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Pendant que des récifs entiers deviennent blancs comme de la craie sous l’effet de la chaleur, ceux du golfe d’Aqaba, tout au nord de la mer Rouge, gardent leurs couleurs. Cette anomalie du vivant vient de recevoir une reconnaissance de poids : l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a proposé la reserve marine d’Aqaba, en Jordanie, pour un classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Motif retenu : ces coraux résistent au blanchissement bien mieux que la plupart des autres.
Le blanchissement, c’est ce moment où le corail, stressé par une eau trop chaude, expulse les micro-algues qui lui donnent sa couleur et le nourrissent. Privé d’elles, il pâlit, puis meurt s’il ne les récupère pas. Les récifs d’Aqaba, eux, encaissent des pics de température qui feraient dépérir leurs cousins d’ailleurs.

Pourquoi cette endurance ? La réponse remonte à la dernière période glaciaire. Après la fonte des glaces, les coraux ont recolonisé la mer Rouge par le sud, en passant par un goulot d’étranglement thermique où l’eau grimpe très haut en été. Seuls les individus les plus tolérants à la chaleur ont pu franchir ce filtre et remonter jusqu’au golfe d’Aqaba, comme l’ont montré des travaux de l’EPFL. Résultat : une population déjà pré-adaptée à des eaux bien plus chaudes que celles qu’elle connaît aujourd’hui.
À retenir
- L’UICN a nommé la réserve marine d’Aqaba (Jordanie) au patrimoine mondial de l’Unesco, avec quatre autres sites.
- Ses coraux résistent au blanchissement mieux que la plupart, testés sans dommage jusqu’à plusieurs degrés au-dessus de leur maximum estival.
- Cette tolérance vient d’une sélection naturelle héritée de la recolonisation de la mer Rouge après la dernière glaciation.
Un refuge que la science veut comprendre
Aux côtés d’Aqaba, l’UICN a proposé quatre autres écosystèmes : le parc national de la Garamba en République démocratique du Congo, le Limfjord occidental riche en fossiles au Danemark, le refuge d’Okefenokee aux États-Unis et les vasières de Getbol en Corée du Sud. Pour Tim Badman, directeur du patrimoine mondial à l’UICN, ces recommandations couvrent « des récifs coralliens qui peuvent aider la science à comprendre la résilience climatique » autant que des vasières nourrissant les oiseaux migrateurs.

C’est là tout l’enjeu. Comprendre le mécanisme biologique qui protège les coraux d’Aqaba, encore mal élucidé, pourrait aider à identifier, à protéger ou même à recréer ailleurs des refuges pour un vivant sous pression. Un classement Unesco ne changera pas la température de l’eau. Mais il place ces récifs sous une protection durable, au moment précis où ils intéressent le plus les chercheurs.
Pourquoi ça compte
Le blanchissement des coraux est l’un des signaux les plus visibles du réchauffement des océans. Trouver une population qui y échappe naturellement, puis la sanctuariser, offre à la fois une bouffée d’espoir crédible et un laboratoire vivant pour la recherche. En France, les récifs d’outre-mer, suivis notamment par l’IFRECOR, font face aux mêmes menaces : chaque piste de résilience compte.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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