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Questions-réponses
Vous ne travaillerez pas samedi prochain. Le 15 août a la réputation d’un jour vide. Les volets restent tirés et presque personne ne sait dire ce que le pays commémore. La réponse tient en trois strates : un vœu royal de 1637, un arrêté napoléonien de 1802 et un dogme catholique proclamé en 1950. Nous compilons ci-dessous les onze fêtes légales françaises, leur origine et la date à laquelle chacune est entrée dans le droit.
Que célèbre-t-on exactement le 15 août ?
L’Assomption. Le mot désigne pour les catholiques la montée de Marie au ciel à la fin de sa vie terrestre, selon la définition que donne l’Église catholique en France. Cette croyance ancienne n’a été fixée comme dogme que très tard : la constitution apostolique Munificentissimus Deus, signée de Pie XII, est datée du 1er novembre 1950. La France chôme donc ce jour depuis 1802, cent quarante-huit ans avant que l’Église ne définisse formellement ce qu’il célèbre.
Quel roi a lancé la tradition française ?
Louis XIII, pour une raison très concrète : il n’avait pas d’héritier. En 1637, il demande des processions le 15 août pour en obtenir un. Lorsqu’il eut la certitude d’avoir un enfant, poursuit la même source, « il décide, en signe de reconnaissance, de consacrer la France à la Vierge Marie : le 10 février 1638, il déclare prendre la Vierge comme protectrice et patronne du Royaume ». Le vœu précède donc l’héritier, il ne le remercie pas après coup.
Pourquoi une fête religieuse reste-t-elle fériée dans une République laïque ?
Parce que le calendrier des fêtes légales est plus ancien que la laïcité elle-même. L’Ascension, l’Assomption, la Toussaint et Noël sont fériés en application de l’arrêté du 29 germinal an X, soit le 19 avril 1802, pris dans le sillage du Concordat signé entre Bonaparte, alors Premier Consul, et le pape Pie VII. La loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 n’a pas défait ce calendrier : elle l’a reconduit. Le droit local d’Alsace-Moselle ajoute deux jours de plus, le Vendredi saint et le 26 décembre, rappelle service-public.fr.
Et Napoléon, dans cette histoire ?
Il y tient le rôle du hasard utile. Né le 15 août 1769, Napoléon Ier fait de la date la Saint-Napoléon, avant qu’elle ne redevienne l’Assomption à la Restauration. Le même homme signe le texte qui rend le jour férié et installe sa fête dessus. La fête impériale n’a pas survécu au régime ; le jour chômé, si.
D’où viennent les dix autres jours fériés ?
De trois sources jamais alignées dans un même tableau : le religieux hérité du Concordat, le civil issu des commémorations républicaines, le social né des luttes ouvrières. Voici les onze fêtes légales du code du travail, croisées avec l’historique des fêtes légales.
| Jour férié | Origine | Texte et date d’entrée dans le droit |
|---|---|---|
| 1er janvier (jour de l’an) | Civile | Avis du Conseil d’État, 1810 (Premier Empire) |
| Lundi de Pâques | Religieuse (jour de repos) | Loi du 8 mars 1886 |
| 1er mai (fête du Travail) | Sociale | Loi du 30 avril 1947 (chômé et payé) ; loi du 29 avril 1948 |
| 8 mai (Victoire 1945) | Civile, commémorative | Loi du 20 mars 1953 ; supprimé en 1959, rétabli en 1981 |
| Jeudi de l’Ascension | Religieuse | Arrêté du 29 germinal an X (19 avril 1802), Concordat |
| Lundi de Pentecôte | Religieuse (jour de repos) | Loi du 8 mars 1886 |
| 14 juillet (fête nationale) | Civile | Loi du 6 juillet 1880 |
| 15 août (Assomption) | Religieuse | Arrêté du 29 germinal an X (19 avril 1802) |
| 1er novembre (Toussaint) | Religieuse | Arrêté du 29 germinal an X (19 avril 1802) |
| 11 novembre (Armistice 1918) | Civile, commémorative | Loi du 24 octobre 1922 |
| 25 décembre (Noël) | Religieuse | Arrêté du 29 germinal an X (19 avril 1802) |
Le compte donne six fêtes d’origine religieuse, quatre d’origine civile et une d’origine sociale. Quatre reposent sur un seul texte, l’arrêté de 1802, le plus ancien de la liste : cent soixante-dix-neuf ans le séparent du plus récent, le rétablissement du 8 mai férié en 1981. Une fête a donc deux âges, celui de sa naissance et celui de son entrée dans le droit. La Fête de la musique en est un autre exemple.

Le 15 août est-il chômé, et payé ?
Pas automatiquement. Seul le 1er mai est obligatoirement chômé pour tous les salariés ; les autres jours fériés sont fixés par accord d’entreprise, à défaut par convention de branche, à défaut par l’employeur. Un salarié mensualisé ayant au moins trois mois d’ancienneté conserve sa rémunération quand le jour est chômé, et les heures perdues ne se récupèrent pas. Travaillé, le 15 août n’ouvre droit à aucune majoration légale ni repos compensateur, sauf convention plus favorable, précisent les règles applicables. En 2026, il tombe un samedi : un férié chômé qui coïncide avec un jour habituellement non travaillé ne donne aucun congé supplémentaire, sauf disposition conventionnelle. Le chassé-croisé estival avale la fête.
Un roi sans descendance, un empereur né le bon jour et un dogme de 1950 : le congé le plus estival du calendrier tient debout sur trois histoires qui ne se sont jamais rencontrées.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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