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24 heures à 42 °C : dans ces conditions, une protéase extraite de la courge de Siam fait chuter la réactivité des protéines d’arachide aux anticorps. Deux établissements de Wrocław, en Pologne, signent ce résultat de laboratoire (Food Chemistry, 3 juillet 2026). Aucune application clinique n’en découle à ce stade.
En France, l’allergie alimentaire touche environ 6 % des enfants, et un traitement de désensibilisation à l’arachide est remboursé depuis janvier 2022 chez les 4 à 17 ans. L’Assurance maladie chiffre aussi la part des adultes concernés, plus de 3 %, et détaille le protocole existant. L’enzyme de courge n’entre dans aucun des deux : elle reste au stade de l’éprouvette, et l’éprouvette vient d’en montrer la limite.
Ce que la protéase coupe, et ce qui résiste
L’enzyme est une sérine protéase isolée de Cucurbita ficifolia, la courge de Siam. Son travail consiste à découper les protéines d’arachide en fragments plus courts, pour casser les zones que les anticorps reconnaissent. « En cas d’allergie, les anticorps réagissent avec des fragments protéiques précis appelés épitopes », explique Joanna Bajzert, du département d’immunologie de l’université des sciences de la vie de Wrocław. Les allergies à l’arachide comptent parmi les allergies alimentaires les plus sévères, rappellent les auteurs en ouverture de leur article.
Trois doses d’enzyme ont été testées : 150, 300 et 600 U/mg de protéine. Deux températures, 37 et 42 °C. Quatre durées, de 0 à 24 heures. La réactivité mesurée a dépendu du temps et de la température, mais pas de la dose d’enzyme. La liaison aux anticorps la plus faible a été obtenue à 42 °C après vingt-quatre heures : la température d’un bain un peu trop chaud, tenue une journée entière.
Le test qui a servi à mesurer cette baisse utilisait des anticorps anti-arachide produits chez la poule. Deux méthodes : ELISA compétitive et immunoblot. Passé aux IgE, les anticorps de l’allergie humaine, le tableau change : les petits peptides issus de l’hydrolyse continuent de se lier. Ara h 2 a résisté. Ara h 6 et Ara h 3 aussi. « Nous avons montré que nous pouvons réduire fortement l’immunoréactivité, mais l’hydrolyse seule ne suffit pas à éliminer complètement les propriétés allergènes », résume la même chercheuse dans le communiqué de l’université de médecine de Wrocław du 24 août 2026.
Et chez nous ?
Ce qu’un allergique peut déjà demander à son allergologue
Palforzia, poudre de graines d’Arachis hypogaea, est remboursé en France depuis janvier 2022 pour les 4 à 17 ans, avec poursuite possible après 18 ans. La Haute Autorité de santé a rendu son avis le 15 décembre 2021 : service médical rendu modéré, amélioration jugée mineure. Dans le premier essai, 50,3 % des patients traités ont toléré au moins 1 000 mg de protéine d’arachide avec des symptômes légers, contre 2,4 % sous placebo. Le second essai donne 58,3 % contre 2,3 % (HAS).

Le même avis de la HAS pose la contrepartie : sous traitement, les réactions anaphylactiques sont plus fréquentes qu’en éviction stricte, ce qui impose une surveillance médicale et une adrénaline immédiatement disponible. Le régime d’éviction reste associé au traitement, il ne disparaît pas.
En pratique, la désensibilisation ne s’improvise pas : la poudre s’administre à domicile, mais selon un protocole personnalisé établi par un allergologue, et l’avis de la HAS exige cette surveillance et cette adrénaline à disposition.
Les deux étapes ne mesurent pas la même chose. L’étude de Wrocław chiffre une liaison d’anticorps dans un tube ; un essai clinique chiffre la dose qu’un enfant avale sans réagir, en milligrammes et sous surveillance. Entre les deux, il manque encore tout le travail sur cellules.
| Ce qui est mesuré | Laboratoire (Wrocław, Food Chemistry) | Clinique (Palforzia, avis HAS) |
|---|---|---|
| Critère retenu | Liaison des anticorps, en ELISA compétitive et en immunoblot | Dose de protéine d’arachide tolérée sans réaction |
| Meilleur résultat | Réactivité la plus basse à 42 °C après 24 heures, quelle que soit la dose d’enzyme | 1 000 mg tolérés avec symptômes légers : 50,3 % des traités contre 2,4 % sous placebo, et 58,3 % contre 2,3 % au second essai |
| Ce qui résiste | Les IgE se lient encore à Ara h 2, Ara h 6 et Ara h 3 | Réactions anaphylactiques plus fréquentes que sous éviction stricte |
| Statut | Aucune application clinique à ce stade | Remboursé depuis janvier 2022 chez les 4 à 17 ans |
Ce qui manque avant la moindre application
Les auteurs nomment la prochaine étape : des tests d’activation cellulaire, pour savoir si ces petits peptides déclenchent ou non la dégranulation des cellules impliquées dans la réaction allergique. Ces études fonctionnelles restent à mener. Tant que ces tests n’ont pas eu lieu, le matériel obtenu n’est pas déclaré sûr pour une personne allergique à l’arachide, et les chercheurs l’écrivent eux-mêmes.
La séquence est la même que pour d’autres pistes d’allergologie. AAP relevait le 13 septembre 2026 un test de Malaga qui repère 98 % des vrais allergiques à la pénicilline, et qui attend lui aussi son passage en routine. La même prudence vaut pour ce qui est mesuré ailleurs : un signal chiffré n’est pas encore un usage.
D’ici là, ce qui protège un enfant allergique n’a pas changé : l’éviction des aliments en cause, et une adrénaline à portée de main.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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