
Sommaire
Récit
En bref
- Sous la cour du groupe scolaire Joséphine Baker, à Dijon, l’Inrap a mis au jour plus de 2 000 ans d’occupation humaine.
- Au second âge du Fer, des individus y ont été inhumés en position assise, au fond de fosses circulaires.
- Vint ensuite une nécropole de très jeunes enfants au début de l’époque gallo-romaine, avant les jardins d’un couvent, puis l’école d’aujourd’hui.
Une craie de couleur écrasée près du muret, un ballon qui roule vers le grillage, le vacarme clair d’une récréation. À Dijon, dans la cour du groupe scolaire Joséphine Baker, des enfants courent chaque matin sur un sol qu’ils croient sans histoire. Sous leurs semelles, à quelques dizaines de centimètres, des hommes et des femmes reposent depuis plus de deux mille ans, assis dans la terre. Personne, dans l’école, ne le soupçonnait avant que les archéologues n’ouvrent le sol.
La fouille, menée par l’Inrap à l’automne 2024 puis au printemps 2026, a traversé les âges comme on feuillette un livre par le milieu : cinq occupations empilées sur un seul terrain, de l’âge du Fer à la cour de récréation d’aujourd’hui.
Assis pour l’éternité
Le plus ancien chapitre appartient au second âge du Fer. Dans des fosses circulaires creusées à même la terre, des individus ont été inhumés en position assise. La formule, sobre, tient de l’énigme : on imagine le corps ramené sur lui-même, le dos calé contre la paroi de la fosse, le regard tourné vers rien. L’institut l’écrit sans commentaire, et c’est ce silence qui fait le vertige. Le geste est là, intact dans son étrangeté ; le pourquoi, lui, reste dans la terre.
Ces gens vivaient au temps des Gaulois, ceux-là mêmes qui, ailleurs, élevaient les sanctuaires gaulois que l’on redécouvre aujourd’hui. À Dijon, ils ont choisi d’asseoir leurs morts.
Puis vinrent les tout-petits
Le terrain, ensuite, change de vocation sans cesser d’être un lieu de passage entre les vivants et le reste. Au début de la période gallo-romaine, une petite nécropole de très jeunes enfants y est aménagée. Rien de plus, rien de moins : des tombes minuscules, une société qui réservait à ses nourrissons un espace à part. Puis, dès le IIe siècle, l’endroit perd sa vocation funéraire au profit de fosses de plantation délimitant un espace agricole. On y fait pousser, là où l’on avait enterré.
Le fil se rompt quelques siècles, puis reprend. Au XIIIe siècle, l’installation toute proche du couvent des Cordeliers ramène les hommes sur la parcelle, dévolue jusqu’au XVIIIe siècle aux jardins conventuels. Cinq époques, un seul sol.

Ce que le sol garde
Comment lit-on une telle profondeur de temps ? Par la stratigraphie, patiente, et par le radiocarbone, qui met des dates sur des ossements muets. Le même été, l’Inrap présentait un chantier comparable à Luçay-le-Mâle, dans l’Indre : dix-sept sépultures médiévales, dont la plus éloignée de l’église a été datée des années 780-990, la plus récente de 1050-1225. Les archives, elles, situent l’éloignement du cimetière dès 1646. C’est ce mariage du laboratoire et du document qui donne aux fouilles préventives leur exactitude.
À Dijon, les responsables scientifiques Hervé Laganier et Annamaria Latron livreront leurs conclusions le 24 novembre 2026, lors d’une conférence à Besançon. D’ici là, le sol a repris son secret, et les enfants leur récréation.
La cour et l’archive
Il y a quelque chose de juste à ce qu’une cour d’école recèle tout cela. On rénove les cours (les fameuses cours oasis), on creuse pour désimperméabiliser, et l’on tombe sur l’âge du Fer. Chaque chantier de ce genre est une porte ouverte, une façon de lire un chantier grandeur nature. Le sol des villes n’oublie rien : il archive, patiemment, ce que les siècles y déposent, et l’Inrap en tient le fil des fouilles, dossier après dossier.
Demain matin, la cloche sonnera. Les enfants du groupe scolaire Joséphine Baker reprendront leur course, au-dessus de ceux qui, deux mille ans plus tôt, attendent toujours, assis.
Questions courantes
Où a eu lieu la fouille ? Dans la cour du groupe scolaire Joséphine Baker, à Dijon, lors d’une opération de l’Inrap à l’automne 2024 et au printemps 2026.
Qu’appelle-t-on inhumation assise ? Au second âge du Fer, des individus ont été déposés en position assise au fond de fosses circulaires, fait énoncé tel quel par l’Inrap, sans explication du rite.
Quand connaîtra-t-on les conclusions ? Les responsables Hervé Laganier et Annamaria Latron présenteront leurs résultats le 24 novembre 2026, en conférence à Besançon.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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