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Sommaire
Décryptage
Vous baissez votre dose, et trois jours plus tard l’angoisse revient.
Une cohorte suisse de 32 adultes suivis 26 semaines en soins primaires rattache cette vague au sevrage pharmacologique plutôt qu’au retour de la dépression. Les résultats sont parus le 13 août 2026 dans Psychotherapy and Psychosomatics, sous la signature de Michael P. Hengartner et Mark A. Horowitz. En 2024, 3 562 640 personnes en France prenaient un antidépresseur ou un thymorégulateur au long cours sans pathologie psychiatrique repérée, soit 5,3 % des bénéficiaires de l’assurance maladie (Assurance Maladie, cartographie des pathologies, données 2024).
En bref
- 638 670 personnes de plus qu’en 2019 suivaient en France un traitement antidépresseur ou thymorégulateur chronique en 2024, hors pathologie psychiatrique repérée, soit une hausse de 21,8 %.
- Les symptômes dépressifs et anxieux montaient après chaque réduction de dose et refluaient pendant les paliers où la dose ne changeait pas.
- Une fois les symptômes physiques de sevrage pris en compte, la hausse du score de dépression disparaissait entièrement.
- Les réductions limitées à 25 % de la dose thérapeutique minimale s’accompagnaient de hausses nettement atténuées.
- Les lignes directrices belges situent les manifestations de sevrage dans les jours qui suivent l’arrêt, et évoquent une récidive au-delà d’une semaine.
- La cohorte compte 32 personnes et repose sur des questionnaires auto-remplis : l’étude décrit un profil, elle ne fixe pas de protocole.
42 mois de traitement, puis une courbe en vagues
Les 32 participants prenaient leur antidépresseur depuis 42 mois en moyenne (écart-type 47,1 mois) et se trouvaient en rémission stable quand ils ont décidé d’arrêter. L’escitalopram représentait 56,3 % des traitements, devant le citalopram, la sertraline, la duloxétine et la venlafaxine. Chacun a rempli des questionnaires aux semaines 0, 2, 4, 6, 8, 16 et 26, soit 187 mesures par variable. Trois échelles : dépression (PHQ-9), anxiété (GAD-7) et manifestations d’arrêt (DESS, qui compte séparément les signes émotionnels et les signes physiques).
Les variations individuelles des scores de dépression et d’anxiété suivaient d’abord les symptômes affectifs de sevrage, avec une corrélation intra-individuelle d’environ 0,6. Le lien avec les symptômes physiques était plus faible, autour de 0,3. Les auteurs décrivent une évolution périodique : l’intensité monte après chaque réduction de dose, puis retombe pendant que la dose reste la même. 187 mesures, sept rendez-vous.
Les repères qui séparent un sevrage d’une rechute
Les manifestations de sevrage « se produisent habituellement dans les quelques jours après l’arrêt », posent les lignes directrices belges sur l’arrêt progressif des antidépresseurs. Le même texte donne la borne inverse : si les symptômes persistent plus d’une semaine, « il y a lieu de penser plutôt à une récidive de dépression ». Et si la dose précédente est reprise, les manifestations « disparaissent généralement complètement en 1 à 3 jours ».
Les scores montaient après chaque réduction et refluaient pendant les paliers stables, ce qui ajoute un deuxième repère : le calendrier. Mark A. Horowitz, coauteur de l’étude, résume ce profil par une montée brutale juste après une baisse de dose, qui se tasse quand la dose ne bouge plus. Vertiges, maux de tête et sensations de décharge électrique accompagnaient ces creux d’humeur (propos et symptômes rapportés par Medical Xpress).

Les auteurs ont ensuite neutralisé ces symptômes physiques dans leur modèle statistique. La hausse du score de dépression disparaît alors entièrement. Celle du score d’anxiété baisse de 36 %, celle des symptômes affectifs mesurés par l’échelle DESS de 28 %. Autrement dit, la part du creux d’humeur qui restait inexpliquée par le sevrage se réduit à mesure qu’on tient compte du corps.
25 % de la dose minimale, la limite qui change le vécu
Les réductions inférieures ou égales à 25 % de la dose thérapeutique minimale s’accompagnaient de hausses nettement atténuées sur l’ensemble des scores. Au-delà de ce seuil, les hausses étaient majorées, pour la dépression comme pour l’anxiété et pour les manifestations d’arrêt. Dans ces données, la taille du palier pèse donc plus lourd que la simple idée d’aller « doucement ».
Les lignes directrices belges fixent de leur côté une durée plancher : l’arrêt progressif « devrait être d’au moins 2 à 4 semaines ». Elles demandent des paliers rapprochés et plus nombreux chez les personnes à risque. Aucune de ces deux sources ne remplace une ordonnance. Le calendrier se fixe avec le prescripteur, molécule par molécule, et une baisse improvisée est ce qui expose le plus aux pics décrits ici.

