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Que deviennent vos ovaires après la ménopause ? Ils continuent de se transformer pendant des décennies, montre l’analyse de 28 ovaires de femmes de 50 à 75 ans publiée le 14 octobre 2026 dans la revue Aging Cell. L’étude a été menée aux États-Unis par l’université Northwestern et le Buck Institute for Research on Aging.
Une Française qui atteint 60 ans vit en moyenne jusqu’à 87,9 ans, près de 37 ans après une ménopause survenue en moyenne à 51 ans (Insee 2025, Inserm). Le dossier ménopause de l’Inserm décrit pourtant cette étape comme « l’arrêt du fonctionnement des ovaires ».
Que font les ovaires une fois les ovocytes épuisés ?
Ils changent de programme. Francesca Duncan, professeure associée en sciences de la reproduction à la faculté de médecine de Northwestern, s’attendait à l’inverse. Elle pensait trouver, de 50 à 80 ans, des organes identiques, « sans ovocytes, et en gros non fonctionnels », raconte-t-elle dans le communiqué de l’université.
Sauf que leurs protéines bougent jusqu’à 75 ans. Par spectrométrie de masse, l’équipe a passé en revue 5 812 groupes de protéines, en répartissant les femmes en trois tranches d’âge : la cinquantaine, la soixantaine, 70 ans et plus. Les ovaires avaient été retirés par chirurgie pour diverses raisons, et aucun ne présentait de signe de maladie, précise ScienceAlert.
Dix-sept protéines suffisent à décrire le glissement. Dans la cinquantaine dominent celles qui régulent l’ARN et l’ADN et entretiennent la structure du tissu. Après 70 ans, ce sont celles du métabolisme des graisses, de l’immunité innée et de l’inflammation.
Birgit Schilling, du centre de spectrométrie de masse du Buck Institute, a croisé plusieurs analyses statistiques : « il est apparu clairement, à travers toutes ces méthodes, que l’ovaire n’était pas figé ». Pour Francesca Duncan, l’organe « semble perdre son identité d’origine et finit par faire autre chose ». ScienceAlert y voit un changement de carrière plutôt qu’une retraite.
Ce changement favorise-t-il le cancer de l’ovaire ?
L’étude ne le démontre pas, mais elle relève un indice. Des protéines déjà associées au cancer de l’ovaire sont plus abondantes dans les ovaires vieillissants, avec le signal le plus fort dans la soixantaine. Tous ces organes semblaient pourtant normaux et sans cancer.
« Toutes les femmes ménopausées ne développent pas un cancer de l’ovaire, mais nous savons que cet environnement fibreux et inflammatoire est assurément un environnement où les cellules cancéreuses préfèrent s’installer », explique Francesca Duncan. En France, l’âge médian au diagnostic de ce cancer est de 70 ans, selon l’Institut national du cancer (INCa). Peut-il servir d’alerte ? Personne ne le sait encore.
- Âge moyen de la ménopause en France 51 ans
- Âge médian au diagnostic du cancer de l’ovaire 70 ans
- Femme la plus âgée de l’étude 75 ans
- Âge moyen atteint par une Française de 60 ans 87,9 ans
Et chez nous ?
Combien de Françaises sont touchées par le cancer de l’ovaire ?
L’INCa estime à 5 348 le nombre de nouveaux cas en France en 2023. La maladie donne peu de signes au début : elle est souvent découverte une fois que les cellules cancéreuses ont atteint le péritoine, la membrane qui tapisse l’abdomen. Une prédisposition héréditaire, surtout liée aux gènes BRCA1 et BRCA2, est en cause dans 15 à 20 % des formes de haut grade.
En 2022, ce cancer a tué 8,55 Françaises pour 100 000 (taux standardisé sur l’âge), contre 9,18 dans l’Union européenne et 9,53 en Allemagne, selon Eurostat. L’Espagne, l’Italie et la Suède font mieux.

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Faut-il retirer ses ovaires après la ménopause ?
Ces résultats ne permettent pas de le dire, insistent les chercheurs. « Nous ne savons pas encore s’il existe un moment dans la vie d’une femme où cet organe n’est plus bénéfique et devient en réalité nocif », reconnaît Francesca Duncan. Birgit Schilling rappelle que l’ovaire pèse sur la façon dont on vieillit, car il « parle à tous ces autres organes, comme le cerveau, et aussi aux os ».
L’échantillon reste petit : 28 femmes. Et chaque tranche d’âge réunit des femmes différentes : l’étude compare des ovaires entre eux, sans suivre un même organe au fil des ans.
Francesca Duncan trace deux pistes pour la suite : chercher dans ces protéines de nouveaux biomarqueurs du cancer de l’ovaire, ou traiter l’ovaire vieillissant pour en abaisser le risque.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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