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Vous avez un processeur quantique à la verticale de votre toit. Il appartient à l’équipe de Philip Walther, à l’Université de Vienne, et il tourne depuis le 23 juin 2025. Deux photons ont interféré dans un processeur photonique à 510 kilomètres d’altitude, avec une visibilité de 0,908 pour une limite classique de 0,5 (préprint arXiv, 21 septembre 2026). C’est la première fois que de la lumière quantique sert de ressource de calcul ailleurs qu’au sol, écrivent les auteurs dans leur texte déposé.
Deux photons qui refusent de se séparer
Concrètement, le dispositif fait circuler de la lumière dans un labyrinthe gravé. Un cristal de ppKTP éclairé à 810 nanomètres produit les photons par paires. Ils entrent ensuite dans un circuit intégré à six modes, c’est-à-dire six chemins possibles, dont les croisements se reprogramment en vol. Deux détecteurs comptent les coïncidences en sortie.
L’effet recherché porte un nom, Hong-Ou-Mandel, et une condition. Si les deux photons sont rigoureusement indiscernables, ils sortent toujours ensemble du même côté d’un croisement. Les coïncidences s’effondrent alors bien en dessous de ce que la physique classique autorise. Sans cette interférence, un circuit optique reste un jeu de miroirs.

La visibilité mesurée en orbite vaut 0,908, à 0,191 près. La fourchette est large, et le préprint la traite pour ce qu’elle est : le résultat se tient 2,14 écarts-types au-dessus de la borne classique de 0,5. En prenant le bord défavorable de l’intervalle, on reste à 0,717. Le seuil est franchi, sans confort.
Le chiffre agrège trois journées d’exploitation, espacées sur 239 jours en orbite, avec 60 secondes d’intégration par point de mesure. Le premier essai est intervenu 23 jours après le lancement, à bord du satellite ION SCV Passionate Paula de la mission Skytrail, opérée par D-Orbit. Passionate Paula tourne depuis 15 mois.
Pourquoi l’orbite basse est hostile aux photons
Garder deux photons jumeaux est plus difficile que de les fabriquer. L’indiscernabilité s’obtient en réglant la température du cristal autour de 32,5 °C, à 0,1 kelvin près. Or la charge utile passe du plein soleil à l’ombre de la Terre toutes les 90 minutes environ, et le cyclage thermique ne s’arrête jamais. À 510 kilomètres et 97,5 degrés d’inclinaison, elle traverse en plus les électrons et les protons piégés dans les ceintures de radiation.
Le tout tient dans un cadre de 15 sur 15 sur 45,3 centimètres, pour 9,8 kilos et 10 watts de consommation moyenne, soit un chargeur de téléphone. Les auteurs partent précisément de cette contrainte : les missions satellites dépendent de plus en plus d’un calcul embarqué, sous des limites strictes de taille, de masse et de puissance.
« Notre appareil devait tenir dans la taille d’une boîte à chaussures, être très économe en énergie et résister aux chocs thermiques et mécaniques », expliquait la chercheuse Iris Agresti dans le communiqué de l’Université de Vienne, en juin 2025.
Ce que ça changerait pour les satellites
Deux usages sont avancés. Le premier est le traitement des données d’observation de la Terre directement à bord : l’interférence de photons peut enrichir les modèles d’apprentissage automatique à ressources matérielles constantes. Le second est le rôle de nœud dans un réseau quantique distribué, aux côtés des liaisons satellite-sol déjà démontrées pour la communication sécurisée. Les auteurs y voient une architecture à couverture globale et à faible latence.
« Cette collaboration place l’Europe à l’avant-garde du calcul quantique pour les missions spatiales », déclarait Philip Walther au lancement.
Six modes et deux photons ne résolvent aucun problème que votre téléphone ne règle pas. Le préprint n’a pas été relu par les pairs, et la revendication d’une première opération de ce type en orbite appartient pour l’instant à ses auteurs. Le quantique au sol travaille à d’autres ordres de grandeur.
Série AAP
AAP racontait le 18 septembre 2026 un processeur supraconducteur de 121 qubits qui mobilisait 21 qubits et 239 portes logiques pour redémontrer que les diagonales d’un carré se croisent à angle droit. Six modes et deux photons jouent dans une autre catégorie.
Passionate Paula emporte deux autres charges utiles de démonstration, et repasse dans l’ombre de la Terre toutes les 90 minutes.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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