
Le chiffre
37,2 millions de personnes sont montées à bord d’un paquebot en 2025. Le chiffre vient du rapport annuel de la CLIA, l’association mondiale des compagnies de croisière, publié le 14 avril 2026. Un plus haut historique, selon le communiqué de l’association, porté par 325 navires et environ 690 000 couchettes en service.
37,2millions de croisiéristes
Premier réflexe utile : vérifier le millésime. Ces 37,2 millions décrivent l’année 2025, pas 2026 ; le rapport paraît au printemps et compte l’année écoulée. Un tiers des passagers ont moins de 40 ans, près de neuf sur dix veulent repartir. Ce n’est plus un rattrapage post-Covid. Le même mouvement traverse le tourisme mondial, mais par la mer il se concentre sur quelques quais.
Un de ces quais est marseillais. Le 20 mai 2026, l’association Marseille Provence Croisière a présenté son bilan 2025 : 2,6 millions de croisiéristes, 660 escales, une hausse de 8 % en un an. Premier port de croisière de France, quatrième de Méditerranée. Pour l’année en cours, elle annonce 750 escales visées et 2,8 millions de passagers.
| Année | Escales | Croisiéristes | Part en tête de ligne |
|---|---|---|---|
| 2024 | 600 | 2,5 millions | environ 33 % |
| 2025 | 660 | 2,6 millions | environ 30 % |
| 2026 (prévu) | 750 | 2,8 millions | objectif 50 % |
Reste la question que Marseille se pose depuis dix ans, et qui n’a rien d’idéologique : combien un croisiériste laisse-t-il réellement à terre ?
63,30 euros par croisiériste, selon nos calculs
Deux séries de chiffres existent, publiées séparément, et personne ne les croise. D’un côté, l’étude Oxford Economics commandée par la CLIA (terrain de mai à octobre 2024, 1 013 passagers sondés) : un passager en transit, débarqué environ cinq heures, dépense 57 euros ; un passager en tête de ligne, qui embarque ou débarque à Marseille, 78 euros ; et 171 euros s’il dort au moins une nuit en ville. De l’autre, la répartition marseillaise réelle : 70 % de transit, 30 % de tête de ligne.
Le croisement donne la moyenne pondérée qui manque au débat : (0,70 × 57 €) + (0,30 × 78 €) = 63,30 euros par croisiériste et par escale. Appliquée aux 2,6 millions de 2025, elle représente environ 164,6 millions d’euros dépensés à terre sur l’année. Selon nos calculs, un croisiériste qui passe une nuit à Marseille pèse 2,7 fois le croisiériste moyen (171 ÷ 63,30).
Croisiériste moyen63,30 €
Avec une nuit sur place171 €
Unité : euros dépensés à terre, par personne et par escale. Méthode : montants Oxford Economics (terrain 2024) pondérés par la répartition 70/30 transit / tête de ligne relevée à Marseille en 2025. Limite : euros 2024 non réactualisés, 1 013 passagers sondés : c’est un ordre de grandeur.
L’ordre de grandeur se recoupe ailleurs : une note de Marseille HospitalitéS, en janvier 2026, calcule qu’il faut 17 544 croisiéristes pour générer un million d’euros dans la ville, contre 3 019 touristes de loisirs. Le graphique ci-dessous met les quatre profils de dépense sur la même échelle.

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Autrement dit, le nombre de coques amarrées mesure mal ce que la ville encaisse : ce qui compte, c’est la part des passagers qui dorment sur place, aujourd’hui trois sur dix.

Le branchement à quai promis à 45 %, tenu à 10-30 %
L’autre moitié du dossier est un calendrier, pas une opinion. Le plan Escales Zéro Fumée (30 millions d’euros, dont 4,5 millions de fonds européens) doit permettre aux paquebots de couper leurs moteurs à quai. La Région Sud, qui a voté 3,8 millions d’euros supplémentaires en octobre 2024, annonçait 45 % des escales raccordées en 2025. Le président du Club de la croisière, Jean-François Suhas, tablait au même moment sur 10 à 30 %. Le branchement simultané de trois navires n’a été inauguré qu’en avril 2026, avec un an de retard sur le calendrier initial.
La trajectoire existe pourtant : quatre prises à quai, 30 % des navires au gaz naturel liquéfié, un objectif de 90 % d’escales branchées en 2030, année où la réglementation européenne l’imposera. Le frein n’est pas que portuaire : les compagnies doivent équiper leurs coques pour que la prise serve.
Marseille n’en est pas aux quotas d’entrée que Venise a instaurés. Elle joue une carte plus économique que restrictive : passer de 30 à 50 % de têtes de ligne, ces passagers qui arrivent la veille, dorment à l’hôtel et repartent le lendemain. À 171 euros contre 63,30, l’arbitrage se passe de commentaire. Le plus haut historique mondial accoste bien à Marseille ; ce qu’il y laisse dépendra moins du nombre d’escales que du nombre de nuits.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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