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On cherchait le grand carnivore du Miocène sud-américain du côté des mammifères, sauf que les morsures désignent un caïman. Une équipe menée par l’université d’Helsinki identifie Purussaurus neivensis, sept mètres pour 1 800 kilos, comme le principal prédateur de la région de La Venta dans le sud de la Colombie, il y a plus de dix millions d’années : l’étude est parue le 16 août 2026 dans le Journal of Vertebrate Paleontology.
Le point de départ tient en quatre os. Quatre ossements d’herbivores sortis des terres du département de Huila, percés et entaillés par une mâchoire. Aucun squelette de caïman complet n’a été exhumé pour l’occasion : ce sont les os des victimes qui parlent.
Comment on lit un prédateur dans un trou de dent
Les quatre pièces appartiennent à trois espèces de grands herbivores : Pericotoxodon platignathus, un ongulé de la taille d’un rhinocéros, et deux lointains parents des éléphants, Xenastrapotherium kraglievichi et Granastrapotherium snorki. Toutes portent des marques de dents compatibles avec une attaque de crocodilien, détaille le site Sci.News. Une seule garde la signature d’un autre crocodilien, Langstonia huilensis, un chasseur terrestre plus petit.
Ces traces sont les seules preuves directes d’une interaction entre deux espèces disparues, rappelle le communiqué de l’université d’Helsinki. La nuance est méthodologique et elle change tout : un squelette de prédateur dit ce qu’un animal pouvait manger, une morsure dit ce qu’il a mangé. Un crâne large et des dents coniques autorisent une hypothèse de régime ; un os d’astrapothère perforé la transforme en scène datée et située. C’est aussi pour cela que la fréquence des marques compte davantage que leur seule présence : c’est elle qui a orienté les auteurs vers le caïman plutôt que vers un charognard occasionnel.

Sept mètres, mais surtout 1 800 kilos
La longueur annoncée par l’université d’Helsinki, sept mètres, dépasse les 6,1 mètres du crocodile du Nil actuel, la référence que nous prenions en juin. Le chiffre le plus parlant est pourtant l’autre. Nous avons rapporté la masse à la longueur : 1 800 kilos pour sept mètres, soit 257 kilos par mètre de corps.
Série AAP
Nous suivions déjà cette mesure : le 27 juin 2026, AAP donnait 4,6 mètres pour le crocodile qui guettait Lucy, contre 6,1 mètres pour le crocodile du Nil actuel. Aujourd’hui : sept mètres.
Ce crocodile de Hadar pesait 590 kilos pour 4,6 mètres, soit 128 kilos par mètre. Purussaurus n’est donc pas seulement une fois et demie plus long : à longueur égale, il porte deux fois plus de masse. Les deux valeurs restent des estimations tirées de restes partiels, à lire comme des ordres de grandeur.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Le graphique met les deux crocodiliens à la même échelle, et le tableau ci-dessous reprend les mesures et le rapport que nous en tirons.
| Crocodilien fossile | Longueur | Masse | Masse par mètre |
|---|---|---|---|
| Purussaurus neivensis (La Venta, Colombie) | 7 m | 1 800 kg | 257 kg/m |
| Crocodylus lucivenator (Hadar, Éthiopie) | 4,6 m | 590 kg | 128 kg/m |
Ce poids place le prédateur dans la classe de ses propres proies : les herbivores mordus pesaient entre 600 et 1 800 kilos, selon le relevé d’espèces publié par Sci.News. L’animal chassait à sa propre échelle. Et il appartient à la famille des caïmans, celle que l’on observe aujourd’hui dans les eaux d’Amérique du Sud.
Quatre os ne font pas un règne
La limite est dans l’échantillon : quatre ossements marqués, trois espèces de proies. Les auteurs n’en tirent pas un menu complet mais une fréquence. « La fréquence des marques probablement laissées par Purussaurus suggère qu’il était un prédateur important de ces écosystèmes tropicaux », résume Oscar Wilson, de l’université d’Helsinki. Une marque de dent seule ne dit pas si l’animal a tué sa proie ou l’a trouvée morte : c’est le nombre de cas qui fait l’argument.
Le décor fait le reste. Un vaste lac couvrait alors une grande partie du continent, et La Venta abritait paresseux géants, glyptodontes et ongulés en nombre : « il y avait tant de proies disponibles que les prédateurs mammifères n’auraient pas pu tout manger », note le communiqué relayé par ScienceDaily. Les fossiles étudiés couvrent une fenêtre de 10,5 à 16 millions d’années, soit cinq millions et demi d’années de sédiments : la domination des crocodiliens n’a rien d’un instantané.
Pour la paléo-écologie, la leçon dépasse la Colombie. Là où les squelettes de prédateurs manquent, les os mordus suffisent à désigner qui mangeait qui.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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