière. Un vidage hebdomadaire casse le cycle de ponte plus sûrement que n’importe quel insecticide.
Reste le signalement. En cas de fièvre brutale avec douleurs articulaires, surtout après un séjour en zone à risque, consultez et parlez de vos déplacements : un diagnostic rapide déclenche une enquête et une démoustication ciblée qui peuvent stopper une chaîne de transmission. C’est le même moustique qui a porté les premiers cas autochtones de chikungunya l’an dernier, et qui rôde dans les jardins cet été.
Méthode : implantation par département au 1er janvier 2026 selon Santé publique France, trajectoire reconstituée à partir des cartes officielles successives (ministère de la Santé, 2024) ; bilan des cas issu du bulletin national 2025 de Santé publique France (6 mai 2026) ; dénominateur population métropolitaine 66,8 millions (Insee, données provisoires au 1er janvier 2026). Limites : l’implantation est déclarée au niveau du département, sans dire quelles communes sont concernées à l’intérieur ; les cas autochtones ne comptent que les infections diagnostiquées et signalées, une part des formes bénignes échappe à la surveillance.
Questions courantes
Dans combien de départements le moustique tigre est-il implanté ?
Dans 83 des 96 départements métropolitains au 1er janvier 2026, selon Santé publique France, soit 86 % du territoire. Il ne reste qu’une quinzaine de départements indemnes, surtout dans le nord-ouest.
Le moustique tigre est-il dangereux ?
Il ne l’est que s’il a piqué une personne infectée. Il peut alors transmettre le chikungunya, la dengue ou le Zika. En 2025, 809 cas autochtones de chikungunya ont été recensés en métropole, le plus haut niveau depuis 2006.
Comment limiter sa prolifération chez moi ?
En supprimant chaque semaine toutes les eaux stagnantes : soucoupes, seaux, arrosoirs, gouttières, bâches. Le moustique pond dans le moindre fond d’eau et se déplace très peu, donc l’action de proximité est la plus efficace.
Que faire si je pense avoir été piqué et que je suis malade ?
Consultez en signalant vos éventuels voyages récents. Un diagnostic rapide permet à l’agence régionale de santé de déclencher une enquête et une démoustication ciblée autour des lieux que vous avez fréquentés.
Jusqu’où le moustique tigre peut-il encore s’étendre ?
Les départements du nord-ouest encore épargnés sont menacés à moyen terme : les étés plus chauds repoussent chaque année la limite nord où l’espèce peut survivre et se reproduire.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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