Un grand corail jaune d’or ramifié se dresse sur la pente rocheuse d’un mont sous-marin, entouré d’ophiures, dans le faisceau d’un projecteur.

6 spécimens de corail doré ont suffi à créer une nouvelle famille, baptisée en elfique

Chacun de ses gènes le rangeait dans une famille différente. Les biologistes ont tranché en lui inventant la sienne, avec un nom tiré de Tolkien.

Sommaire
  1. Pourquoi fallait-il une famille entière ?
  2. Pourquoi un nom elfique ?
  3. C’est rare, une nouvelle famille ?
  4. Où vit ce corail ?

En bref

Un corail jaune d’or des grands fonds du Costa Rica a obligé les biologistes à lui créer une famille entière, Laurinqueidae. L’équipe d’Odalisca Breedy, de l’Université du Costa Rica, a décrit cet octocoral, baptisé Laurinque elenya, le 30 juin 2026 dans la revue ZooKeys.

Ses colonies dépassent un mètre de haut pour 1,2 mètre de large, précise l’article de ZooKeys. Elles poussent entre 360 et 529 mètres de profondeur, sur les monts sous-marins Las Gemelas, près de l’île Cocos, et sur un mont de la marge pacifique du pays. Six spécimens ont été remontés par le robot SuBastian, lors de plongées en 2019 et en 2023.

À retenir

  • Un corail doré de plus d’un mètre vit au large du Costa Rica, dans une eau froide presque sans oxygène.
  • Ses gènes le rangeaient chacun dans une famille différente : les chercheurs lui en ont créé une, Laurinqueidae.
  • Son nom vient du quenya, la langue elfique inventée par Tolkien.

Pourquoi ça compte

Une famille regroupe des genres apparentés ; en créer une revient à redessiner une branche de l’arbre du vivant. Le corail Laurinque elenya, décrit dans ZooKeys le 30 juin 2026, est la seule espèce connue de la famille Laurinqueidae, quand une famille d’octocoraux compte en moyenne 44 espèces.

Pourquoi fallait-il une famille entière ?

L’ADN de l’animal brouillait les pistes : chacun des trois gènes analysés pointait vers une famille différente. Le gène mitochondrial mtMutS le classait chez les Incrustatidae, le gène COI chez les Eunicellidae, et le marqueur nucléaire 28S, mal résolu, le rapprochait faiblement d’un troisième groupe.

Son anatomie ne collait pas davantage avec celle de ses voisins. Ses polypes tubulaires sont très allongés. Ses sclérites, les minuscules pièces calcaires qui arment sa chair, forment des bâtonnets et des fuseaux hérissés de tubercules. « J’ai pensé que l’espèce pouvait appartenir à une famille et à des genres connus », raconte Odalisca Breedy, avant de comprendre que c’était « quelque chose de très différent ». L’équipe a alors comparé 153 fragments d’ADN en même temps, par phylogénomique. Verdict : une lignée à part, voisine des Eunicellidae sans en faire partie.

Pourquoi un nom elfique ?

« Laurinquë » signifie « arbre doré » en quenya, la langue elfique de Tolkien, et « elenya » veut dire « stellaire », explique l’éditeur Pensoft. Le second nom salue les champs d’ophiures, ces cousines des étoiles de mer, au milieu desquels se dressent les colonies. « J’ai vu ce jardin d’octocoraux pour la première fois en 2019 et j’ai été impressionnée par la beauté du paysage », se souvient Odalisca Breedy.

C’est rare, une nouvelle famille ?

Moins qu’on ne le croit chez les octocoraux, riches de plus de 3 500 espèces décrites. En 2022, Catherine McFadden, coautrice de l’article de 2026, et ses collègues en ont revu la classification. Leur révision a fait passer le compte de 63 à 79 familles, dont 18 nouvelles, à partir de l’ADN de 185 octocoraux.

La famille Laurinqueidae ne compte qu’une espèce, quand la moyenne du groupe avoisine 44.
La famille Laurinqueidae ne compte qu’une espèce, quand la moyenne du groupe avoisine 44.
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Où vit ce corail ?

Dans une eau entre 8 et 11 °C, au cœur d’une zone que l’article de ZooKeys décrit comme extrêmement pauvre en oxygène. Le jardin doré y forme pourtant un habitat complexe pour la faune des profondeurs. Les chercheurs le rangent pour cette raison parmi les écosystèmes marins vulnérables.

Odalisca Breedy dit avoir aperçu le même corail au Panama et aux îles Galápagos, deux observations que l’article de ZooKeys juge encore à confirmer.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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