
Sommaire
Récit
Il existe une photo d’une valise ouverte, posée à plat dans des buissons. C’est Shafiqua Maloney qui l’a prise, le premier jour où elle s’est retrouvée sans toit. Deux ans plus tard, elle courait la finale olympique du 800 m à Paris. Aujourd’hui, elle dit tourner à « peut-être 70 ou 80 pour cent » de son potentiel.
En bref
- Dans un entretien publié le 27 juillet par Glasgow 2026, la demi-fondeuse dit ne courir qu’à « peut-être 70 ou 80 pour cent » de son potentiel.
- Avant Paris 2024, elle a passé un an sans logement stable : la rue, des particuliers, puis un dortoir de campus.
- Son entraîneur Chris Johnson la suit depuis 2018 et a tenu pendant des périodes où il n’était pas payé.
- À Paris, 1’57 »59 et une 4e place en finale : première athlète de Saint-Vincent-et-les-Grenadines en finale olympique.
Une valise, des buissons, un dortoir
Le récit, c’est elle qui le fait, dans un entretien à Glasgow 2026. « Shafiqua, il y a trois ou quatre ans, était prête à arrêter l’athlétisme », dit-elle, parlant d’elle à la troisième personne. « J’essayais tellement d’obtenir les moyens de faire ce dont je me savais capable. »
Ces moyens incluent un toit. Faute d’argent, elle déménage tous les deux mois pendant un an. « Ne pas avoir d’endroit à appeler chez moi, bouger tous les deux mois, ça a été vraiment dur », raconte-t-elle. Puis la phrase qui reste : « Mon premier jour, j’étais à la rue. J’ai une photo de moi en train d’étaler ma valise dans des buissons. C’était tellement drôle. »

Le rire ne referme rien. Elle est ensuite hébergée par une famille chrétienne, puis s’installe dans un dortoir du campus, partagé avec « une bande de gamins », jusqu’au jour où elle réalise les minima olympiques en salle.
Un entraîneur qui est resté sans être payé
Il y a un deuxième personnage, qui n’a jamais franchi de ligne d’arrivée. Chris Johnson l’entraîne depuis 2018. C’est lui qui, quand sa carrière universitaire américaine patine, décide de la faire monter sur 800 m. Elle ne l’a pas bien pris : « Je n’ai pas eu le choix. Les deux premières années, je l’ai peut-être un peu détesté pour ça. »
Puis vient le hors-champ. « Nous nous sommes donné des raisons de nous assommer mutuellement, et il y a eu des moments où lui non plus n’était pas payé », rapporte-t-elle. « Mais il est resté avec moi envers et contre tout. »
Un staff qui tient sans salaire, c’est le modèle par défaut quand la fédération n’a pas les moyens. Nous avions croisé le même angle mort autour d’un triathlète autiste porté par ses proches.
Ce que coûte réellement une 4e place
Reste la course, dont on ne retient que huit lignes de classement. « Quand je suis arrivée à Paris, c’était un combat permanent pour me gérer mentalement. Parce que j’ai pleuré tous les jours à Paris », dit-elle. Les larmes ont tourné : 1 minute 57 secondes et 59 centièmes, alors son record personnel, et une 4e place en finale. Aucun athlète de son pays n’avait couru de finale olympique avant elle.
Sur ces images, rien de l’année précédente ne se voit. C’est le problème : une 4e place se lit comme une performance, jamais comme une facture. Nous avions déjà regardé de ce côté avec la santé mentale des athlètes.
Depuis, elle a fait mieux : son profil World Athletics crédite un record national de 1’57 »29, le 28 août 2025. Et c’est elle qui place le curseur : « peut-être 70 ou 80 pour cent » de ce dont elle est capable. « Ça ressemble juste à deux tours de piste, mais il y a beaucoup de choses dans le 800 m », ajoute-t-elle.
En France, un filet qui n’existe pas partout
Son parcours ne dit rien de la France, mais il éclaire par contraste ce que le mot « statut » recouvre chez nous. Une sportive inscrite sur la liste ministérielle des sportifs de haut niveau peut prétendre aux aides personnalisées du ministère des Sports, dont une aide sociale en cas de difficulté financière temporaire, et à une couverture accidents du travail financée par l’État depuis le 1er juillet 2016. Rien de tout cela n’existe partout.
À 27 ans, elle entre en lice sur 800 m au stade de Scotstoun, pour ses premiers Jeux du Commonwealth, ceux de Glasgow, qui alignent aussi 47 finales para sport.
Un chrono se range dans un tableau. Une année sans adresse, non. La prochaine fois qu’un classement affichera un nom en quatrième position, gardez en tête la colonne manquante : ce que la place a coûté. Aucun palmarès ne la publie.
Questions courantes
Qui est Shafiqua Maloney ?
Une demi-fondeuse de Saint-Vincent-et-les-Grenadines née en 1999. À Paris 2024, elle a terminé 4e de la finale du 800 m en 1’57 »59, première athlète de son pays en finale olympique.
Pourquoi s’est-elle retrouvée sans logement ?
Par difficultés financières. Elle raconte un an à déménager tous les deux mois : la rue, un hébergement chez des particuliers, puis un dortoir de campus.
Que dit-elle de son entraîneur ?
Chris Johnson est à ses côtés depuis 2018. Elle indique qu’il y a eu des moments où il n’était pas payé, et qu’il est resté « envers et contre tout ».
À quel niveau estime-t-elle courir aujourd’hui ?
Elle dit tourner à « peut-être 70 ou 80 pour cent » de ce dont elle est capable. Son record est de 1’57 »29, réalisé le 28 août 2025 selon World Athletics.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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