Enclos vide d’un parc zoologique du sud de la France, avec une caisse de transport en bois posée devant la clôture grillagée et des pins parasols en arrière-plan.

Quand un zoo ferme, qui autorise le départ d’un animal et qui vérifie

Le parc de Fréjus transfère quelque 450 animaux depuis le 31 août 2026. Voici la chaîne réelle des autorisations, des registres et des certificats CITES qui commande chaque départ, et pourquoi la liste des destinations reste confidentielle.

Sommaire
  1. Qui décide où part un animal ?
  2. Que doit prouver l’établissement qui accueille ?
  3. Quels papiers suivent l’animal ?
  4. Et pour les espèces les plus protégées ?
  5. Pourquoi la liste des destinations reste-t-elle confidentielle ?
  6. Et les soigneurs, dans tout ça ?

Questions-réponses

Le parc zoologique de Fréjus a fermé au public le dimanche 30 août 2026 à 20 heures et les premiers départs d’animaux ont commencé le lendemain. Quelque 450 pensionnaires doivent rejoindre progressivement des établissements zoologiques de France et d’Europe, sans qu’aucune liste de destinations ait été rendue publique.

On attend des noms de zoos. Ce que la réglementation française met en face, ce sont des pièces administratives, animal par animal. Depuis le 31 août 2026, chacun des quelque 450 animaux du parc zoologique de Fréjus part avec une ligne de registre qui doit nommer sa destination complète, en plus des certificats CITES exigés pour les espèces les plus protégées.

France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur est allée filmer le parc le jour de sa fermeture au public.

Vidéo : Après 55 ans d’existence, le zoo de Fréjus ferme ses portes (France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur)

Qui décide où part un animal ?

L’exploitant propose et l’État encadre. Le parc dit organiser les transferts en lien avec les autorités compétentes et dans le respect des recommandations et des programmes zoologiques concernés, chaque destination étant étudiée selon les besoins de l’espèce, la situation individuelle de l’animal et les capacités d’accueil disponibles.

Aucune fiche officielle consultée ne décrit un formulaire unique d’autorisation de transfert signé par le préfet pour chaque bête. Le contrôle porte ailleurs : sur l’établissement qui reçoit, et sur la trace écrite du mouvement.

Que doit prouver l’établissement qui accueille ?

Deux titres distincts, tous deux préfectoraux. Le certificat de capacité atteste que la personne responsable sait s’occuper des espèces concernées : les services de l’État rappellent qu’il est délivré par le préfet du département du domicile, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites en formation faune sauvage captive, au titre de l’article L. 413-2 du code de l’environnement.

L’autorisation d’ouverture, elle, porte sur l’établissement lui-même et relève aussi du préfet. La même fiche mentionne un délai de deux mois après l’obtention du certificat de capacité pour les établissements de deuxième catégorie, et n’affiche aucun délai pour la première. Nous n’avons trouvé nulle part de délai réglementaire encadrant le replacement lui-même.

Une soigneuse remplit un registre papier sur un porte-bloc, appuyée sur une caisse de transport en bois dans la zone technique d’un parc animalier.
À la sortie, la ligne de registre doit porter l’espèce, le numéro d’identification et la destination complète du destinataire.

Quels papiers suivent l’animal ?

Un registre, d’abord. Le formulaire officiel intitulé registre d’entrée et de sortie des animaux d’espèces non domestiques détenus en captivité (cerfa 15970) renvoie aux articles R. 412-1-1 et R. 413-42 du code de l’environnement et à l’arrêté du 8 octobre 2018.

À la sortie, la ligne doit porter l’espèce, le numéro d’identification du spécimen, la nature de la sortie, la destination complète du destinataire, les autorisations de transport et les certificats CITES le cas échéant. Le parc y ajoute une pièce qui n’a rien d’obligatoire : un dossier remis à chaque établissement d’accueil, détaillant l’état de santé, l’alimentation, le comportement et les habitudes de l’animal.

