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En 2025, combien d'habitants vivent encore dans le centre historique de Venise, l'île aux canaux ?
La réponse :
Décryptage
30 millions de visiteurs par an pour environ 250 000 habitants : Venise résume à elle seule le vertige du surtourisme. Derrière ce ratio spectaculaire se cache une réalité plus crue, que nous avons voulu mettre en chiffres. La cité des canaux se vide de ses résidents pendant que les excursionnistes affluent à la journée, et la ville a fini par faire payer l’entrée de son centre historique. Face à la saturation, l’Italie teste un péage, l’Islande sort la fiscalité, et la France ferme peu à peu le robinet sur ses sites les plus courus. Voici ce que ces chiffres racontent, et ce que les réponses valent vraiment.
En bref
- En croisant la fréquentation de Venise et le nombre de résidents de son centre historique, nous avons calculé que la vieille ville reçoit près de 625 visiteurs par habitant chaque année, contre 120 rapportés à l’ensemble de la commune.
- La ville a encaissé 5,4 millions d’euros en 2025 grâce à un billet d’entrée de 5 à 10 euros, payé par plus de 720 000 excursionnistes en seulement 54 jours d’application.
- Le centre historique est passé sous la barre des 50 000 habitants : il n’en compte plus qu’environ 48 000 en 2025, contre 174 000 en 1951.
- En France, la réponse passe par la jauge : la calanque de Sugiton est plafonnée à 400 visiteurs par jour, et le Mont-Saint-Michel a reçu 2,71 millions de personnes en 2024.
Un ratio qui donne le vertige
Commençons par démêler les chiffres, car ils cachent un piège. Les 250 000 habitants correspondent à toute la commune de Venise, Mestre et la terre ferme comprises. Or les foules ne se pressent pas à Mestre : elles envahissent le centre historique, l’île aux ponts et aux canaux, où la population a fondu. Selon les travaux de Géoconfluences, ce coeur historique est tombé sous les 50 000 résidents, contre 174 000 en 1951.
Rapporté à cette population réelle, le vertige change d’échelle. Avec une trentaine de millions de visites annuelles, dont l’immense majorité d’excursionnistes qui ne restent qu’une journée, la ville-carte-postale reçoit, selon nos calculs, près de 625 visiteurs pour chaque habitant du centre historique. C’est cinq fois le ratio de 120 obtenu en prenant la commune entière. Le surtourisme n’est pas qu’une affaire de foule : c’est un remplacement lent des habitants par des valises.

Ce vidage a des causes concrètes : flambée des loyers, logements convertis en meublés touristiques, commerces du quotidien remplacés par des boutiques à souvenirs. Le résident part, l’excursionniste reste roi, et la ville se transforme en décor.
Le péage à l’entrée d’une ville
C’est une bascule rare : une grande ville fait désormais payer l’entrée de son centre historique. Après un galop d’essai en 2024 (485 000 payants et 2,4 millions d’euros sur 29 jours), Venise a élargi son dispositif de contribution d’accès en 2025. Le billet coûte 5 euros pour qui réserve au moins quatre jours à l’avance, 10 euros pour les retardataires, et ne s’applique qu’aux excursionnistes à la journée, entre 8h30 et 16h.
Le bilan chiffré est spectaculaire, mais ambigu. Sur 54 jours d’application, plus de 720 000 personnes ont payé, pour un total de 5,4 millions d’euros de recettes. Les revenus ont plus que doublé en un an, mais la gestion du système a coûté près de 2 millions d’euros, et surtout, les foules n’ont pas reculé : certains jours ont dépassé 25 000 entrées payantes. Faire payer, ce n’est pas décourager. C’est, pour l’instant, surtout facturer.
Taxes, jauges : le panel des réponses
Ailleurs, les recettes diffèrent. L’Islande, submergée par le tourisme rapporté à sa petite population, a choisi la fiscalité plutôt que le quota strict : le pays a réintroduit une taxe de séjour et instauré, depuis 2025, une taxe visant les croisiéristes, autour de 17 euros par passager débarqué. Le levier est financier et ciblé sur les flux les plus lourds, sans fermeture brutale du robinet aérien.
La France, elle, a sorti un outil plus radical sur ses espaces naturels fragiles : la jauge. Voici, mis côte à côte, ce que pèsent quelques sites et ce qu’ils tentent.
