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Mise en perspective
Vous guettez la carte des cyclones avant de réserver un séjour aux Antilles. Elle est vide. Au 16 septembre 2026, le Centre national des ouragans américain écrit noir sur blanc qu’il n’y a « aucun cyclone tropical dans l’Atlantique » ; le bassin en est à cinq tempêtes nommées et aucun ouragan depuis l’ouverture de la saison le 1er juin, du jamais-vu aussi tard depuis les débuts du suivi satellite en 1966.
La cause se lit à six mille kilomètres de là, dans le Pacifique équatorial. Le centre de prévision climatique de la NOAA a maintenu son El Niño Advisory le 10 septembre, avec une anomalie de +1,8 °C dans la zone Niño-3.4 et plus de 90 % de probabilité d’un épisode « très fort » pour l’automne et l’hiver 2026-27. Un El Niño de cette taille redessine la circulation au-dessus de l’Atlantique : il y installe un cisaillement vertical qui décapite les amas orageux avant qu’ils ne s’enroulent.
Le fait
Cinq tempêtes tropicales se sont formées depuis le 1er juin, toutes de petite taille, et aucune n’a atteint les 119 km/h de vents soutenus qui font un ouragan. Au 16 septembre 2026, l’Atlantique compte 5 tempêtes nommées et zéro ouragan, là où Météo-France en prévoyait 10 et 4 pour une saison qui court jusqu’au 30 novembre.
L’énergie accumulée raconte la même chose, en plus net. L’indice ACE, qui cumule la puissance dégagée par tous les systèmes d’une saison, plafonne à 4,4 pour le bassin atlantique, contre 58,2 en moyenne à la mi-septembre, soit environ 7 % de la normale, un décompte détaillé par ScienceAlert. Le graphique ci-dessous place le déficit là où il se joue.

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Les compteurs d’ouragans ne sont pas ralentis, ils n’ont pas démarré. Le tableau croise le décompte du jour avec les deux fourchettes officielles toujours en vigueur de part et d’autre de l’Atlantique.
| Indicateur | 2026 au 16 sept. | Normale 1991-2020 (saison entière) | Prévision NOAA (6 août) | Prévision Météo-France Antilles (21 juillet) |
|---|---|---|---|---|
| Tempêtes nommées | 5 | 14 | 7 à 13 | 10 (± 3) |
| Ouragans | 0 | 7 | 2 à 6 | 4 (± 2) |
| Ouragans majeurs | 0 | 3 | 0 à 2 | 2 (± 1) |
| Indice ACE | 4,4 | 58,2 à la mi-septembre | 30 à 90 % de la médiane | n.c. |
Notre regard
Un record de calme n’est pas une saison annulée. La fourchette de la NOAA, publiée le 6 août et jamais abaissée depuis, table encore sur deux ouragans atlantiques au minimum. Aucun ne s’est formé. Il en reste donc deux à venir en soixante-quinze jours, du 16 septembre à la clôture officielle du 30 novembre, pour que se vérifie le scénario le moins actif jamais retenu par l’agence cette année.
« C’est vraiment stupéfiant, à quel point l’Atlantique est inhospitalier pour tout ce qui pourrait former un cyclone tropical », résume Kristen Corbosiero, de l’université d’Albany, citée par ScienceAlert. Cette inhospitalité repose sur un empilement : le cisaillement d’altitude, l’air sec chargé de poussières sahariennes et des régimes de vent défavorables au-dessus de la zone de formation principale, entre l’Afrique et les Caraïbes. Aucun des trois n’engage la saison suivante.
La machine, elle, continue de monter. AAP relevait l’indice ONI à +1,39 sur mai-juin-juillet, déjà devant 1997 et 2015 à la même saison ; le bulletin du 10 septembre donne 75 % de probabilité à un épisode qui dépasserait, sur octobre-décembre, tous ceux mesurés depuis 1950. Marshall Shepherd, de l’université de Géorgie, résume la marche en cours d’une phrase : « Ce pourrait être le plus fort El Niño que quiconque de vivant ait observé. »
La nuance
Une saison creuse reste capable de tout, et Météo-France Guadeloupe le dit sans détour dans son actualisation de juillet : « Un seul cyclone suffit pour impacter fortement un territoire et laisser une trace de saison catastrophique ! » Le service rappelle deux années creuses qui ont pourtant marqué l’arc antillais : la dépression tropicale n°5 de juillet 1997 puis l’ouragan Erika en septembre, et la tempête tropicale Erika d’août 2015, « qui a généré des impacts catastrophiques sur plusieurs îles des Petites Antilles ».

Le détail qui compte pour la Guadeloupe et la Martinique tient à la température de l’eau. Sur l’arc antillais, la mer de surface est jusqu’à 1 °C plus chaude que la moyenne 1993-2016, et le bulletin prévient que la proportion de phénomènes intenses peut augmenter alors même que leur nombre baisse. Un Atlantique moins fertile en tempêtes reste un Atlantique plus énergétique pour celles qui franchissent le filtre.
À surveiller
La saison court jusqu’au 30 novembre et la NOAA n’a pas retiré sa fourchette d’énergie cumulée : 30 à 90 % de la médiane, dont 3 % seulement étaient acquis au 6 août. Aux Antilles, la consigne de Météo-France ne bouge pas d’une ligne : « La préparation pour la saison cyclonique et le suivi doivent être identiques quelle que soit l’activité prévue de la saison. »
Une échéance plus lointaine se dessine déjà. Kerry Emanuel, du Massachusetts Institute of Technology, prévient que 2027 pourrait être une saison particulièrement chargée dans l’Atlantique. Le prochain rendez-vous daté, lui, est celui du 30 novembre, quand le bassin fermera ses compteurs.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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