
Mise en perspective
Aucune date. Le préavis de grève déposé le 23 juillet par les syndicats de personnel navigant d’easyJet France n’en comporte pas une seule, et ce n’est pas un oubli. Si vous avez un vol réservé en août, la seule question qui compte se règle avec deux chiffres écrits depuis 2012 : quarante-huit heures pour que le salarié prévienne son employeur, vingt-quatre heures pour que la compagnie vous prévienne, vous. La veille, donc.
Reprenons dans l’ordre. La réunion de la dernière chance entre la direction d’easyJet France et les syndicats s’est tenue le jeudi 23 juillet. Elle a échoué. Un préavis a suivi, et la dépêche qui l’a révélé le précise : aucune date n’y figure. Au 28 juillet, aucun jour de grève annoncé, aucun accord non plus.

Ce vide n’a rien d’anormal : un préavis ouvre une période où la grève devient possible, il ne la programme pas. Les syndicats gardent la main sur le calendrier, et l’incertitude vous revient.
Ce que dit exactement la loi de 2012
La loi du 19 mars 2012 a introduit dans le transport aérien une règle de déclaration individuelle. L’article L. 1114-3 du code des transports, dont le texte voté au Parlement donne la lettre exacte, dispose que « les salariés dont l’absence est de nature à affecter directement la réalisation des vols informent, au plus tard quarante-huit heures avant de participer à la grève, le chef d’entreprise ou la personne désignée par lui de leur intention d’y participer ».
Cette déclaration est individuelle : elle n’engage pas un syndicat, mais chaque hôtesse et chaque steward, un par un. La compagnie ne connaît donc son nombre de grévistes que deux jours avant. Et le même chapitre ajoute, à l’article L. 1114-7, que tout passager « a le droit de disposer d’une information gratuite, précise et fiable sur l’activité assurée », au plus tard « vingt-quatre heures avant le début de la perturbation ».
Mettez ces vingt-quatre heures en regard du délai qui commande vos droits en Europe.

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Le règlement européen 261/2004 ouvre droit, pour un vol annulé, à une indemnisation de 250 à 600 euros selon la distance, sauf si vous avez été prévenu plus de quatorze jours à l’avance, ou si le transporteur prouve des circonstances extraordinaires. Quatorze jours, soit trois cent trente-six heures. Une information due la veille place donc ces annulations dans la fenêtre où l’indemnisation se joue, la preuve incombant à la compagnie. Le remboursement et le réacheminement, eux, ne dépendent d’aucun délai : les droits des passagers les garantissent toujours.
D’où vient la formule « annulations massives »
C’est l’expression qui circule partout. Elle vient des sources syndicales citées par TourMaG, selon lesquelles le mouvement entraînera « inévitablement des annulations massives de vols ». Ce n’est ni un constat ni un décompte : c’est un pronostic de camp. Sans date, pas de déclarations individuelles, donc pas de taux de participation, donc aucun chiffre possible.
Un précédent aide à garder la mesure, à condition de le dater. En décembre 2014, lors d’un mouvement des hôtesses et stewards d’easyJet, l’AFP filmait un trafic décrit comme conforme aux prévisions, avec trente-huit vols annulés sur la journée. Rien ne se transpose d’un conflit à l’autre, mais l’image montre à quoi ressemble un jour de grève dans une compagnie : un programme réduit et annoncé.
Cette archive ne dit rien du conflit actuel. Elle rappelle que l’écart entre le mot d’ordre et le tarmac ne se mesure que la veille. Quatre angles pour s’y retrouver.
Le fait
Le 23 juillet 2026, la réunion de la dernière chance entre la direction d’easyJet France et les syndicats de personnel navigant commercial a échoué. Un préavis a été signé par l’ensemble des organisations, dont le SNPNC-FO, sans aucune date. Les revendications portent sur la stabilité des plannings : trois changements par mois et par salarié au maximum hors aléas opérationnels, arrêt des trippings sans accord explicite du salarié, prime sur les vols de nuit, révision des procédures à bord. La direction s’est dite « très déçue » et rappelle que des négociations sont prévues en septembre.
Notre lecture
Un préavis sans date n’est pas une menace en l’air, c’est un choix de calendrier. Il laisse au conflit le temps de se dénouer ou de se durcir, et maintient la pression sur une compagnie qui vend en août ses sièges les plus chers. Pour vous, l’effet est mécanique : l’information arrivera tard, non par mauvaise volonté, mais parce que le droit organise cette séquence.
La nuance
Rien ne dit qu’il y aura grève : un préavis peut être levé, et le SNPNC-FO indique qu’un accord avait mis fin à un précédent préavis fin 2025. La formule « annulations massives » appartient aux sources syndicales rapportées par TourMaG et n’engage qu’elles. Grève ne signifie pas trafic suspendu : la déclaration individuelle permet justement de savoir, deux jours avant, quels vols tiennent. Enfin, easyJet est britannique, mais ce conflit porte sur sa filiale française.
À surveiller
Trois signaux, dans l’ordre. L’annonce d’une ou plusieurs dates, qui déclenche tout le reste. Puis, quarante-huit heures avant chacune, le moment où la compagnie connaît le nombre de grévistes déclarés. Enfin, vingt-quatre heures avant, l’information qui vous est due. Surveillez aussi les négociations annoncées pour septembre.
Ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui
Quatre gestes si vous volez en août. Vérifiez que le téléphone et l’adresse électronique de votre réservation sont les bons : c’est par là que passera l’information de la veille. Consultez le statut du vol sur l’application de la compagnie, pas sur les réseaux sociaux, où des dates non confirmées circulent. Gardez vos justificatifs, cartes d’embarquement, tickets de repas, notes d’hôtel : ce sont eux qui ouvrent le remboursement. Et relisez dès maintenant ce que couvre votre assurance annulation.
Un mot sur l’argent. Les Français partent avec le budget vacances 2026 le plus serré depuis 2022, et une annulation mal gérée pèse lourd. Le mois qui s’ouvre apporte son lot de nouveautés, rassemblées dans les changements du 1er août.
Un préavis sans date, c’est difficile à entendre quand les congés sont posés et les billets payés. C’est pourtant la seule phrase honnête : personne ne sait, et le droit a organisé le fait que personne ne saura avant la veille. Le geste utile n’est donc pas de guetter une annonce, c’est de rendre votre dossier joignable et vos preuves prêtes. Ces vingt-quatre heures se préparent maintenant.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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