Et chez nous ?
638 670 personnes de plus qu’en 2019 en France
En France, le nombre de personnes sous traitement antidépresseur ou thymorégulateur chronique hors pathologie psychiatrique repérée est resté quasi plat entre 2015 et 2019, autour de 2,92 millions. Il grimpe ensuite chaque année : 2 996 880 en 2020, 3 189 120 en 2021, 3 415 760 en 2023, 3 562 640 en 2024 (Assurance Maladie, cartographie des pathologies). Cela fait 638 670 personnes de plus en cinq ans, une hausse de 21,8 %.

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Le virage se situe en 2020 : la courbe, immobile depuis 2015, gagne 72 910 personnes cette seule année-là. Le détail annuel remet les effectifs en regard de la part des bénéficiaires couverts.
| Année | Personnes concernées | Part des bénéficiaires |
|---|---|---|
| 2015 | 2 918 210 | 4,54 % |
| 2016 | 2 925 020 | 4,52 % |
| 2017 | 2 922 620 | 4,50 % |
| 2018 | 2 926 850 | 4,48 % |
| 2019 | 2 923 970 | 4,44 % |
| 2020 | 2 996 880 | 4,54 % |
| 2021 | 3 189 120 | 4,65 % |
| 2022 | 3 312 040 | 4,81 % |
| 2023 | 3 415 760 | 5,07 % |
| 2024 | 3 562 640 | 5,27 % |
Le champ retenu exclut les personnes chez qui un diagnostic psychiatrique a été repéré sur les cinq années précédentes. Ces 3,56 millions de personnes sont donc, pour l’essentiel, suivies en médecine de ville. C’est un profil proche de celui de la cohorte suisse, et la population qui pose le plus souvent la question de l’arrêt.
La prescription de traitements antidépresseurs ou régulateurs de l’humeur a augmenté de 61 % chez les moins de 14 ans entre 2015 et 2022. En 2023, 936 000 jeunes de 12 à 25 ans ont été remboursés d’au moins un psychotrope, soit 18 % de plus qu’en 2019 (rapport du Sénat du 25 juin 2025). La pente est plus raide chez les jeunes que dans la population générale.
Ce que 32 patients autorisent à dire
Aucune confirmation clinique indépendante. Les scores viennent de questionnaires remplis par les participants eux-mêmes et la cohorte compte 32 personnes. L’arrêt s’est déroulé en conditions réelles, sans tirage au sort, et huit semaines séparent les deux dernières mesures. Le lien observé reste une association, à l’échelle d’un petit effectif suisse.
Les auteurs concluent que les symptômes affectifs apparus pendant la diminution indiquent des réactions de sevrage plutôt qu’une rechute. Le renseignement utile est là : un creux d’humeur qui suit une baisse de dose et s’accompagne de vertiges ne suffit pas à conclure qu’il faut reprendre le traitement pour des années.
Sur 8 696 IRM comparées, les écarts attribués aux antidépresseurs s’effaçaient déjà une fois la sévérité de la dépression prise en compte. En matière de cerveau, ce qui est mesuré et ce qui se raconte ne coïncident pas toujours.
Le calendrier des baisses se fixe avec le prescripteur, dose par dose, et se réécrit à la première vague.
Questions courantes
Combien de temps durent les symptômes de sevrage après une baisse de dose ?
Les lignes directrices belges situent leur apparition dans les jours qui suivent la baisse ou l’arrêt, et indiquent qu’ils disparaissent généralement complètement en 1 à 3 jours si la dose précédente est reprise. Au-delà d’une semaine de symptômes persistants, l’hypothèse d’une récidive dépressive redevient la plus probable.
Le type d’antidépresseur change-t-il quelque chose ?
Dans cette cohorte, l’escitalopram concernait 56,3 % des participants, aux côtés du citalopram, de la sertraline, de la duloxétine, de la venlafaxine, de l’agomélatine, du bupropion, de la mirtazapine, de la trazodone et de la vortioxétine. L’effectif est trop petit pour comparer molécule par molécule.
Que faire si les symptômes reviennent à chaque palier ?
C’est exactement la situation que l’étude documente, et elle relève du prescripteur : ces données décrivent un profil de sevrage, elles ne fixent aucune posologie. Un allongement des paliers ou une réduction plus petite se discute en consultation, pas seul devant la boîte.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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