
Le chiffre
Publié le 8 juillet 2026 · Mis à jour le 10 juillet 2026 à 17h49
Une baleine à bosse jaillit hors de l’eau devant la baie de Guanabara, à quelques encablures des plages de Rio de Janeiro. La scène, presque impensable il y a quarante ans, se multiplie cet hiver austral : la population de baleines à bosse de l’Atlantique Sud, celle qui se reproduit au large du Brésil, est passée d’environ 2 000 à environ 35 000 individus, tout près de son niveau d’avant la chasse commerciale.
35 000baleines à bosse
C’est l’estimation avancée par Enrico Marcovaldi, cofondateur du Humpback Whale Project, pour ce stock reproducteur qui longe chaque année les côtes brésiliennes. Un effectif multiplié par plus de dix-sept en une quarantaine d’années, au point que les cétacés réapparaissent dans la baie carte postale de la ville.
Un moratoire qui a fini par payer
Le tournant remonte à 1982. Cette année-là, la Commission baleinière internationale décide une pause de la chasse commerciale, applicable à partir de la saison 1985/1986. Décimée pendant des décennies, l’espèce disposait enfin d’un répit. Quarante ans plus tard, le résultat se lit dans l’eau : des groupes entiers remontent le long du littoral, sous les yeux des habitants.

Longtemps, la baleine à bosse a figuré parmi les grandes victimes de la chasse du XXe siècle, traquée pour son huile et sa graisse. Que ce stock frôle aujourd’hui son abondance d’origine tient de l’exception, dans un océan où tant d’espèces reculent. « C’est merveilleux. Cela montre que les baleines se rétablissent, qu’elles sont en bonne santé et prospèrent », se réjouit Enrico Marcovaldi. Nous avions déjà suivi une de ces géantes, du Brésil vers l’Australie, sur plus de 15 000 kilomètres.
4 000 kilomètres jusqu’aux eaux chaudes
Entre juin et novembre, des milliers de baleines à bosse traversent les eaux brésiliennes. Elles parcourent environ 4 000 kilomètres depuis leurs zones d’alimentation de l’océan Austral jusqu’aux aires de reproduction du nord-est du Brésil. La plupart se rassemblent autour du banc des Abrolhos, un récif corallien parmi les plus riches de l’Atlantique Sud.

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Deux repères suffisent à mesurer le chemin parcouru : environ 2 000 individus dans les années 1980, environ 35 000 aujourd’hui, soit un niveau proche de celui d’avant la chasse industrielle.
Années 1980 ~2 000
2026 ~35 000
Unité : individus du stock reproducteur de l’Atlantique Sud-Ouest, au large du Brésil. Période : environ 40 ans. Limite : estimation d’ordre de grandeur citée par le Humpback Whale Project, et non un recensement exhaustif.
Une manne pour l’observation
Ce retour nourrit une petite économie. À Rio, des structures comme le Rio Ocean Club proposent désormais des sorties en voilier pour cinq à dix personnes, un biologiste toujours à bord. « Ces animaux sont si emblématiques qu’ils ont le pouvoir de transformer les gens », résume Louise Raulais, qui organise ces excursions. En France, l’observation des cétacés existe aussi, en Méditerranée notamment, sans qu’un chiffre national ouvert ne permette la comparaison. Reste un principe partout valable : approcher ces géantes suppose des règles, et parfois des embarcations plus sobres, comme ce bateau d’observation zéro émission.

Reste à comprendre ce qui se joue vraiment sous la surface. Une expédition scientifique, programmée du 26 juin au 9 juillet, étudie le comportement, la taille et la santé des animaux, et cherche à cartographier leurs routes. La bonne nouvelle est chiffrée ; la suite, elle, s’écrit encore au large.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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