Une main tourne le robinet thermostatique d'un vieux radiateur en fonte dans un salon en hiver

65 % contre 12 % : ils baissent le chauffage pour l’argent, pas pour la planète

Rapportée à toute la population métropolitaine, une personne sur dix baisse son chauffage d'abord pour l'environnement. Mais huit sur dix le baissent. L'Insee montre un geste très majoritaire et un motif écologique très minoritaire : ce n'est pas le comportement qui manque, c'est le récit qu'on en fait.

Le chiffre

Une personne sur dix. C’est, rapportée à toute la population de France métropolitaine, la part de celles qui baissent le chauffage de leur pièce principale en hiver d’abord pour protéger l’environnement. Le calcul tient en une ligne : 82 % des personnes limitent cette température, et parmi elles, 12 % seulement citent l’écologie comme motif premier. Le geste, lui, est fait par plus de huit personnes sur dix.

65 %de celles qui limitent le chauffage le font avant tout pour faire des économies

Le chiffre vient de l’Insee Première n° 2113, paru le 25 juin 2026. On le lit d’habitude comme un reproche : les Français s’inquiètent, mais ne font rien. Nous vous proposons de le prendre par l’autre bout. Le geste est là. C’est le récit qui manque.

Le geste est très majoritaire, le motif écologique ne l’est pas

Dans le détail : 81,7 % des personnes déclarent limiter la température de leur salon en hiver, et 63 % le font toujours. Parmi elles, 65,3 % avancent d’abord les économies, 17 % le confort ou la santé, 12,1 % la protection de l’environnement.

Reste à savoir comment la question a été posée, car sa formulation décide de la réponse. Les données viennent de l’enquête Camme de l’Insee, menée par téléphone en France métropolitaine : environ 2 500 ménages interrogés chaque mois, 1 800 à 2 000 répondants, modules de juin, septembre et décembre 2025.

Un cahier de comptes ouvert, une calculatrice et une facture pliée sur une table de cuisine le soir
Parmi les personnes qui limitent leur chauffage, 65 % invoquent d’abord les économies, contre 12 % l’environnement.

L’Insee ne demande pas si l’environnement compte. Il demande, à ceux qui limitent déjà leur chauffage, le motif invoqué avant tout : un seul, dans une liste fermée. Qui baisse son thermostat pour sa facture et pour le climat n’a droit qu’à une case. La facture gagne. Ce 12 % ne mesure donc pas une indifférence écologique, mais une hiérarchie des raisons quand on force le choix.

Le diplôme change le récit plus qu’il ne change le radiateur

C’est l’écart le plus commenté de l’étude : les motivations écologiques sont près de trois fois plus souvent avancées par les diplômés du supérieur que par les personnes peu ou pas diplômées, 22 % contre 8 %. On en conclut vite que les uns agissent et les autres non.

Les comportements racontent autre chose. 87 % des diplômés du supérieur limitent la température du chauffage, contre 79 % des personnes peu ou pas diplômées. Mettez les deux écarts côte à côte : sur le geste, huit points séparent les deux groupes, soit un rapport de 1,1. Sur la raison déclarée, le rapport est de 2,8.

Comparaison entre l'écart de comportement et l'écart de motivation écologique selon le diplôme
Graphique Actu Alt Plus. Source : Insee Première n° 2113, enquête Camme 2025. Sur le geste, huit points séparent les deux groupes ; sur la raison déclarée, le rapport est de 2,8.
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Ce que le diplôme prédit le mieux, ce n’est pas le radiateur baissé. C’est le vocabulaire disponible pour justifier qu’on l’a baissé.

Le crédit moral, lui, suit le diplôme

39 % des personnes estiment faire plus d’efforts pour l’environnement que la plupart des autres, 49 % autant, 8 % moins. Là encore le diplôme trie : 46 % des diplômés du supérieur pensent en faire plus, contre 36 % des peu ou pas diplômées. Et parmi celles qui pensent en faire moins que les autres, 67 % limitent quand même leur chauffage.

Certaines contraintes, enfin, que le mot « effort » recouvre mal : un quart de celles qui ne limitent pas la température invoquent un chauffage collectif dont elles ne règlent rien. Un frein structurel, pas un choix. La même logique vaut pour l’ordre des travaux dans un logement ancien : ce qu’on peut faire dépend d’abord de ce qu’on habite.

La façade d'un immeuble d'habitation ordinaire en hiver, au crépuscule, quelques fenêtres allumées
Un quart des personnes qui ne limitent pas la température invoquent un chauffage collectif qu’elles ne règlent pas.

Interrogées sur ce qui les pousserait à en faire davantage, 34 % des personnes demandent la preuve que leurs efforts servent vraiment, 26 % de savoir que tout le monde s’y met. 21 % répondent que rien ne les y inciterait, dont 18 % parce qu’elles estiment en faire déjà assez.

La prochaine fois qu’on vous dira que vous n’en faites pas assez, vous aurez de quoi répondre. Le radiateur baissé compte, quelle que soit la raison qui a guidé la main. Ce que cette enquête met au jour n’est pas un déficit d’écologie, c’est un déficit de reconnaissance. Le chiffre qui manque n’est pas sur votre thermostat. Il est dans le retour qu’on ne vous donne jamais.

Pour faire des économies 65 %
Pour protéger l’environnement 12 %

Unité : part en % des personnes qui déclarent limiter la température de leur pièce principale en hiver, soit 82 % de la population. Période : enquête Camme, modules de juin, septembre et décembre 2025, France métropolitaine. Limite : un seul motif est retenu, celui invoqué avant tout, dans une liste fermée ; ce sont des déclarations, pas des relevés de thermostat.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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