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Sommaire
Récit
Le dauphin choisit sa carangue et la poursuit jusqu’à ce qu’elle vomisse. Puis il avale ce qu’elle vient de recracher. La scène se joue sur les récifs peu profonds de Lady Elliot Island, au sud de la Grande Barrière de corail australienne. Son héros est un mâle que les plongeurs surnomment Bubbles.
Entre juin 2021 et octobre 2025, un grand dauphin de la Grande Barrière a été filmé vingt fois en train de harceler des carangues, dont onze fois jusqu’au repas régurgité, selon Ecology and Evolution du 13 septembre 2026. L’animal est un grand dauphin commun, Tursiops truncatus. Le travail est signé Romney Edwards-Francis et Asia Haines, de l’université de la Sunshine Coast, qui y voient un cas de kleptoparasitisme inédit chez un cétacé.
En bref
- Un grand dauphin mâle isole une carangue de son banc, la poursuit et récupère ce qu’elle régurgite.
- Vingt épisodes filmés à Lady Elliot Island entre juin 2021 et octobre 2025, onze suivis d’un repas.
- Jusqu’à dix séquences en une demi-heure, toujours en solitaire.
- Première description détaillée du kleptoparasitisme chez un cétacé, selon l’université de la Sunshine Coast.
Un poisson isolé, poursuivi jusqu’à la nausée
Le manège commence par un balayage. Bubbles longe le banc de carangues en écholocation, fixe son choix sur un individu et le sépare des autres. La poursuite s’accompagne de clics répétés et de sons de basse fréquence, que les auteurs soupçonnent de faire monter le stress du poisson jusqu’à lui faire lâcher son dernier repas. L’écholocation servirait aussi à repérer les ventres pleins. Bubbles chasse seul.

Le rythme est soutenu : jusqu’à dix séquences en trente minutes. « Les grands dauphins chassent plutôt en groupe, or Bubbles a toujours été observé seul », relève Romney Edwards-Francis. « Cette tactique spécialisée demande peut-être moins d’énergie que de poursuivre directement des proies rapides. »
Le kleptoparasitisme, ou l’art de faire les poches
Voler la nourriture déjà capturée par un autre animal porte un nom : le kleptoparasitisme. Chez les cétacés, personne ne l’avait décrit en détail avant Bubbles, indique l’université de la Sunshine Coast. Toute la subtilité tient à ce que le dauphin ne s’en prend pas à la carangue elle-même : c’est un pickpocket à écholocation, qui repart avec le contenu de l’estomac et laisse le propriétaire sur place. Onze repas pour vingt tentatives, la méthode paie un peu plus d’une fois sur deux.
Trouvaille d’un seul ou recette qui circule ?
« Nous l’avons vu répéter ce comportement sur plusieurs années, ce qui suggère qu’il a peut-être appris à viser les poissons au ventre le plus plein », avance Asia Haines. Apprendre, soit. Mais tout seul, ou en copiant un congénère ? Le jour où un autre dauphin sera surpris en train d’en faire autant, on saura si l’on tient l’habitude d’un individu ou une stratégie partagée. Les auteurs rappellent qu’un geste de quelques secondes, à plusieurs mètres sous la surface, peut passer inaperçu pendant des années.
Jason Bruck, de la Stephen F. Austin State University, juge les observations convaincantes et refuse d’aller plus loin sur la question de l’intention : « on ne peut pas encore dire que le dauphin poursuit le poisson parce qu’il s’attend à ce qu’il régurgite ».
Le catalogue des ruses s’allonge
Les eaux australiennes en fournissent régulièrement une page. Des baleines à bosse australiennes mangent en pleine migration alors qu’on les croyait à jeun, et des orques ont été vues appliquer une technique de percussion au poisson-lune. Reste la morale, que la coautrice formule elle-même : « Cette image des dauphins comme les “gentils de la mer” tient surtout à l’anthropomorphisme, et peut-être au fait qu’ils ont l’air de sourire. »
Questions courantes
La carangue survit-elle à la poursuite ?
Oui. Dans les épisodes décrits, le poisson repart en nageant une fois son estomac vidé. Le dauphin s’intéresse au contenu, pas au porteur.
Quel poisson Bubbles vise-t-il ?
La carangue à gros yeux, Caranx sexfasciatus, un poisson de récif qui se déplace en bancs serrés. Aucune autre espèce n’a été visée dans les interactions rapportées.
Où se trouve Lady Elliot Island ?
À l’extrémité sud de la Grande Barrière de corail, au large de la côte australienne. Les observations ont été faites sous l’eau, au fil de plongées, et enregistrées en vidéo.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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