Mises bout à bout, ces pièces sont au nombre de quatre.

Les pièces qui encadrent la sortie d’un animal d’espèce non domestique en France (sources officielles, 2026)
PièceQui la délivreCe qu’elle couvre
Certificat de capacitéPréfet, après avis de la commission départementaleLa personne responsable des animaux
Autorisation d’ouverturePréfetL’établissement qui détient et présente
Registre d’entrée et de sortie (cerfa 15970)Tenu par le détenteurChaque mouvement, avec la destination complète
Certificat intracommunautaireOrgane de gestion CITES, via i-CITESLa circulation des spécimens vivants d’annexe A

Et pour les espèces les plus protégées ?

Une autorisation préalable s’ajoute. La douane française énonce que seule la circulation des spécimens vivants de l’annexe A la requiert au sein de l’Union européenne : c’est le certificat intracommunautaire, délivré via le service en ligne i-CITES par l’organe de gestion de l’État membre où se trouve le spécimen.

Le détenteur doit aussi pouvoir justifier l’origine licite de l’animal : preuve d’importation régulière dans l’Union, factures d’achat ou autres justificatifs émanant de sociétés établies dans le territoire douanier européen. Pour ces espèces, l’accord ne se prend pas au moment du chargement : il se demande avant.

Pourquoi la liste des destinations reste-t-elle confidentielle ?

Parce qu’elle se négocie au cas par cas et que rien n’impose de la publier. La presse locale relève que la liste détaillée des futurs établissements d’accueil n’a pas été rendue publique, alors que le parc annonce des départs progressifs vers la France et l’Europe.

La destination figure pourtant noir sur blanc dans le registre. Ce document relève de la traçabilité réglementaire, et aucune des fiches officielles consultées ne prévoit sa publication. Le public apprend le terminus après coup, quand l’établissement d’arrivée le dit lui-même.

C’est ce qui s’est produit ailleurs : AAP a suivi trente fauves partis d’Argentine puis huit dauphins de Marineland, deux dossiers où les noms sont sortis au fil des convois.

Série AAP : nous écrivions le 19 août 2026 qu’aucune destination n’était connue pour ces 450 animaux. Deux semaines plus tard, la mécanique est lisible, les noms toujours pas.

Et les soigneurs, dans tout ça ?

Ils passent exactement le papier qu’on exige des établissements d’accueil. Quatre membres de l’équipe de Fréjus constituent leur dossier de certificat de capacité, pour faire reconnaître leurs compétences sur des espèces non domestiques en France comme à l’étranger.

Le parc dit avoir recruté huit collaborateurs supplémentaires et travaillé avec une vétérinaire spécialisée en faune sauvage depuis la reprise de l’exploitation, il y a près de dix-huit mois. Le terrain avait été vendu en 2024 avec une réserve de jouissance de deux ans, et aucun site de relocalisation n’a abouti dans ce délai.

Le parc publie lui-même ces trois repères sur sa page consacrée à l’avenir des animaux : huit collaborateurs recrutés, quatre dossiers de certificat de capacité en cours et près de dix-huit mois écoulés depuis la reprise de l’exploitation. Limite : ce sont des chiffres déclarés par l’exploitant, non vérifiés publiquement, et le certificat de capacité qualifie des soigneurs, il ne se rapporte pas aux 450 animaux transférés.
Le parc publie lui-même ces trois repères sur sa page consacrée à l’avenir des animaux : huit collaborateurs recrutés, quatre dossiers de certificat de capacité en cours et près de dix-huit mois écoulés depuis la reprise de l’exploitation. Limite : ce sont des chiffres déclarés par l’exploitant, non vérifiés publiquement, et le certificat de capacité qualifie des soigneurs, il ne se rapporte pas aux 450 animaux transférés.
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Restent donc quatre dossiers de capacitaires en cours de constitution, dans une équipe dont le parc vient de fermer.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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