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Publié le 2 août 2026 · Mis à jour le 19 septembre 2026 à 13h39
1492-1631 : entre ces deux dates sont morts un homme et une femme, deux corps desséchés par le sel et le vent du nord chilien. C’est dans leur peau conservée qu’une équipe vient de lire les tout premiers génomes anciens de la variole retrouvés sur le continent américain. Longtemps, l’origine de la maladie qui a décimé les populations autochtones n’a reposé que sur des archives rédigées par les colons. Nous avons repris le raisonnement, étape par étape, pour comprendre ce que ces séquences virales disent vraiment de la route suivie par le virus.
Ce que l’ADN a livré
Les deux personnes reposaient à Camarones, dans le nord du Chili. En cherchant tout autre chose, les chercheurs sont tombés sur des fragments d’ADN du virus variolique, une surprise que l’un d’eux résume sans détour : personne ne s’attendait à en trouver. L’étude, parue dans la revue Science le 30 juillet 2026 et dont Nature a publié le compte rendu génomique, livre les plus anciens génomes de variole jamais reconstitués dans les Amériques, datés d’une fenêtre allant de 1492 à 1631. Deux séquences presque identiques, ce qui suggère que les deux individus ont été touchés lors d’une même flambée, ou par une même souche en circulation.
Ce sont donc des restes humains, et non un manuscrit, qui prennent la parole.

Un brin d’ADN vieux de cinq siècles suffit désormais à rouvrir un dossier d’histoire.
Pourquoi la piste mène vers l’Europe
C’est l’horloge moléculaire qui parle. En comparant la souche chilienne aux variétés connues du virus, l’équipe la situe entre des lignées de l’Europe médiévale et celles des siècles suivants. Surtout, cette variante se serait séparée vers 1296 d’une branche européenne, soit, selon nos calculs, près de deux siècles avant que Christophe Colomb n’atteigne les Antilles. Autrement dit, le virus circulait déjà en Europe, sous une forme apparentée, bien avant de débarquer sur les côtes américaines.
Trois chiffres portent toute la démonstration.

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| Repère | Valeur |
|---|---|
| Individus séquencés | 2 |
| Datation des corps | 1492 à 1631 |
| Séparation de la branche européenne | vers 1296 |
Une lignée aujourd’hui éteinte, deux corps, une bifurcation médiévale : la chronologie, à elle seule, écarte l’hypothèse d’une variole déjà présente avant l’arrivée des Européens. Une souche qui a divergé en Europe au XIIIe siècle ne pouvait pas surgir seule de l’autre côté de l’Atlantique ; il a fallu qu’un porteur l’apporte, ce que situent précisément les décennies qui suivent 1492.
« Tranchent » : jusqu’où, vraiment ?
Le verbe est tentant, il mérite d’être pesé. Ce que vous avez sans doute retenu des manuels, l’arrivée de la variole avec les colons, ces génomes ne le renversent pas : les historiens l’admettaient déjà. Ce que l’étude apporte, c’est la première preuve moléculaire de cette introduction, là où l’on ne disposait que de récits de colons. Une biologiste extérieure au travail le formule crûment, dans des propos confiés à Euronews : personne ne mettrait sérieusement en doute que la variole soit venue avec la colonisation. La découverte confirme donc plus qu’elle ne surprend ; mais elle exhume aussi une lignée éteinte jusque-là inconnue, glissée entre les souches d’Europe. Le débat n’est pas clos d’un coup de séquenceur : il est, pour la première fois, adossé à de la matière.
Pourquoi le désert rend ces lectures possibles
Rien de tout cela ne serait lisible sans le climat du nord chilien. Dans cette frange aride bordée par le désert d’Atacama, parmi les plus secs de la planète, les corps se dessèchent naturellement au lieu de se décomposer. La momification, ici, ne doit rien à un embaumement : le sel, la fraîcheur nocturne et l’absence d’humidité figent les tissus, et avec eux les molécules d’ADN, virales comprises. C’est cette conservation exceptionnelle qui autorise, cinq siècles plus tard, à recomposer un génome dégradé fragment par fragment. Ailleurs, sous un climat humide, ces mêmes molécules auraient disparu depuis longtemps, et l’histoire du virus serait restée muette.
Ce que l’ADN ancien continue de rouvrir
La méthode dépasse largement la variole. Les mêmes techniques ont daté des lignées de peste, retracé des migrations, ausculté jusqu’au dernier repas d’une momie des glaces vieille de plus de cinq mille ans. Chaque génome ancien rouvre un chapitre que l’on croyait refermé. Reste une question qui n’a rien de technique : ces séquences proviennent de corps d’ancêtres autochtones, et leur lecture engage le respect dû à ces communautés autant que la curiosité scientifique. La prochaine fois qu’une découverte prétend trancher un vieux débat, demandez-vous ce qu’elle prouve exactement, et ce qu’elle ne fait que confirmer.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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