Le surtourisme en chiffres, de Venise aux sites français
| Site | Fréquentation | Dispositif testé |
|---|---|---|
| Venise (centre historique) | ~30 millions de visites/an | Contribution d’accès de 5 à 10 euros |
| Mont-Saint-Michel | 2,71 millions en 2024 | Navettes et gestion des flux |
| Étretat | ~1,5 million/an | Stationnement régulé, sensibilisation |
| Calanque de Sugiton | Jusqu’à 2 500/jour l’été | Jauge à 400 personnes/jour sur réservation |
Tableau Actu Alt Plus. Sources : Comune di Venezia, Géoconfluences, L’Écho touristique, Parc national des Calanques. Deux philosophies s’opposent : facturer l’entrée pour financer la ville, ou plafonner l’accès pour protéger le site.
La différence de logique saute aux yeux. La taxe fait payer sans limiter le nombre ; la jauge limite le nombre sans forcément faire payer. La première renfloue les caisses d’une ville, la seconde préserve un milieu naturel, mais aucune ne règle à elle seule l’équation du trop-plein.
Et la France ? Le robinet se ferme aussi
Le pont vers l’Hexagone n’a rien de théorique. Au Mont-Saint-Michel, 2,71 millions de visiteurs ont foulé le rocher en 2024, en léger recul par rapport aux 2,85 millions de 2023. À Étretat, dopée par une série télé, environ 1,5 million de personnes se pressent chaque année sur des falaises que la petite ville peine à absorber : sa population est démultipliée l’été.
Le cas le plus abouti se joue près de Marseille. Dans le Parc national des Calanques, la calanque de Sugiton, qui voyait défiler jusqu’à 2 500 visiteurs par jour, est désormais plafonnée à 400 personnes quotidiennes les jours de pointe, sur réservation gratuite, une mesure reconduite jusqu’en 2027. Le même esprit de sobriété touristique irrigue d’autres débats français, de la fréquentation de nos châteaux à la pression sur les sites de baignade.

Reste la vraie question, la même de Venise à la Normandie : à quel moment un lieu cesse-t-il d’appartenir à ceux qui y vivent ? La taxe et la jauge repoussent l’échéance, elles ne répondent pas. Le jour où une ville doit vendre un billet pour laisser entrer chez elle, c’est déjà que quelque chose, dans l’équilibre, a cédé.
Questions courantes
Combien de visiteurs Venise reçoit-elle vraiment ?
On avance souvent le chiffre d’une trentaine de millions de visites par an, l’immense majorité étant des excursionnistes à la journée. Les nuitées officielles, elles, se comptent plutôt en quelques millions, ce qui montre à quel point le tourisme d’un jour domine.
Pourquoi parler de 250 000 habitants si peu vivent dans le centre ?
Les 250 000 habitants correspondent à toute la commune, terre ferme et Mestre compris. Le centre historique, la Venise des canaux, ne compte plus qu’environ 48 000 résidents en 2025, contre 174 000 en 1951.
Comment fonctionne la taxe d’entrée de Venise ?
La contribution d’accès vise les visiteurs à la journée, entre 8h30 et 16h, lors de certaines dates. Elle coûte 5 euros en réservant à l’avance, 10 euros à la dernière minute, et exempte résidents, travailleurs, étudiants et enfants.
Cette taxe fait-elle baisser la fréquentation ?
Pas jusqu’ici. En 2025, plus de 720 000 personnes ont payé sur 54 jours, pour 5,4 millions d’euros de recettes, mais les foules sont restées denses. Le dispositif rapporte de l’argent plus qu’il ne réduit le nombre de visiteurs.
Que fait l’Islande contre le surtourisme ?
Le pays privilégie la fiscalité : réintroduction d’une taxe de séjour et, depuis 2025, une taxe sur les croisiéristes d’environ 17 euros par passager. Il cible ainsi les flux les plus lourds sans imposer de quota aérien général.
Existe-t-il des quotas touristiques en France ?
Oui, sur certains espaces naturels fragiles. La calanque de Sugiton, près de Marseille, est plafonnée à 400 visiteurs par jour sur réservation les jours de forte affluence, une mesure prolongée jusqu’en 2027.
Quels sites français sont les plus sous pression ?
Parmi les plus cités figurent le Mont-Saint-Michel, avec 2,71 millions de visiteurs en 2024, Étretat et ses falaises avec environ 1,5 million par an, et plusieurs calanques marseillaises, désormais soumises à réservation en été.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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