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Luján, 70 kilomètres à l’ouest de Buenos Aires, vendredi 14 août 2026 : trente lions et tigres sortent des cages de béton d’un zoo fermé depuis 2020 et montent dans des caisses de transport surdimensionnées. L’ONG autrichienne Four Paws, qui a la charge du site depuis le 1er septembre 2025, les expédie vers deux sanctuaires, l’un en Afrique du Sud, l’autre au nord-est de Denver, dans le Colorado.
La répartition est fixée, rapporte la dépêche de l’Associated Press : neuf tigres et six lions pour Lionsrock, en Afrique du Sud, huit tigres et sept lions pour The Wild Animal Sanctuary, dans le Colorado. Une vingtaine de fauves restent à Luján, faute de place trouvée ailleurs.
Un zoo où l’on payait pour caresser un tigre
Le zoo de Luján a bâti sa réputation sur une pratique interdite presque partout : les visiteurs entraient dans les enclos pour toucher et photographier lions et tigres. Les autorités argentines l’ont fermé en 2020 pour des motifs de sécurité et de bien-être animal.
La population de fauves y a fondu par paliers : environ 200 individus à la fermeture, 112 en 2023, 62 en 2025. Ceux qui restaient portaient les traces de l’entassement, énumérées par l’agence américaine : obésité, fonte musculaire, malnutrition, maladies dentaires, atteintes rénales, séquelles de dégriffage et fractures mal ressoudées.
Four Paws a signé un protocole avec l’État argentin en juillet 2025 et assume la totalité des soins depuis le 1er septembre. Le bilan vétérinaire mené à l’automne a porté sur 32 lions, 30 tigres et deux ours, détaille l’ONG.
Four Paws a filmé cette campagne vétérinaire dans l’ancien zoo.
La vidéo met des images sur la ligne de bilan : 62 grands félins et deux ours anesthésiés un par un à même les enclos de béton, examinés et soignés sur place faute de pouvoir les déplacer. C’est cet inventaire médical, bouclé en moins d’un mois, qui a déterminé quels animaux étaient transportables le 14 août 2026 et lesquels restent à Luján.

15 000 kilomètres par fauve
Le voyage n’a rien d’un vol direct. Les fauves destinés au Colorado transitent par le Chili ; ceux de Lionsrock passent par Francfort ou Amsterdam avant Johannesburg, puis quatre heures de route jusqu’au sanctuaire.
Selon nos calculs, les trente fauves partis de Luján le 14 août 2026 cumulent environ 459 000 kilomètres de vol et de route, soit 15 300 kilomètres par animal, l’équivalent de 78 allers Paris-New York. Nous avons additionné les distances à vol d’oiseau des étapes citées par l’AP, en retenant Francfort pour l’escale européenne.
Les deux itinéraires ne pèsent pas le même poids, et l’écart se voit d’un coup d’œil.

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Le décollage lui-même n’a pas été une formalité. Deux tigres ont dû être endormis puis portés dans des filets de toile jusqu’à leur caisse, quand les autres avaient été entraînés à y entrer d’eux-mêmes.
Aucun ne retournera à la vie sauvage
C’est ce que les images de départ escamotent. « Les grands félins nés en captivité, ou qui ont passé l’essentiel de leur vie en captivité, ne peuvent pas être relâchés dans la nature », écrit noir sur blanc le sanctuaire Lionsrock, 60 hectares et plus de 80 pensionnaires.
Un sanctuaire n’est donc pas une antichambre du retour au sauvage, mais un lieu de fin de vie : contraception systématique, aucun contact avec le public, aucun spectacle. Ces trente animaux y resteront jusqu’à leur mort.
Four Paws présente l’opération comme « l’une des plus grandes relocalisations de grands félins captifs au monde ». La formule vient de l’organisatrice, par la voix de sa directrice de programme Luciana D’Abramo, et aucun registre indépendant des transferts de fauves ne permet aujourd’hui de la vérifier.
La France a le même casse-tête à résoudre, en plus lent. La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale interdit depuis 2023 l’acquisition et la reproduction d’animaux sauvages dans les établissements itinérants, et leur détention à partir du 1er décembre 2028.
Le ministère de la Transition écologique recensait le 2 mai 2025 environ 600 animaux sauvages concernés, dont près de 400 fauves, face à 150 places de refuge financées, dont 60 dédiées aux félins. Rapportées à cet effectif, ces 60 places couvrent 15 % des fauves à recaser, soit une pour six à sept animaux.
Le décompte n’est pas stabilisé : l’association Code Animal en dénombrait 328, chez 59 cirques encore détenteurs, en juin 2025. Dans les deux cas, le pays doit placer en trois ans davantage de fauves que Four Paws n’en a déplacé en une semaine.
Le zoo de Fréjus, qui ferme cet été, a posé la question à échelle française : où vont ses 450 animaux une fois les grilles closes. À Luján, il aura fallu six ans pour y répondre, et vingt fauves attendent encore.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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