![]()
Le chiffre
Publié le 28 août 2026 · Mis à jour le 29 août 2026 à 13h34
On enseigne que la baleine à bosse jeûne pendant sa migration, sauf que des vidéos d’amateurs la montrent en train de manger en route. Entre 2013 et 2024, 199 scènes de nourrissage validées sur les réseaux sociaux ont totalisé 1 417 baleines à bosse au large de l’est de l’Australie, selon l’étude publiée le 26 août 2026 dans Marine Mammal Science.
Le travail est signé Sarah McCulloch et Jan-Olaf Meynecke, de l’université Griffith. Couvrir des milliers de kilomètres de côte en bateau coûtait trop cher : l’équipe a pris ses données là où elles existaient, les posts publics de compagnies d’observation, de pilotes de drone et de passionnés, sur Facebook et Instagram, racontent les auteurs.
1 417baleines à bosse dénombrées en train de se nourrir, au fil de 199 scènes validées sur la côte est australienne (2013-2024)
Le chiffre mérite d’être lu pour ce qu’il est : ni un nombre de vidéos, ni un registre d’animaux identifiés un par un, mais une estimation d’individus comptés scène par scène. Selon nos calculs, chaque scène retenue réunit 7,1 baleines en moyenne. Le casse-croûte migratoire n’a donc rien d’un geste solitaire.
Ce qui a été accepté comme preuve
Un joli cliché ne suffisait pas. Seuls les posts portant une preuve visuelle nette ont été retenus : gueule ouverte, plongée à travers la colonne d’eau avec les sillons ventraux dilatés, filet de bulles, ou remontée directe au milieu d’un banc de poissons-appâts. C’est ce filtre qui sépare un jeu de données d’un album de vacances.
L’hypothèse qu’il bouscule repose sur un tout autre matériau. La baleine à bosse est décrite de longue date comme un « capital breeder » : elle se gave de krill en Antarctique l’été, puis vit sur ses réserves pendant la migration et la reproduction. Les registres de chasse et d’échouage confortaient l’idée : la grande majorité des animaux capturés en migration dans les eaux australiennes avaient l’estomac vide.
Scènes validées 199
Baleines dénombrées 1 417
Par scène 7,1
Douze années de posts publics (2013-2024) filtrés sur la preuve visuelle du nourrissage. La moyenne de 7,1 est notre division de 1 417 par 199 : elle décrit les scènes retenues, pas une population, l’étude parlant d’individus estimés.
Trois secteurs concentrent les repas
Le sud de la Nouvelle-Galles du Sud, autour d’Eden, Merimbula et Bermagui, pèse 45 % des scènes validées, devant la Tasmanie orientale et méridionale (28 %) et la côte du Victoria (12 %). Soit 91, 56 et 24 observations, environ 85 % du total, détaille le communiqué de l’université Griffith, qui présente ce corpus comme le jeu de données le plus étendu à ce jour sur le sujet.

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
Ces points chauds coïncident avec les remontées d’eau riches en nutriments du courant est-australien, qui concentrent krill et poissons-appâts quelques semaines par an. Le détail tient dans le tableau.
| Zone | Scènes validées | Part |
|---|---|---|
| Sud de la Nouvelle-Galles du Sud | 91 | 45 % |
| Tasmanie orientale et méridionale | 56 | 28 % |
| Côte du Victoria | 24 | 12 % |
| Autres secteurs | 28 | 14 % |
| Total | 199 | 100 % |
Le calendrier compte autant que la carte. Les observations grimpent entre août et octobre, pendant la migration vers le sud, quand les réserves énergétiques des animaux sont au plus bas. En Tasmanie et dans les eaux victoriennes, le nourrissage a été observé « presque tous les mois de l’année, y compris l’été, quand on attend les baleines en Antarctique », relève Sarah McCulloch.
Seize fois, l’équipe a validé des « super-groupes » de 20 à plus de 150 animaux mangeant au même endroit, dont un rassemblement d’environ 150 baleines près de Bermagui.

Série AAP
Nous suivions déjà ce chiffre : le 8 juillet 2026, AAP mesurait le retour de 2 000 à 35 000 baleines à bosse au large du Brésil. Aujourd’hui, c’est leur manière de se nourrir en chemin qui change de statut.
La suite est un problème de cohabitation. Ces couloirs ne sont pas des autoroutes mais des habitats, et ils recoupent la pêche commerciale, les rails de navigation et les projets énergétiques en mer : empêtrement dans les engins, collisions, dérangement acoustique. L’étude plaide pour des mesures saisonnières et mobiles, vitesse réduite des navires et règles de pêche adaptées, puisque ces zones ne s’activent que quelques semaines par an.
La méthode, elle, est exportable. En France, la plateforme collaborative OBSenMER collecte déjà les observations de faune marine saisies en mer par des plaisanciers, des professionnels et des naturalistes.
Les auteurs signalent une autre pression sur une population en expansion : la variabilité croissante des stocks de krill en Antarctique.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés - 3
Steam Frame, 72 heures pour acheter après le tirage au sort - 4
Nouveau félin : le tilcayo, premier chat décrit depuis un siècle - 5
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre
Nos dossiers
- France395
- Science272
- Culture193
- Consommation173
- Patrimoine165
- IA162
- Santé publique161
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

