Allée de baies informatiques éclairées par des voyants dans un centre de données, une personne de dos marche entre les rangées.

Nvidia s’offrirait Hugging Face pour 12,9 milliards : ce qu’il achèterait vraiment

The Information rapporte un accord à 12,9 milliards de dollars que ni Nvidia ni Hugging Face n’a confirmé. Le prix vaut 86 fois les revenus annualisés de la plateforme : de quoi comprendre ce qui serait vraiment acheté.

Sommaire
  1. Le fait
  2. Notre regard
  3. La nuance
  4. À surveiller

Mise en perspective

Nvidia aurait accepté de racheter Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. Le montant vient de The Information et a été repris le 26 août 2026 par Reuters et par TechCrunch, sans que ni le fabricant de puces ni la plateforme ne réponde aux demandes de commentaire. Concrètement, le dépôt public où sont déposés les modèles d’IA que vous téléchargez passerait sous le contrôle de l’entreprise qui vend les puces pour les faire tourner.

Hugging Face a été fondée en 2016 par Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf. La plateforme héberge plus de deux millions de modèles et plus de 500 000 jeux de données, ce qui lui vaut le surnom de « GitHub de l’IA ». Au 27 août 2026, les 12,9 milliards de dollars rapportés pour Hugging Face représentent 86 fois les 150 millions de dollars de revenus annualisés de la plateforme, fondée par trois Français et domiciliée à New York, selon nos calculs.

Son patron disait autre chose il y a trois jours. Au podcast Equity de TechCrunch, Clément Delangue décrivait une société « proche de la rentabilité » et rappelait construire « une plateforme pour la communauté », qui « nous fait confiance en partageant ses données et ses modèles », d’où « une responsabilité de long terme envers elle », selon le compte rendu de TechCrunch.

Le fait

Le montant de 12,9 milliards de dollars vient de The Information, qui cite une personne au fait du dossier. La dépêche Reuters du 26 août 2026 précise que ni Nvidia ni Hugging Face, dont le siège est à New York, n’a répondu à ses sollicitations en dehors des heures ouvrées. Le récit de TechCrunch fait le même constat : les deux entreprises ont été contactées, aucune n’a répondu.

Le fil est parti deux jours plus tôt. Business Insider rapportait des approches valorisant Hugging Face 13 milliards de dollars ou plus, information reprise le 24 août 2026. Le même Business Insider précisait que ces discussions n’avaient pas encore produit d’accord signé et pouvaient encore échouer.

Deux repères situent le montant. Hugging Face avait levé 235 millions de dollars en 2023 sur une valorisation de 4,5 milliards, un tour auquel participait déjà Nvidia aux côtés de Salesforce et de Google. En janvier, le Financial Times rapportait que la société avait refusé un investissement de 500 millions de dollars de Nvidia qui la valorisait 7 milliards : sept mois plus tard, le montant discuté est supérieur de 5,9 milliards.

Le mobile prêté à Nvidia tient en deux points, tous deux rapportés par TechCrunch. L’opération protégerait sa position sur les puces d’IA au moment où les grands groupes technologiques développent leurs propres composants. Elle lui rendrait aussi un pied dans l’informatique en nuage, puisque Hugging Face fait déjà tourner des modèles loués sur sa propre infrastructure.

Trois jours, trois formulations qui ne disent pas la même chose. Le tableau ci-dessous remet chaque montant en face de celui qui l’énonce.

Ce qui a été rapporté sur le rachat de Hugging Face, et par qui (sources : TechCrunch et Reuters, 24 au 27 août 2026).
DateMontantCe qui est rapportéQui le rapporte
24 août 202613 milliards de dollars ou plusDes approches pour racheter la société, sans accord signéBusiness Insider, repris par TechCrunch
26 août 202612,9 milliards de dollarsUn accord de rachat, selon une personne au fait du dossierThe Information, repris par Reuters et TechCrunch
27 août 2026AucunAucun communiqué sur l’opérationSalles de presse de Nvidia et de Hugging Face
Une agente d’une administration française travaille devant deux écrans affichant un graphe de réseau, fenêtre ouverte sur une façade parisienne.
La CNIL reconstruit chaque semaine son outil de traçabilité des modèles ouverts à partir des données publiques de Hugging Face.

