Fragments d’os anciens alignés dans des barquettes de laboratoire, avec en arrière-plan les pentes boisées de l’Altaï

Dans la grotte de Denisova, des os en miettes livrent un cousin disparu du yak

Vingt génomes tirés d’os méconnaissables révèlent le « yak X », un bovin disparu de l’Altaï. Dans la région, il représentait près de la moitié des bovins identifiés.

Au fond de la grotte de Denisova dans l’Altaï sibérien, des éclats d’os que personne ne savait nommer ont livré un bovin disparu. Une équipe du Centre de paléogénétique de Stockholm en a tiré vingt génomes anciens étalés sur 200 000 ans, avec l’université de Californie à Santa Cruz et l’université de Vienne. L’animal est un cousin du yak resté inconnu jusqu’ici (étude parue dans Current Biology, octobre 2026). Il n’a laissé ni squelette ni corne.

On croyait la grotte quitte avec les Dénisoviens, ces humains archaïques connus d’abord par leur ADN. Sauf qu’elle récidive avec un ruminant. Les chercheurs le surnomment « yak X », faute de nom latin pour l’instant.

Une espèce reconnue sans un seul squelette

Denisova conserve plus de 15 000 fragments osseux triés au ZooMS, une méthode qui lit le collagène plutôt que la forme. Ce tri donne la famille (bovin) sans dire laquelle des espèces. L’ADN ancien tranche ensuite là où l’œil renonce. Il a déjà rendu leur nom à sept grenouilles de Madagascar conservées en bocaux. Il a aussi désigné les guerres derrière 361 ans de retours de la peste.

En 2025, la même équipe avait analysé 57 fragments de Denisova et 6 os provenant d’autres sites sibériens (Genome Biology and Evolution). Leur mitogénome a révélé une lignée sœur de toute la diversité des yaks actuels. Sur 63 os de bovins de l’Altaï étudiés en 2025, 31 portaient l’ADN du « yak X », soit 49 % de l’échantillon. Le reste se partage entre deux lignées de bisons et l’aurochs, l’ancêtre sauvage des vaches.

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Dans cet échantillon, le yak X arrive donc en tête, devant les deux bisons réunis.

Bovins identifiés par leur ADN mitochondrial dans l’Altaï : le yak X pèse près de la moitié de l’échantillon
LignéeOs identifiésPart de l’échantillon (%)
Yak X (lignée disparue)3149,2
Bison de la lignée X2031,7
Bison des steppes914,3
Aurochs34,8
Total63100

Source : Gilardet et al., Genome Biology and Evolution, 2025 ; parts rapportées au total des 63 os.

Le plus récent des os de yak X datés au radiocarbone a entre 27 350 et 27 080 ans. La lignée a traversé environ 200 000 ans de bascules climatiques, glaciations comprises. Vingt génomes, et pas un seul crâne.

Plus loin d’un yak qu’une vache d’un zébu

Les génomes nucléaires publiés en 2026 précisent la parenté. Le yak X a commencé à diverger des yaks modernes il y a environ 400 000 ans. Les deux groupes ont cessé de se croiser vers 250 000 ans. Il a donc fallu quelque 150 000 ans pour que la séparation soit complète.

« Une comparaison utile pour situer l’origine de cette lignée, c’est la divergence entre l’ours brun et l’ours polaire, estimée elle aussi à environ 400 000 ans. »

Alexandre Gilardet, doctorant au Centre de paléogénétique (Stockholm), coauteur principal

Une autre mesure génétique place le yak X plus loin des yaks sauvages que les bovins sans bosse ne le sont des zébus d’Asie du Sud (Earth.com). Ramené à l’étable, l’écart dépasse celui qui sépare une normande d’un zébu. Les croisements avec les bisons et les aurochs voisins restent négligeables. Les humains de la même grotte, eux, se sont mélangés.

Une lignée qui s’est effacée lentement

Vers 120 000 ans, pendant le dernier interglaciaire, l’équipe détecte un remplacement de population et une perte de diversité génétique (annonce relayée par Phys.org). Le réchauffement de l’époque a pu peser sur un animal adapté au froid. La date et la cause de l’extinction restent inconnues.

« C’est une découverte remarquable : une grande espèce disparue, identifiée à partir de petits os non diagnostiques », résume Love Dalén. Ce professeur de génomique évolutive cosigne l’étude comme auteur senior. Son Centre de paléogénétique réunit l’université de Stockholm et le Muséum suédois d’histoire naturelle. Il rapproche le résultat de la découverte des Dénisoviens. L’Altaï se dessine pour lui comme un possible point chaud de biodiversité, et un refuge au fil des âges glaciaires.

Prochaine étape : confronter ces génomes aux restes de type yak déjà décrits, pour décider si le yak X mérite un nom d’espèce en bonne et due forme.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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