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Publié le 28 septembre 2026 · Mis à jour le 28 septembre 2026 à 15h54
Vous envoyez cinquante candidatures et un tiers des formulaires refuse de se laisser lire par votre logiciel de synthèse vocale. C’est ce qu’a vécu « David », l’un des 80 jeunes déficients visuels que Rachel Hewett, de l’université de Birmingham, a suivis pendant onze ans. La chercheuse en a publié le bilan de ce suivi le 24 septembre 2026. Interrogés à 14-16 ans, ils se voyaient enseignants ou psychologues. À 25-27 ans, beaucoup n’avaient jamais touché un salaire.
Ces jeunes réussissaient plutôt bien à l’école, mieux que d’autres élèves à besoins éducatifs particuliers. Leur taux d’emploi reste pourtant durablement bas. Cinquante candidatures, c’est une par semaine pendant un an.
Un formulaire en ligne suffit à fermer la porte
Les tests de recrutement en ligne ne fonctionnent pas avec les lecteurs d’écran. « Les entreprises ne comprennent tout simplement pas », résume David. Les équipes RH ignorent souvent quels aménagements la loi britannique leur impose. Et « Brett » préfère se taire au bureau : « la plupart de mes collègues ne savent pas que je suis malvoyant. » Le blocage arrive donc avant l’entretien, au moment de remplir la candidature.
Certains participants n’ont jamais appris à se déplacer seuls en transports, faute de rééducation au bon moment. D’autres maîtrisent mal leurs logiciels d’assistance en contexte professionnel, alors qu’ils s’en servaient en cours. Le niveau de service dépend du lieu de résidence : l’étude parle de loterie du code postal.
Le dispositif public Access to Work finance les aménagements de poste des salariés handicapés au Royaume-Uni. Son délai d’instruction dépasse aujourd’hui cent jours. Cent jours, pour une cible de 25. Des conseillers de Jobcentre Plus ont même découragé ces jeunes de chercher, leur expliquant qu’un malvoyant ne trouve pas de travail.

Et chez nous ?
Quarante pour cent des Français déficients visuels ont un emploi
En France, 40 % des personnes déficientes visuelles de 16 à 59 ans occupent un emploi, contre 69,4 % pour les 15-64 ans toutes populations confondues au quatrième trimestre 2025. Le premier chiffre vient de l’étude Homère, menée auprès de 1 865 personnes entre février 2021 et juin 2022. Le second sort de la mesure trimestrielle de l’Insee. 29,4 points d’écart.
| Population | Taux d’emploi | Champ et date | Source |
|---|---|---|---|
| Personnes déficientes visuelles | 40 % | 16-59 ans, 1 865 répondants, février 2021-juin 2022 | Étude Homère |
| dont les hommes | 45 % | même enquête | Étude Homère |
| dont les femmes | 36 % | même enquête | Étude Homère |
| Population générale | 69,4 % | 15-64 ans, quatrième trimestre 2025 | Insee |
| Écart | 29,4 points | — | Calcul AAP |
Le détail par sexe est plus net encore : 45 % des hommes déficients visuels sont en emploi, contre 36 % des femmes (chiffres Homère). Les obstacles cités par les répondants français sont ceux de Birmingham : annonces en ligne inaccessibles, logiciels non adaptés, difficulté à postuler. Et 72 % des personnes déficientes visuelles sans activité l’attribuent à leur déficience.
La discrétion de « Brett » a aussi son équivalent français : 26 % des répondants n’ont pas parlé de leur handicap dans leur entreprise, relève la synthèse de l’étude.
Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail s’établissait à 7,9 % au quatrième trimestre 2025 en France. Celui des personnes handicapées, tous handicaps confondus, est descendu à 11,5 % en 2025 selon le tableau de bord de l’Agefiph publié le 2 juillet 2026. Près de 520 000 d’entre elles étaient inscrites au chômage fin décembre 2025.
Ce qui existe déjà, et ce qui coince
Près de 1,8 million de personnes en France ont beaucoup de difficultés à voir ou ne voient pas du tout, et la moitié est en âge de travailler (état des lieux de l’Agefiph, juillet 2023). Les plateformes d’emploi accompagné suivent à la fois le salarié et son employeur dans la durée. Elles ont pris en charge 11 700 personnes handicapées en 2025, soit 15 % de plus qu’un an plus tôt. Sur la même année, 27 900 personnes handicapées ont été maintenues dans leur emploi, 5 % de plus qu’en 2024.
Côté jeunes, la comparaison est directe. Au quatrième trimestre 2025, 12,9 % des 15-29 ans n’étaient ni en emploi ni en formation, en hausse de 0,4 point sur le trimestre. C’est la catégorie que les Britanniques appellent NEET, et qu’une revue officielle commandée par leur gouvernement qualifie de « crise nationale urgente ».
Toutes les trajectoires ne se bloquent pas : en Corrèze et en Bretagne, des accordéonistes malvoyants ont fait leur chemin.
Les jeunes suivis par Rachel Hewett ont aujourd’hui entre 25 et 27 ans. Et cent jours d’attente devant eux, le jour où un employeur dira oui.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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