Un enfant regarde par la fenêtre d'un appartement en plein été, une valise fermée dans un coin

Vacances 2026 : 40 % des familles modestes partent, contre 80 % des plus aisées

Quatre-vingt-dix ans après les congés payés, partir en vacances reste un marqueur de classe. Derrière le fameux 27 % de non-départs, un sondage Ipsos pour le Secours populaire dessine la carte d'une fracture qui touche d'abord les enfants.

Sommaire
  1. En bref
  2. Un chiffre global qui cache une fracture
  3. La carte du départ, dessinée par le revenu
  4. Ce que perdent les enfants quand ils ne partent pas
  5. Méthode et limites
  6. Questions courantes

Panorama

Un enfant qui reste devant la fenêtre pendant que les copains racontent la mer à la rentrée. Voilà, très concrètement, ce que recouvre un chiffre qui vient de tomber : cet été 2026, plus d’un Français sur quatre ne partira pas en vacances. Le sondage Ipsos réalisé pour le Secours populaire, publié le 12 juin, pose ce constat à l’occasion des 90 ans des congés payés. Mais la donnée qui cogne vraiment se cache un cran plus loin : chez les ouvriers, ce sont 38 % qui ont déjà fait une croix sur l’été, et selon le Credoc cité dans la même enquête, seuls 40 % des plus modestes partent chaque année, contre près de 80 % des plus aisés. Le départ en vacances n’est pas un luxe accessoire, c’est devenu une ligne de partage sociale, et ce sont les enfants qui la subissent le plus tôt.

En bref

  • Selon le Credoc, 40 % des plus modestes partent en vacances chaque année, contre près de 80 % des plus aisés : le départ double presque avec le niveau de vie.
  • Été 2026 : 27 % des Français ne partiront pas, mais 38 % chez les ouvriers ont déjà renoncé (Ipsos / Secours populaire, juin 2026).
  • Sur quatre ans, un Français sur trois a dû renoncer à des vacances, et 47 % chez les ouvriers.
  • Parmi les parents qui ne partiront pas, 30 % ne pourront rien prévoir du tout pour leurs enfants cet été.

Un chiffre global qui cache une fracture

Le 27 % de non-départs a tourné en boucle dans la presse. Il est réel : interrogés sur leurs projets, 27 % des ménages déclarent ne pas avoir prévu de partir cet été pour au moins quatre nuits. Mais une moyenne, par définition, écrase les écarts. Quand on regarde par catégorie sociale, le même sondage montre que la proportion grimpe à 38 % chez les ouvriers. Autrement dit, la privation de vacances n’est pas répartie au hasard : elle épouse la hiérarchie des revenus.

Et si l’on prend du recul sur plusieurs années, l’image se durcit encore. Sur les quatre dernières années, un Français sur trois a dû renoncer à partir faute de moyens, une part qui monte à 47 % chez les ouvriers. Là où une famille de cadres arbitre entre deux destinations, une famille modeste arbitre entre les vacances et les dépenses vitales.

Des familles avec bagages sur un quai de gare un jour d'été, silhouettes floues
Le grand départ de l’été, inégal selon les revenus.

Ce n’est d’ailleurs pas qu’une affaire d’extrême précarité, et c’est tout l’enjeu. La fracture commence bien avant le seuil de pauvreté : elle sépare ceux qui partent chaque année de ceux qui, une année sur deux, doivent faire une croix sur la valise. Le sondage le confirme sans ambiguïté : plus de la moitié des Français, 51 %, disent avoir déjà renoncé à partir au cours des quatre dernières années pour pouvoir assurer des dépenses essentielles, alimentation, santé ou énergie. Et quand une famille ne part pas, c’est d’abord une question d’argent : 61 % des non-partants de cet été invoquent le coût, loin devant le choix personnel.

La carte du départ, dessinée par le revenu

Pour saisir l’ampleur de l’écart, il faut sortir du seul été 2026 et regarder les taux de départ sur une année entière. Le Credoc, cité par le Secours populaire, fixe le repérage : environ 60 % des Français partent chaque année, mais ce taux moyen recouvre un grand écart. Seuls 40 % des plus pauvres prennent la route, contre près de 80 % des catégories les plus aisées. Le départ en vacances double presque quand on grimpe l’échelle des revenus.

