
Sommaire
Récit
À 22 heures, ce mercredi, la Cour d’honneur du palais des Papes tiendra deux mille personnes assises dans la nuit provençale. Deux actrices s’y avanceront avec le même texte entre les mains et deux langues pour le porter, le français d’un côté, le coréen de l’autre. Au-dessus d’elles, les surtitres défileront en français, en anglais et en coréen à la fois. C’est l’un des dix spectacles que ce 80e Festival a réunis autour du coréen, sa langue invitée, et le plus dépouillé : une lecture, pas une mise en scène.
En bref
- Sur les dix spectacles de la langue invitée coréenne, cinq viennent de la seule République de Corée, trois sont belgo-coréens, un est italien et un seul est franco-coréen : Oiseau (décompte Actu Alt Plus d’après le programme de la langue invitée).
- Oiseau met en lecture le premier chapitre d’Impossibles adieux de Han Kang, prix Nobel de littérature 2024, porté par Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee. Mise en lecture : Julie Deliquet. Durée : 1 h 30.
- Deux représentations seulement, les 15 et 16 juillet 2026 à 22 h, Cour d’honneur du palais des Papes, 2 000 places en plein air.
- Le spectacle se joue en français et en coréen, surtitré en trois langues. En catégorie 1 : 45 € plein tarif, 15 € avec la carte 3 clés.
Un chapitre, et pas le roman entier
Levons d’abord un malentendu. Le spectacle ne s’appelle pas Impossibles adieux. Il s’appelle Oiseau, du nom du premier chapitre du roman, et c’est ce chapitre seul que Julie Deliquet met en lecture, comme l’indique la fiche officielle du spectacle. Une heure trente pour une ouverture de livre : le rapport est inhabituel, et il dit déjà quelque chose du geste.
Ce chapitre raconte peu de chose, en apparence. Un matin, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon, hospitalisée sur le continent, qui lui demande de rejoindre l’île de Jeju pour nourrir un petit perroquet blanc laissé seul chez elle. Une tempête de neige la prend en route, et c’est en arrivant qu’elle découvre comment l’histoire familiale d’Inseon s’entremêle à un massacre, le soulèvement de Jeju. Le Festival prévient le public : la lecture contient des récits difficiles.

La distribution mérite d’être lue lentement. Texte de Han Kang. Mise en lecture et dramaturgie de Julie Deliquet. Lumière, son, maquillage. Deux noms au générique des interprètes. Pas de décor annoncé, pas de scénographie : dans un lieu qui a vu passer des machineries entières, on a posé deux voix et un livre.
Quand le surtitrage devient une matière
La mention technique du programme est d’une sobriété trompeuse : « En français et coréen surtitré en français, anglais et coréen ». Lisez-la deux fois. Deux langues sont dites sur le plateau, trois sont écrites au-dessus. Le français y figure deux fois : par la bouche d’Isabelle Huppert, puis en lettres lumineuses pendant que Hyeyoung Lee parle coréen.
Cette redondance n’est pas un défaut, c’est le dispositif. Le texte français que vous lirez vient de la traduction de Kyungran Choi et Pierre Bisiou, celle du roman publié chez Grasset. Pendant une heure trente, le spectateur passe donc son temps à choisir : écouter le coréen sans le comprendre, ou lire le français en perdant la voix. C’est ce que fait tout lecteur devant un livre traduit, sauf qu’ici le partage se voit.
La Corée, dix spectacles et une langue invitée
Le coréen est la langue invitée de cette 80e édition, après l’anglais, l’espagnol et l’arabe. Derrière la formule, un décompte que le programme ne présente jamais d’un bloc : dix spectacles, et une géographie de production inattendue.

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Cinq viennent de la seule République de Corée. Trois portent la double étiquette belgo-coréenne, tous signés Jaha Koo. Un vient d’Italie. Un seul est franco-coréen : Oiseau, produit par le Festival d’Avignon en collaboration avec le Seoul Performing Arts Festival. La langue invitée n’est donc pas un pavillon planté sur des spectacles importés : c’est un tissu de coproductions, dont celle des deux soirs qui nous occupent.
Deux soirs, et une cour qui compte ses places
La Cour d’honneur n’est pas une salle ordinaire. C’est là qu’est né le Festival en 1947, avec un Shakespeare mis en scène par Jean Vilar. C’est un espace en plein air pour 2 000 spectateurs, au cœur d’un monument classé à l’Unesco. Une lecture y devient un exercice d’acoustique et de patience collective, loin de l’intimité des petites salles.
Reste la question terre à terre. En catégorie 1, la place est à 45 €, à 35 € avec la carte Festival, à 15 € avec la carte 3 clés : le même fauteuil à trois prix, selon la carte que vous avez en poche. Au moment où nous écrivons, le site n’affiche plus de places en ligne pour ces deux dates et renvoie vers le guichet.

Il n’y aura pas de troisième soir. Après le 16 juillet, Oiseau n’existera plus que dans la mémoire de deux fois deux mille personnes, et dans le roman que chacun peut ouvrir chez soi. C’est peut-être la vraie proposition de ces deux nuits : un texte traduit ne perd pas quelque chose en route, il gagne une deuxième voix. Il faut parfois une cour de pierre et deux actrices pour nous le faire entendre.
Questions courantes
Quand et où a lieu ce spectacle ?
Les mercredi 15 et jeudi 16 juillet 2026 à 22 h, dans la Cour d’honneur du palais des Papes à Avignon. La durée annoncée est de 1 h 30 et le dernier accès se fait 15 minutes avant le début de la représentation.
Faut-il comprendre le coréen pour suivre ?
Non. Le spectacle est joué en français et en coréen, avec un surtitrage en français, en anglais et en coréen. Toutes les parties dites en coréen sont donc lisibles en français au-dessus du plateau.
Est-ce l’intégralité du roman qui est lue ?
Non. Julie Deliquet met en lecture le premier chapitre, intitulé Oiseau, du roman Impossibles adieux. Le spectacle porte le nom de ce chapitre.
Qui est Han Kang ?
Une autrice sud-coréenne, révélée à l’international par La Végétarienne, Booker Prize en 2016. Impossibles adieux a reçu le prix Médicis étranger en 2023. Elle a reçu le prix Nobel de littérature en 2024 pour l’ensemble de son œuvre.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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