Notre regard

Deux lectures s’affrontent et les deux tiennent. La première voit une réussite entrepreneuriale française : une société lancée en 2016 par trois ingénieurs français, valorisée près de trois fois plus qu’en 2023, sur un marché tenu par des acteurs américains et chinois.

La seconde regarde ce qui changerait de mains. Hugging Face n’est pas un éditeur de logiciels parmi d’autres : c’est l’endroit où sont déposés les modèles ouverts que tout le monde télécharge, chercheurs et administrations compris.

Le surnom de « GitHub de l’IA » décrit un usage précis : comme GitHub pour le code, c’est là qu’on va chercher un modèle, sa version, sa licence et ce dont il dérive. Nous avions déjà raconté ce qui s’y joue, jusqu’à un agent d’IA intrus resté quatre jours et demi dans ses serveurs.

La dépendance française, elle, se mesure déjà. Le 26 août 2026, la CNIL a mis à jour son outil de traçabilité des modèles publiés en source ouverte, dont la base est reconstruite chaque semaine à partir des données publiques de Hugging Face. Un régulateur français documente donc l’IA ouverte avec les données d’une plateforme dont le propriétaire pourrait changer.

Le prix, lui, a bougé vite en sept mois.

Entre l’investissement refusé en janvier et le prix rapporté en août, l’écart atteint 5,9 milliards de dollars, soit 84 % de plus en sept mois. Les deux montants sont des chiffres de presse, non confirmés par Nvidia ni par Hugging Face.
Entre l’investissement refusé en janvier et le prix rapporté en août, l’écart atteint 5,9 milliards de dollars, soit 84 % de plus en sept mois. Les deux montants sont des chiffres de presse, non confirmés par Nvidia ni par Hugging Face.
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Rapporté à ce que la plateforme encaisse, le montant d’août en vaut 86 fois le total annuel. Il paie une position dans la chaîne de l’IA ouverte bien plus qu’un chiffre d’affaires.

La nuance

Rien n’est signé, et c’est la première chose à retenir. La salle de presse de Nvidia a publié le 26 août 2026 ses résultats trimestriels et un accord d’infrastructure avec AWS, et rien sur Hugging Face. Le blog de la plateforme n’en dit pas un mot non plus.

« Sortie française » est ensuite une qualification à manier. Les trois fondateurs sont français, mais la société est domiciliée à New York et compte Nvidia, Salesforce et Google parmi ses investisseurs depuis 2023. Le produit d’une vente irait à ces actionnaires.

Enfin, les deux montants qui circulent ne recouvrent pas le même objet. Les 13 milliards de dollars de Business Insider désignent une valorisation évoquée lors d’approches ; les 12,9 milliards de The Information désignent un accord. Les confondre transforme une rumeur de marché en transaction.

Série AAP

Nous suivions déjà ce dossier : le 27 juillet 2026, AAP recensait 25 entreprises signataires d’une lettre en faveur des modèles ouverts, dont deux fleurons français, Mistral et Hugging Face. Un mois plus tard, l’un des deux signataires serait racheté par un fabricant de puces.

À surveiller

La première chose à surveiller est un communiqué. Tant que ni Nvidia ni Hugging Face n’a publié d’annonce, l’opération reste un rapport de presse, et Business Insider écrivait qu’elle pouvait encore capoter.

La deuxième est ce qui resterait téléchargeable gratuitement. Un propriétaire peut modifier les conditions d’utilisation d’une plateforme, ses quotas de téléchargement ou l’hébergement des fichiers, sans toucher aux licences des modèles eux-mêmes, qui restent celles choisies par leurs auteurs.

La troisième est le calendrier des autorités de concurrence, qu’une opération de cette taille ne contourne pas. Pour Nvidia, la somme reste modeste : 12,9 milliards de dollars représentent 13,4 % des 96,2 milliards de chiffre d’affaires du trimestre clos le 26 juillet 2026, soit un peu plus de douze jours de recettes. Le même jour, le groupe annonçait une croissance attendue de 70 % pour son prochain exercice et 18 milliards de dollars d’investissements en capital déjà engagés.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Hugo » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Tech, IA & Futur : ce que la technologie et l’IA changent concrètement, à hauteur d’usage plutôt que de promesse.

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