40 % des plus modestes partent en vacances chaque année, contre près de 80 % des plus aisés, soit un départ qui double avec le niveau de vie
Graphique Actu Alt Plus. Source : Credoc, cité dans l’enquête Ipsos / Secours populaire de juin 2026.
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La durée, elle aussi, se hiérarchise. Toujours selon le Credoc, les cadres partent en moyenne 26 nuits par an, les employés 15, les ouvriers 11. Non seulement les plus modestes partent moins souvent, mais quand ils partent, c’est moins longtemps et moins loin. Une même semaine d’août ne raconte donc pas la même histoire selon le compte en banque des parents.

Il faut le dire clairement pour ne pas se tromper de carte : cette fracture est d’abord sociale avant d’être géographique. Les données publiques disponibles cet été ne fournissent pas de taux de départ fiable et récent département par département. La ligne de partage la mieux documentée reste celle du revenu et de la catégorie socioprofessionnelle, pas celle d’une région contre une autre.

Ce que perdent les enfants quand ils ne partent pas

Derrière les pourcentages, il y a ce que les vacances apportent, et que les familles savent parfaitement nommer. Dans la même enquête, 95 % des Français estiment essentiel ou important qu’un enfant parte pour découvrir d’autres horizons, 91 % pour se retrouver en famille, et près de 79 % y voient un appui pour la réussite scolaire. Les vacances ne sont pas qu’un plaisir : elles sont perçues comme un temps de construction. Cette conviction est largement partagée : dans la même enquête, 61 % des Français voient d’abord dans les vacances un besoin essentiel plutôt qu’un luxe, et 86 % estiment qu’elles leur donnent le moral pour affronter l’année qui suit. Priver un enfant de ce temps, c’est donc le priver d’un levier que la société reconnaît comme important.

Or, pour les parents qui restent, l’été se joue souvent à la journée. Parmi ceux qui ne partiront pas, 59 % comptent organiser des sorties ponctuelles avec leurs enfants, mais 30 % reconnaissent qu’ils ne pourront rien prévoir du tout. C’est là que se noue la fracture la plus silencieuse : celle d’un enfant dont l’été s’arrête au pied de l’immeuble, pendant que d’autres reviennent avec des souvenirs à raconter.

Des enfants jouent dans un square de quartier en plein été, vus de dos
Pour 30 % des parents qui ne partent pas, l’été des enfants tient au quartier.

Des dispositifs existent pour desserrer l’étau. Les aides aux vacances des caisses d’allocations familiales, les bons de l’Agence nationale pour les chèques-vacances, les séjours organisés par des associations comme le Secours populaire permettent chaque année à des milliers d’enfants de partir. Nous avons détaillé ailleurs comment fonctionnent les aides aux colonies, dont le non-recours reste le grand angle mort. Le levier existe, encore faut-il que les familles sachent qu’il leur est ouvert.

Méthode et limites

Les chiffres de non-départ et d’écart social proviennent du sondage Ipsos bva réalisé pour le Secours populaire, mené en ligne du 30 avril au 4 mai 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, méthode des quotas, publié le 12 juin 2026. Les taux de départ par niveau de vie et les durées moyennes par catégorie sont attribués au Credoc, cité dans cette même enquête via l’analyse de sa directrice générale. Faute de source publique récente et fiable à l’échelle départementale, cet article ne propose pas de carte région par région : la fracture documentée ici est sociale, portée par le revenu et la catégorie socioprofessionnelle. Le chiffre parfois avancé d’un enfant sur trois privé de vacances renvoie à des estimations plus anciennes du Secours populaire et n’a pas été retenu comme donnée du baromètre 2026.

Questions courantes

Combien de Français ne partiront pas en vacances cet été 2026 ?
27 % des ménages déclarent ne pas avoir prévu de partir cet été pour au moins quatre nuits, selon le sondage Ipsos pour le Secours populaire publié le 12 juin 2026. La part monte à 38 % chez les ouvriers.

Quel est l’écart de départ selon les revenus ?
Selon le Credoc, cité dans l’enquête, environ 40 % des plus modestes partent chaque année, contre près de 80 % des catégories les plus aisées. Les cadres partent aussi plus longtemps : 26 nuits par an en moyenne, contre 11 pour les ouvriers.

Existe-t-il une carte du non-départ par région ?
Pas de façon fiable et récente. La fracture la mieux documentée cet été est sociale, liée au revenu et à la catégorie socioprofessionnelle, plus qu’à une opposition entre territoires.

Quelles aides pour faire partir un enfant ?
Les aides aux vacances des caisses d’allocations familiales, les chèques-vacances de l’ANCV et les séjours organisés par des associations comme le Secours populaire. Le principal frein reste le non-recours, quand les familles ignorent qu’elles y ont droit.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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