Statue de pierre assyrienne très endommagée, sans tête ni bras, posée sur un socle bas dans une salle de musée.

Une statue sans tête, une tablette : trois rois d’Assyrie absents de la liste royale

Trois souverains assyriens ne figurent sur aucune Liste royale. Une étude parue en 2026 reconstitue leurs règnes objet par objet : une tablette du British Museum, une stèle au nom regravé, une statue décapitée trouvée à Assur.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une éclipse, un oncle, une tablette du British Museum
  3. Un nom regravé, une statue sans tête
  4. Une liste, ou un tri ?
  5. Questions courantes

Récit

À Assur, dans le nord de l’actuel Irak, une statue de roi a perdu sa tête, ses bras et jusqu’aux insignes qui disaient son pouvoir. Deux assyriologues, Alexander Johannes Edmonds et Eckart Frahm, proposent d’y reconnaître un souverain que la Liste royale assyrienne n’enregistre nulle part : leur étude « Three New Kings of Assyria », parue dans le Journal of Cuneiform Studies (volume 78, 2026) et relayée le 25 août 2026 par ScienceDaily, avance trois rois absents du registre officiel.

Ce que l’étude établit et ce qu’elle propose ne se confondent pas. Les objets sont là, les textes aussi ; l’ajout de trois règnes reste une hypothèse, sur un terrain où la chronologie assyrienne se discute depuis un siècle. Les deux chercheurs l’assument dans une formule que l’éditeur reprenait dès juillet : l’histoire politique néo-assyrienne ancienne serait « bien plus désordonnée, mais aussi plus intéressante, qu’on ne l’a reconnu jusqu’ici ».

En bref

  • Un Teglath-Phalasar aurait régné vers 763-762 avant notre ère contre son neveu Assur-dan III, après une éclipse de soleil.
  • Un Salmanazar aurait régné juste avant Teglath-Phalasar III, arrivé au pouvoir en 745 avant notre ère.
  • Un Assur-uballit aurait régné en 913-912 avant notre ère ; une statue mutilée trouvée à Assur pourrait être la sienne.

Une éclipse, un oncle, une tablette du British Museum

Le premier cas se lit sur une tablette d’argile conservée au British Museum. Elle enregistre une donation royale au nom d’un Teglath-Phalasar qui reprend le nom d’un roi plus ancien, et situe son administration autour de 763-762 avant notre ère, avant sa déposition.

Ce roi aurait régné en même temps qu’Assur-dan III, le souverain officiellement reconnu, dont il était l’oncle. Il tente de l’écarter après une éclipse de soleil, phénomène lourd de sens politique et religieux à l’époque. La tablette ne raconte rien de ce coup de force : elle prouve seulement qu’un homme signait des actes royaux à ce moment-là.

Gros plan sur une tablette d’argile couverte de signes cunéiformes, posée sur un support de conservation gris.
La tablette du British Museum enregistre une donation royale : elle prouve une administration, pas un couronnement.

Un nom regravé, une statue sans tête

Le deuxième cas tient à une stèle découverte en 1894 à Tell ’Abta, en Irak. Le nom du roi qui lui était associé a été recouvert par celui d’un autre « Teglath-Phalasar », anomalie discutée de longue date. Edmonds et Frahm proposent de la résoudre en ajoutant un règne : celui d’un Salmanazar, juste avant l’accession de Teglath-Phalasar III en 745 avant notre ère.

Le troisième part d’un vase à libation. Un texte cunéiforme attribué à Tukulti-Ninurta II mentionne un vase fabriqué par Tukulti-Ninurta Ier puis restauré par un Assur-uballit, alors que la Liste royale ne connaît aucun roi de ce nom entre les deux. Les auteurs datent ce souverain de 913-912 avant notre ère et suggèrent d’y rattacher la statue très endommagée d’Assur, tête ôtée, bras et insignes royaux effacés.

Mis bout à bout, les trois cas sont dispersés dans la même liste, à des siècles de distance.

Les trois règnes proposés ne se suivent pas : 168 ans les séparent. Le plus ancien, Assur-uballit en 913 avant notre ère, est aussi le plus prudemment formulé, la statue mutilée d’Assur « pourrait » être la sienne.
Les trois règnes proposés ne se suivent pas : 168 ans les séparent. Le plus ancien, Assur-uballit en 913 avant notre ère, est aussi le plus prudemment formulé, la statue mutilée d’Assur « pourrait » être la sienne.
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Une liste, ou un tri ?

Le vrai sujet de l’étude n’est pas le décompte, c’est la nature du document. Plutôt qu’« une œuvre chronographique impartiale », la Liste royale aurait fonctionné comme « un canon légitimant de rois, périodiquement mis à jour pour retirer les souverains néo-assyriens éphémères ou parallèles », écrivent les deux auteurs.

Qui décidait de cette canonicité, et à quoi servait la liste ? Les deux auteurs posent la question en fin d’article, sans la trancher.

Cette matière a une adresse en France. Le site de Dur-Sharrukin, capitale de Sargon II, est retrouvé en 1843 lors des fouilles de Paul-Émile Botta, vice-consul de France à Mossoul, et le Louvre inaugure le 1er mai 1847 ce qu’il présente comme le premier musée assyrien du monde. 168 ans séparent les trois règnes que l’étude de 2026 propose de réinsérer dans la Liste royale assyrienne, de 913 à 745 avant notre ère : l’histoire d’un empire dont le Louvre expose la sculpture depuis 1847.

Les objets abîmés gardent leur pouvoir de preuve : une statue sauvée par son remploi en Sardaigne, des objets rendus au Bénin. À Assur, la statue décapitée attend son nom.

Questions courantes

Qu’est-ce que la Liste royale assyrienne ?
Un document cunéiforme utilisé depuis environ un siècle comme registre de référence des souverains assyriens et de l’ordre de leurs règnes, surtout pour les phases tardives.

Ces trois rois sont-ils reconnus par les assyriologues ?
Pas à ce stade. C’est une proposition d’Edmonds et Frahm, publiée dans une revue spécialisée, le Journal of Cuneiform Studies, et formulée comme telle par ses auteurs.

Où voir des sculptures assyriennes en France ?
Au Louvre, salle 229, dite cour Khorsabad, aile Richelieu, niveau 0. Le musée y présente le décor du palais de Sargon II à Dur-Sharrukin, avec des taureaux ailés d’environ 28 tonnes taillés chacun dans un seul bloc d’albâtre.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

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